L’A.c.d.d.c (Association congolaise pour la défense des droits du consommateur) plaide pour la suspension des importations des fripes ou solas (vieux vêtements) pour lutter contre le «mbassou», une maladie cutanée qui sévit dans le pays, causant parfois des décès. En raison d’un très faible pouvoir d’achat, les populations ont souvent recours aux fripes, habits usagés appelés «solas», pour se vêtir. Mais, selon le président de l’A.c.d.d.c, Dieudonné Moussala, ces vieux habits importés et vendus dans nos marchés sont soupçonnés d’être impliqués dans la propagation du «mbassou», nom local au Congo-Brazzaville et en RD Congo, de l’érysipèle ou dermohypodermite bactérienne.

L’A.c.d.d.c considère que «cette pathologie, qui affecte en majorité la gent féminine, est sans doute le fait des habits et sous-vêtements usagés ne répondant à aucune norme sanitaire», écrit Dieudonné Moussala, dans une correspondance adressée le 18 décembre 2025 au Premier ministre.
Il demande au chef du gouvernement de faire arrêter provisoirement l’importation de la friperie, ces habits usagés importés en masse des pays étrangers et vendus dans les marchés, à travers le pays. «J’ai l’honneur de venir auprès de votre bienveillance, solliciter une suspension des importations de la friperie, au regard de la propagation et la persistance d’une dermatose dite mbassou, observée dans nos centres de santé», a-t-il écrit au Premier ministre.
Infection cutanée et sous-cutanée d’origine bactérienne, le mbassou se manifeste par une plaque rouge vif, chaude, gonflée et très douloureuse, souvent sur une jambe ou sur le visage. Des fièvres soudaines, des frissons, de la fatigue et des douleurs musculaires font également partie des manifestations de cette maladie cutanée. Difficile, pour l’instant, d’établir un lien étroit de cause à effet, entre les habits usagés et cette maladie qui est très souvent causée par des bactéries dont le streptocoque. «Tu portes une fripe, mais tu ne sais pas comment elle a été conditionnée. Tu ne sais pas non plus de quoi est morte la personne qui portait l’habit (chaussette, sous-vêtement, etc). Peut-être que l’habit était infesté de bactéries. Et c’est là, le problème, car une plaie peut constituer une porte d’entrée de la bactérie», suppose un laborantin de Pointe-Noire. En outre, «des facteurs comme le diabète, le surpoids et l’alcoolisme aggravent et même conduisent au décès du patient», poursuit-il.
En attendant la réponse du gouvernement à cette doléance de l’A.c.d.d.c, il existe peu ou pas assez de données chiffrées officielles documentées sur la base des éléments concrets relatifs aux aspects tels que la prévalence, l’épidémiologie et l’étiologie de cette maladie. Voilà qui constitue une véritable urgence sanitaire, donc un réel problème de santé publique que les pouvoirs publics devraient prendre à bras le corps, afin de prévenir les populations de cette pathologie d’apparence bénigne, mais qui est en train de ronger de manière insidieuse toute une société où les victimes, faute de sensibilisation, ont souvent recours à des charlatans, devins et autres féticheurs ou pasteurs, aux pratiques douteuses.

John NDINGA-NGOMA

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