Après neuf ans d’hibernation, l’Acef (Association congolaise des enseignants de français) a tenu son assemblée générale, samedi 9 août 2025, à Brazzaville, sous le patronage de son président, le prof Omer Massoumou, ancien doyen de la Flash (Faculté des lettres, des arts et des sciences humaines). Près d’une cinquantaine de membres y ont pris part. A cette occasion, les enseignants de français évoluant sur le territoire national, du préscolaire au supérieur, ainsi que tous ceux qui enseignent en français ont décidé de relancer les activités de leur association qui a connu près d’une décennie d’hibernation.
Les participants ont débattu l’enseignement du français et en français au Congo. A ce sujet, le prof Alain Fernand Loussakoumou, chef du Parcours master français à l’E.n.s (Ecole normale supérieure), a fait remarquer qu’«enseigner le français est un métier. Il faut faire la différence entre parler français et enseigner le français. Ce sont deux choses différentes. Nous formons des techniciens qui doivent transmettre des savoirs linguistiques et littéraires. Malheureusement, aujourd’hui, avec la demande qu’il y a sur le terrain, nous avons plusieurs profils d’enseignants sur le terrain. Ce qu’il y a à faire, c’est de rattraper les déficits en termes de formation continue; c’est pour essayer de mettre à niveau les enseignants qui n’ont pas de profil de sortie des écoles de formation».

Pour sa part, Mme Ninelle Josianne Balenda, inspectrice déléguée de lycée et vacataire à la Flash, a parlé des difficultés de l’enseignement de la langue française. «Pour enseigner la langue française, nous sommes confrontés à plusieurs difficultés. Si l’enseignant n’a pas été bien formé à la base, il ne peut pas bien enseigner la langue française. Aujourd’hui, il y a beaucoup de structures où on forme des enseignants. A l’époque, il n’y avait que l’Ecole normale supérieure (E.n.s). Maintenant, il y a aussi des établissements privés de formation. Tous ces enseignants n’ont pas reçu la même formation. Il faut recadrer cette formation», a-t-elle déclaré.
Il y a aussi la dimension de la lecture. «Pour donner le goût de la lecture aux élèves, inciter l’élève congolais à lire et à manipuler la langue française, il faut mettre des ouvrages à leur disposition. Il faut implanter des bibliothèques dans les établissements scolaires et accorder des heures de lecture aux élèves, de l’école primaire au lycée», a-t-elle précisé.
A la fin de l’assemblée générale, Omer Massoumou pense que la reprise est au rendez-vous. «Nous avons pris des résolutions pour la relance effective de l’association. Parmi les objectifs visés, c’est d’ouvrir l’association à tous les enseignants de français et en français pour avoir un travail de terrain efficient. Elle est disposée à accueillir tous les enseignants de français et sympathisants. C’est une association de loi 1901. Elle n’est pas un parti politique, ni un groupement religieux ou sectaire. La vie scolaire, universitaire ou professionnelle c’est un parcours d’apprentissage. L’enseignant peut avoir des lacunes, la première démarche, c’est l’autoformation et des séminaires. Nous allons travailler dans ce sens pour voir comment accompagner des collègues qui ont des difficultés», a-t-il fait savoir.
Martin
BALOUATA-MALEKA








