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mardi 16 juillet 2024 | 07:52
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33 ans après le lavement des mains, où en sommes-nous avec la reconstruction du Congo et l’unité des congolais?

Le Congo, notre beau et cher pays, a célébré, le 10 juin dernier, la journée de la réconciliation nationale. Qu’il me soit loisible, à l’occasion de cet événement, de nous interroger sur cette réconciliation d’une part, et de nous inviter, nous tous fils et filles du Congo, à une courte méditation sur l’unité de notre peuple, et sur «l’unité», le premier mot de notre devise, d’autre part.

Les 25 décembre 1961 et le 1er janvier 1962, dans ses messages de Noël et de nouvel an, le premier Président de notre pays, l’abbé Fulbert Youlou, avait mis en exergue l’unité nationale retrouvée, après les malheureux événements de 1959, au cours desquels les militants de son parti, l’U.d.d.i.a, et ceux du M.s.a, parti du Vice-Président Jacques Opangault, s’étaient entredéchirés et entretués. A ce propos, il avait déclaré: «L’unité nationale retrouvée était nécessaire, pour le plus grand bonheur de tous les citoyens», car ainsi que déclarait le prêtre jésuite français, Pierre Teilhard De Chardin: «L’humanité éprouve le besoin vital de se rejoindre sur elle-même, dans la mesure où elle prend conscience de son unité».

Dieudonné Antoine-Gangha, l’homme par qui le Congo a obtenu l’organisation du Fespam, auprès de l’Union africaine.
Dieudonné Antoine-Gangha, l’homme par qui le Congo a obtenu l’organisation du Fespam, auprès de l’Union africaine.

