Le Congo est un pays bien loti en termes de ressources naturelles. En dépit des violences ayant affecté le Département du Pool et qui sont depuis derrière nous, c’est aussi un pays bien loti en termes de paix et de stabilité. Sa population d’à peine 6 millions d’habitants sur une superficie de 342.000 km² offre une densité moyenne faible de 18 habitants au km². Son système éducatif, performant dans les années 60 et 70 l’a doté d’un capital humain de qualité. La moitié de la population est concentrée dans les deux grandes villes que sont Brazzaville et Pointe-Noire. Bref, c’est un pays qui réunit de nombreux atouts pour son développement. Il serait un pays moteur dans la sous-région en matière économique.
Et pourtant, le ressenti quotidien de sa population, tel qu’exprimé ici ou là, donne l’impression d’avoir à faire à un pays où tout est difficile. Les ingénieux producteurs de contenus de réseaux sociaux l’ont exprimé à travers une scène ubuesque. Un nouveau-né demande à sa mère: «Dis-moi, maman, je suis né dans quel pays?». Celle-ci lui répond gentiment: «Le Congo-Brazzaville!». Brusquement, le nouveau-né a pris ses jambes à son cou et s’est dirigé vers la fenêtre ouverte où il a sauté pour disparaître, malgré les appels lancinants de sa mère, le suppliant de revenir. «Je ne veux pas vivre dans ce pays!», dit l’enfant qu’on ne reverra plus. Fin de scène.
Juste pour faire rire? Sans doute! Faire rire des réalités vécues. Avouons que ce n’est pas un compliment à nos dirigeants. Bien sûr, dans tous les pays du monde, même développés, les populations ont toujours des jérémiades, des doléances, des récriminations, des critiques, etc. Bref, elles ne sont jamais totalement satisfaites.
Mais, il y a des niveaux de ce qui est admissible et de ce qui ne l’est pas. Chez nous, la qualité des services publics pose problème dans presque tous les secteurs: l’éducation, la santé, le transport, l’éclairage public, les routes, l’administration, l’électricité, l’eau courante, le logement, les services, l’alimentation, la sécurité publique… Le secteur public est envahi par les anti-valeurs et la société elle-même n’en est pas épargnée. C’est devenu rébarbatif d’en parler et pourtant le mal est là, il ronge, il s’approfondit.
En somme, le pays réunit d’importants atouts pour son développement, mais c’est la gouvernance, donc les comportements, les mentalités qui posent problème. En raison tout simplement du manque de sanction. Contre les bébés noirs et kulunas, on a pris des mesures radicales d’une intransigeance sans pitié, au-delà même de notre droit et de notre morale sur le respect de la vie humaine: la mise à mort couplée à la destruction des maisons et des motos. Mais, contre la corruption, le vol, le non-respect du bien public, le faux et usage de faux, les abus de pouvoir, les passe-droits, quelles mesures radicales a-t-on prise?
Il est clair qu’on peut améliorer le quotidien de nos populations, du jour au lendemain, si on fait preuve de la même radicalité sans pitié contre les anti-valeurs. On dira qu’il y a loi. Mais pour les autres, la loi n’existe-t-elle pas?

L’HORIZON AFRICAIN

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