C.a.d (Centre d’actions pour le développement)
4.182 violations des droits de l’homme documentées en 2025, soit une
progression de 131%
Le C.a.d a présenté, mardi 9 décembre 2025, au Centre culturel Bana Moyi, dans le premier arrondissement Makélékélé, à Brazzaville, son rapport 2025 sur la situation des droits humains au Congo. Intitulé «Quand le déni des droits humains est au pouvoir», ce rapport de près de 200 pages, illustré d’images entre autres de personnes ayant subi des tortures ou exécutées, de tableaux et des encadrés coloriés, renseigne que le nombre des atteintes aux droits civils et politiques a plus que doublé au Congo, atteignant le nombre de 4.182 cas, soit une augmentation de 131% par rapport à l’année 2024.
Selon le C.a.d, le rapport annuel est essentiel pour informer, alerter et renseigner les populations, les pouvoirs publics et la communauté internationale sur la situation des droits humains au Congo. Pour l’année 2025, les animateurs du C.a.d ont documenté les violations des droits civiques et politiques dans 7 départements sur 15, à travers le pays. Chaque cas documenté est présenté avec force détails, notamment les noms des victimes et même des présumés auteurs. C’est un travail d’investigation minutieux, précis et clairement présenté. Il donne un aperçu glaçant et effrayant de ce que la violence et la brutalité sont au cœur du fonctionnement de la société congolaise.

Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif du C.a.d, a laissé entendre que la méthodologie utilisée pour documenter les actes de violation des droits humains est rigoureuse. Elle inclut les enquêtes de terrain, les entretiens directs avec les victimes, leurs familles et les témoins et la vérification des faits. Ce qui fait que toutes les allégations enregistrées sur les violations des droits humains ne sont pas systématiquement répertoriées. «Ce rapport se veut un outil de mémoire et un outil de plaidoyer, afin d’avoir une base de données, pour informer les pouvoirs publics sur les violations des droits humains au Congo», a-t-il affirmé.
Selon lui, le Congo demeure soumis à un régime autoritaire. L’analyse comparative des données de 2024, qui étaient de 1.814 cas et celles de 2025 met en évidence une dégradation continue et préoccupante des droits civils et politiques au Congo. Le nombre des atteintes aux droits civils et politiques a plus que doublé, soit une progression de 131%. «Au-delà des chiffres, la répétition des violations, leur intensité et l’impunité persistante des auteurs créent un climat de peur, de méfiance et d’injustice au sein de la population», a-t-il poursuivi.

Le C.a.d pense que les violations des droits humains ont augmenté cette année à cause de l’opération menée par la D.g.s.p (Direction générale de la sécurité présidentielle), pour éradiquer le phénomène de banditisme armé constitué par les bébés noirs et autres kulunas. «La destruction arbitraire des maisons d’habitation a condamné des familles entières à être des sans-abris, du jour au lendemain… Cette dynamique a mis en évidence la fragilité institutionnelle du pays: ni le parlement, ni la justice, ni la Commission nationale des droits de l’homme n’ont dénoncé les abus», souligne le C.a.d. Dans les évolutions observées, l’organisation pointe:
– les atteintes au droit à la vie: +25%;
– les disparitions forcées: +167%;
– la torture et les mauvais traitements: +205%;
– les détentions arbitraires: +266%.
Seules, les atteintes à l’espace civique sont en recul (-48,3%). «Mais, l’état de la liberté de la presse reste préoccupant», signale le C.a.d, qui évoque aussi une situation inédite de déportation et d’exploitation forcée d’une cinquantaine d’autochtones du District d’Enyellé, vers la localité d’Imese, en RD Congo. «Informées, les autorités locales n’ont pris aucune mesure», précise l’organisation.
Dans son rapport, le C.a.d n’a pas que dénoncé les violations des droits de l’homme. Comme de coutume, il a fait aussi des recommandations destinées à «renforcer l’état de droit, améliorer la protection des droits humain et favoriser un climat de confiance entre citoyens et institutions». Parmi les recommandations, il y a celles sur «la mise en place d’une commission indépendante d’enquête; l’indemnisation des familles ayant vu leurs maisons cassées pour avoir hébergé des bandits».
Chrysostome FOUCK ZONZEKA
Rapport 2025 du C.a.d sur la situation des droits humains au Congo