D’autre part, si je m’abuse, tous les Présidents de la République qui ont succédé au Président Fulbert Youlou, en l’occurrence Alphonse Massamba-Débat, Marien Ngouabi, Jacques Joachim Yhomby-Opango, Denis Sassou-Nguesso et Pascal Lissouba, n’ont cessé de prôner l’unité nationale. C’est le cas, par exemple, du Président Denis Sassou-Nguesso qui, en 1991, a affirmé: «Voilà pourquoi il nous faut de l’unité et la paix pour reconstruire notre pays. Réunir toutes les conditions d’un consensus national a toujours été au centre de nos préoccupations. Nous n’avons jamais cessé de flétrir tout ce qui peut troubler la paix de nos compatriotes, tout ce qui peut nuire à l’unité nationale».
Mais, en 64 ans bientôt de notre indépendance et après 33 ans de la séance de lavement des mains, qui a donné naissance à la Journée de réconciliation nationale, qu’est-il advenu de notre unité nationale tant prônée par les uns et par les autres?
En tant qu’intellectuel qui croit que quand le sort de notre patrimoine commun, le Congo, et dont l’un des maillons, l’unité nationale, est en cause, je réponds en mon âme et conscience, qu’elle n’existe plus. Elle est on ne peut plus fissurée, suite aux différents événements dramatiques et guerres fratricides que nos politiciens véreux dont l’une des règles cardinales est «diviser pour régner» ont imposées malheureusement au paisible peuple congolais qui veut toujours vivre pour sa devise: «Unité-Travail-Progrès».
Ces guerres stupides et fratricides dont le Premier ministre Bernard Kolélas a d’ailleurs tiré les conséquences, en affirmant: «L’une des conséquences des événements, c’est l’explosion d’une flambée de haine tribale qui fait qu’aujourd’hui, les Congolais fuient d’autres Congolais, alors qu’ils vivaient jusque-là ensemble, que le voisin ou le collègue de travail qui, hier, était un ami, est tout-à-coup devenu un ennemi irréductible, du simple fait qu’il n’est pas du terroir».
La haine tribale a cristallisé les oppositions et porte à son paroxysme, la violence des affrontements. Aujourd’hui, le tribalisme, le népotisme, le régionalisme, l’exclusion et le clanisme sont légion dans notre pays. En effet, beaucoup de nos compatriotes se regardent en chiens de faïence. Jusques à quand, les uns et les autres, continuerons-nous, par notre mutisme, voire notre désintéressement, à être des complices ou des coupables tacites de ce que l’on appelle «crimes de silence»? La paix véritable et non vernissée ou des bouts de lèvres et l’unité doivent, coûte-que-coûte, être réaffirmées, retrouvées et reconstruites; elles sont nécessaires pour le plus grand bonheur de tous les Congolais du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, de Liranga à Boko, de Pointe-Noire à Ouesso.
Il est inéluctable que notre société congolaise est faite de masses. Et ce sont ces dernières qui font l’histoire. Elles ont besoin d’élites pour les conduire et pour les défendre. A ce propos, notre compatriote, le ministre et sénateur Daniel Abibi, a bien voulu attirer notre attention en affirmant: «La classe politique congolaise a l’obligation historique de réparer les dommages que ses actions immodérées ont causés au pays. Sa place dans l’histoire du pays en dépend. Il revient principalement aux autorités actuelles du Congo, secondairement aux autres dirigeants politiques, de prendre les nécessaires initiatives dans ce sens, en utilisant les différentes médiations, en vue d’une négociation véritable et sincère, qui prennent en compte essentiellement les intérêts de nos populations qui aspirent à la paix, à la sécurité, et au bien-être social». De son côté, le Président Marien Ngouabi avait dit: «Le souci de réaliser l’unité réelle, efficace et durable entre toutes les couches de la Nation impose à chaque citoyen congolais, les durs sacrifices pouvant aller jusqu’au sacrifice suprême… Nous voulons que, désormais, les Congolais se sentent libres, que leur être et leurs biens soient protégés. Nous ferons notre devoir pour maintenir la paix, la sécurité pour tous».
Enfin, «il faut rassembler l’intelligence des gens capables de repenser notre pays qui peut être sauvé par un nouvel élan d’union, de fraternité et d’amour. Il faut donc des actes fondateurs forts, mais qui doivent être bien pensés», dixit mon ami Lecas Atondi Monmondjo. J’espère que nos ministres, nos députés et nos sénateurs et tous les Congolais en sont on ne peut plus conscients.
En tout cas, il est plus que nécessaire que les élites s’engagent dans leur rôle qui est, à mon avis, déterminant pour l’harmonie, la paix et l’unité nationale. Pour ce faire, il nous faut donc la paix au Congo, la véritable paix, celle non vernissée, la véritable paix des cœurs et des esprits. C’est pour chacun de nous, un grand devoir d’œuvrer pour cette paix et pour la réconciliation, afin d’avoir un Congo radieux et uni où se développeraient, en chacun de nous, la maîtrise de soi-même, la capacité d’effort, l’esprit de dialogue, de tolérance, de paix, de pardon, d’unité, de liberté, d’égalité et de fraternité.
Car, il nous faut, au Congo, des hommes civils et harmonieux qui auront, entre autres, des missions claires et précises, comme celles de promouvoir le dialogue, l’unité, la concorde, la réconciliation et la paix, d’organiser la Nation, de perfectionner son économie, son développement et d’installer in fine dans la société, un ordre plus juste et plus humain.
Le Congo sera ou ne sera pas; nos plans et nos réformes seront vains. Si, quelle que soit notre idéologie politique ou religieuse, quel que soit notre parti politique, nous ne nous réconcilions pas, nous ne rassemblons pas nos énergies, nous ne conjuguons pas ensemble nos efforts quotidiens et nous ne cherchons pas à nous situer aux dimensions de notre tâche commune que chaque Congolais doit s’efforcer de développer ses capacités personnelles, nous n’aurons rien fait pour les générations futures. Il nous incombe de nous sentir comme des pionniers responsables de l’avenir des générations futures et de la Nation congolaise, aux fins de les rendre chaque jour meilleures.
Alors nos efforts entraîneront à lutter contre le tribalisme, le régionalisme, le clanisme et l’exclusion, ces gangrènes qui désintègrent, peu-à-peu, le noyau social, installent la paralysie qui contrecarre le développement harmonieux de notre pays.
Enfin, je ne me lasserai jamais d’écrire et de dire que notre avenir et celui de notre Nation congolaise sont intimement liés et complémentaires. C’est pourquoi j’insisterais qu’il nous soit indispensable de renouer notre pays. Il nous faut donc construire, tout en sachant que construire ne se limite pas à la distribution des cadeaux ou à l’érection des infrastructures.
Construire, c’est dynamiser les couches sociales, non pas pour diviser, afin de régner, mais pour les renforcer, afin qu’elles contribuent à l’édifice national. Construire, c’est de protéger le peuple entier et non le détruire par le tribalisme et par la violation sur des populations innocentes.
Ainsi, notre contribution à l’œuvre commune, plusieurs fois multiple, peut être efficace. Entre la satisfaction de nos désirs, de nos appétits, de nos égoïsmes et de nos caprices entraînant le chaos et la ruine, d’une part, et le dur travail, les sacrifices pour la construction nationale, d’autre part, nous avons à choisir. «L’avenir n’appartient qu’à ceux qui risquent tout pour un idéal. Et la sagesse n’est pas de vivre pour ne rien faire, pour s’amuser stupidement, mais c’est de vivre héroïquement», dixit Carrel.
En conclusion, j’affirme avec le Président Fulbert Youlou, «celui qui remplit cette condition est sûr d’accomplir sa destinée, de contribuer à l’œuvre commune de l’évolution nationale, de hâter, parmi nous, le règne de la vérité qui, seule, engendre le vrai bonheur. N’attendons pas de ressentir le vertige de l’abîme, mais écoutons, dès à présent, cette voix qui nous encourage à nos tâches nouvelles. Il est donc de toute urgence nécessaire de nous redresser pendant qu’il est encore temps. Il est de toute urgence nécessaire d’agir et de ne se comporter qu’en fonction du plus grand intérêt national». Comme ne cessait de le répéter le Président Pascal Lissouba, «donnons la priorité au Congo et au peuple congolais» ainsi qu’à sa réconciliation et à son unité, en bannissant le tribalisme, le régionalisme, le clanisme et l’exclusion. Vivons dans la paix pour notre devise «Unité-Travail-Progrès».

Dieudonné
ANTOINE-GANGA

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