31 juillet, journée internationale de la femme africaine
Le combat des Africaines
pour la libération de leur continent
Depuis 1974, au 31 juillet de chaque année est célébrée la Journée internationale de la femme africaine (Jifa). J’aimerais, à cette occasion, évoquer mes souvenirs, en ayant une pensée particulière et profonde envers toutes les militantes des organisations féminines qui ont été les pionnières du combat pour la libération de notre cher continent. En effet, réunies au sein d’une organisation continentale, appelée Conférence des femmes africaines, en sigle C.f.a, en juillet 1962, à Dar-Es-Salam, en Tanzanie, elles ont affirmé leur ferme volonté de bâtir cet outil de combat, avant même la création de l’O.u.a (Organisation de l’unité africaine), le 25 mai 1963, à Addis-Abeba, en Ethiopie. La C.f.a deviendra O.p.f (Organisation panafricaine des femmes), au troisième congrès qui eut lieu à Dakar (Sénégal), en 1974.
Il faut rendre hommage aux Présidents Ahmed Sékou Touré (Guinée Conakry), Kwame Nkrumah (Ghana), Mwalimu Julius Nyerere (Tanzanie) et Modibo Kéita (Mali), des dirigeants révolutionnaires africains qui ont impulsé cette prestigieuse initiative ayant abouti à la prise de conscience des femmes africaines sur leur rôle dans la lutte pour la liberté de leur continent. Ainsi, fut tenu le premier congrès des femmes africaines en 1962, à Dar-Es-Salam, alors que beaucoup de pays africains n’avaient pas encore obtenu leurs indépendances.
Au début, seules seize délégations venues de huit pays (Guinée, Mali, Sénégal, Ghana, Togo, Tunisie, Libéria, Nigéria, Tanzanie) et des mouvements de libération de certains pays (Frelimo du Mozambique, Oma d’Angola, Swapo de Namibie, A.n.c d’Afrique du Sud, du Zimbabwe, de Guinée-Bissau, Cap-Vert et de Sao-Tomé-Et-Principe, furent présentes à cette importante rencontre. Il faut reconnaître que Jeanne Martin Cissé de Guinée-Conakry, la première secrétaire générale depuis le premier congrès, avait dû mener une importante offensive diplomatique de sensibilisation auprès des pays non présents à Dar-Es-Salam, parce qu’au deuxième congrès, en juillet 1968, à Alger, toute l’Afrique, y compris les pays et les organisations d’Asie (Viêt-Nam, Laos, Cambodge), du Moyen-Orient et d’Europe de l’Est furent les invitées privilégiées.

L’U.r.f.c (Union révolutionnaire des femmes du Congo) marqua sa présence à cette occasion, par une délégation de deux représentantes, notamment Ida Victorine Ngampolo et Antoinette Makaya. Avec elles, l’organisation des femmes congolaises fit une entrée spectaculaire, au point où elle fut élue au secrétariat en charge des organisations d’Afrique centrale, à travers ma personne. En effet, l’intervention de l’U.r.f.c eut un écho bouleversant, tant elle fut la première organisation à fustiger publiquement l’agression israélienne sur les territoires égyptien et palestinien, lors de la guerre des Six jours (du 5 au 10 juin 1967) qui opposa Israël à l’Égypte, la Syrie, l’Irak, et la Jordanie.
Avec le recul du temps, nous affirmons que le Congo, à travers l’U.r.f.c, avait eu raison de dénoncer l’occupation illégale des peuples qui aspiraient à leur existence et leur liberté, privée de souveraineté depuis la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948. C’est à se demander pourquoi, après tant d’atrocités commises en Palestine, dans l’enclave de Gaza et en Cisjordanie, les voix des organisations féminines et du Mouvement panafricain de la jeunesse (M.p.j) se sont tues. Il y a environ un mois, lors d’un échange avec Mme Fatoumata Sékou Touré de Guinée, qui réside à Kampala (Ouganda), j’ai appris avec peine que la nouvelle secrétaire générale de l’O.p.f, de nationalité ougandaise, n’a jamais mis les pieds au siège de l’organisation, en Afrique du Sud.
Autres temps, autres mœurs, dira-t-on. Désormais, ce sont les intérêts qui guident l’homme et non la solidarité dans les aspirations légitimes des peuples. Puis je me permettre de paraphraser le prof Théophile Obenga, en disant: «Jeunes et femmes, soyez éveillés». En cette journée mémorable du 31 juillet, je rends hommage à mes camarades du secrétariat permanant à Alger, avec lesquelles j’ai partagé les années d’exaltation pour la défense de la cause africaine, en parcourant le monde, intervenant à différentes manifestations et tribunes.









