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10 juin, journée de réconciliation nationale : T.l.p renouvelle son plaidoyer pour une grâce en faveur de Mokoko et Okombi

Prélude à la journée de la réconciliation nationale le 10 juin, la Coalition nationale «Tournons la page» (T.l.p) a appelé le jeudi 6 juin 2024, le Chef de l’État à accorder une grâce présidentielle en faveur de Jean-Marie Michel Mokoko et d’André Okombi-Salissa. Cet énième cri de cœur sera-t-il, enfin, entendu par Denis Sassou-Nguesso, pour rééditer son acte de dépassement de soi pendant la Conférence nationale souveraine de 1991?

Le document de quatre pages est signé par les responsables de quatorze O.n.gs de défense des droits de l’homme, dont la R.p.d.h (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme) et la C.j.p (Commission justice et paix) de l’Archidiocèse de Pointe-Noire. Il a été écrit sous la supervision de Brice Makosso, secrétaire permanent de la C.j.p et Christian Mounzéo, coordonnateur de la R.p.d.h, respectivement coordonnateur et coordonnateur adjoint de T.l.p Congo. «Tournons-la-page Congo appelle le Président de la République à accorder la grâce présidentielle à Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi-Salissa, pour consolider la réconciliation nationale», peut-on lire en introduction du message dont notre rédaction s’est procuré une copie.

Jean-Marie Michel Mokoko, André Okombi-Salissa

Officier général, ancien chef d’État-major général des Fac (Forces armées congolaises), ancien conseiller du Chef de l’État et ancien candidat à l’élection présidentielle anticipée de 2016, Jean-Marie Michel purge depuis 2018 à la Maison d’arrêt de Brazzaville, une peine de 20 ans de prison ferme, pour «détention illégale d’armes et munitions de guerre» et «atteinte à la sûreté de l’État». La C.j.3m (Composante Jean-Marie Michel Mokoko) membre de l’I.d.c (Initiative pour la démocratie au Congo), l’une des trois composantes de la Foc (Fédération de l’opposition congolaise), est le mouvement politique qui soutient son action et se bat pour sa remise en liberté.
Même peine pour André Okombi-Salissa (A.o.s), ancien député, ancien ministre, qui fut très proche du Président Sassou-Nguesso pour qui il s’était engagé dans la guerre de juin-octobre 1997, en dirigeant le «Front 400». Ancien membre très influent du tout-puissant parti au pouvoir, le P.c.t (Parti congolais du travail), qu’il a quitté pour créer son parti, le C.a.d.d (Comité d’action pour la démocratie et le développement), il bascula à l’opposition, en devenant aussi membre de l’I.d.c. Il fut condamné en 2019 pour les mêmes chefs d’accusation.
La demande de grâce présidentielle de T.l.p Congo en faveur de ces deux leaders politiques n’est pas la première du genre. Après l’échec de moult initiatives réclamant la libération «inconditionnelle» des deux acteurs politiques, T.l.p Congo a opté pour un changement de stratégie, en misant sur la grâce, mieux sur le pardon. Un pardon qui n’est pas sans rappeler ce qui est, désormais, considéré comme un exploit d’il y a 33 ans. Il s’agit notamment de l’emblématique «J’assume» prononcé par Denis Sassou-Nguesso à cette époque. Seul devant tout un peuple soutenant les délégués à la C.n.s et porté par le besoin irrépressible de rupture avec un monolithisme politique calqué sur le modèle marxiste-léniniste, l’actuel Chef de l’État congolais plaida «coupable», au nom de tous ses prédécesseurs à la tête du pays, des accusations dont ils furent l’objet durant les quelque quatre mois de ce qu’on pourrait appeler alors les «états généraux à la congolaise».
«Le «J’assume» que vous prononciez, dans votre discours du 26 avril 1991, au peuple congolais, révélait votre ferme attachement aux valeurs d’amour, d’écoute, de pardon et de paix que vous incarnez et pour lesquelles vous vous battez inlassablement», écrit T.l.p Congo dans son document.
Et pour lier la parole à l’acte, celui qui était surnommé l’«homme des actions concrètes» accomplit le geste ineffaçable du lavement des mains auquel il invita avec un sourire amical et fraternel, l’un de ses frères d’armes, le général Jacques Joachim Yombi-Opango, sous le regard de Mgr Ernest Kombo qui introduit le symbole du lavement des mains, pour clore en apothéose et en toute fraternité, la grand-messe de la Conférence nationale souveraine, au cours de laquelle les Congolais s’étaient entre-déchirés, pour relire ensemble l’histoire sanglante de leur pays, depuis l’indépendance. «La mémoire collective retient encore cette image importante de vous, invitant, d’un geste de la main, le Président Jacques Joachim Yombi Opangault à se joindre à vous, pour laver vos mains ensemble, sous le regard admiratif de Mgr Ernest Kombo, président du présidium de ladite conférence. Ce geste témoignait votre capacité à pardonner. Votre parcours d’homme d’État est plein d’exemples affirmant votre grandeur d’esprit», rappelle T.l.p Congo dans son document.
Des actes et des mots hautement symboliques que T.l.p Congo aimerait revoir et entendre ce lundi 10 juin, date de la célébration du 33ème anniversaire de la Conférence nationale souveraine. Mais cette énième demande sera-t-elle (enfin) la bonne? Difficile de le savoir. Toutefois, s’il y a beaucoup de raisons de douter, Denis Sassou-Nguesso est aussi ce visionnaire qui a toujours su se saisir des conjonctures et s’inspirer de bons exemples pour prendre à contre-pied ses contradicteurs, voire détracteurs.

John NDINGA-NGOMA

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