L’Association Kaani assistance, que dirige Luce Bénédicte Gangoué, comme coordonnatrice, a organisé, vendredi 12 décembre 2025, au Cinu (Centre d’information des Nations unies), à Brazzaville, un débat autour de son rapport annuel sur les V.b.g (Violences basées sur le genre), intitulé: «Visibiliser et documenter les violences faites aux femmes en République du Congo». Ce rapport fait ressortir que la faible application des lois favorise les V.b.g qui sont en augmentation, année après année. Le débat était animé par la coordonnatrice Luce Bénédicte Gangoué, assistée de Franche Orchidée Malanda, responsable des programmes de cette association.
Publié à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, célébrée le 25 novembre de chaque année, le rapport de l’Association Kaani assistance relève que plusieurs obstacles sont à l’origine des violences faites aux femmes. Très peu de cas de violence sont enregistrés à cause, entre autres, de la peur, de la détresse et de l’isolement social des victimes. A cela s’ajoute la lenteur administrative dans la collecte des données. C’est ainsi que les violences basées sur le genre sont banalisées dans le pays. Les lois ne sont pas vulgarisées et sont donc méconnues par la population.

Au regard de l’ampleur du phénomène, des recommandations sont formulées, dont celle invitant à renforcer les actions de prévention et de sensibilisation sur les violences basées sur le genre, en impliquant les communautés, les leaders locaux, les institutions et les partenaires techniques, pour réduire la prévalence des V.b.g et promouvoir une culture de protection des droits des citoyens en général et des droits de la femme et de la jeune fille en particulier.
Donnant son appréciation sur les violences faites aux femmes, le Dr Stanislas Ngodi, coordonnateur de l’Association Avenir Nepad Congo, a déclaré ce qui suit : «De plus en plus, nous assistons à une recrudescence des cas de violence basée sur le genre, parce que ce sont les choses qui se passent dans le silence total. Les femmes victimes n’osent pas se prononcer. Elles sont stigmatisées, à cause de l’influence des pesanteurs socioculturelles et de la tradition. C’est ainsi que les femmes ignorent la loi. Aujourd’hui, nous avons la Loi Mouébara qui permet à la femme de se défendre. Ce sont des cas qu’il faut dénoncer. Le Programme national de lutte contre les V.b.g est arrivé à point nommé».
Pour sa part, la coordonnatrice Luce Bénédicte Gangoué a dégagé l’intérêt du travail réalisé par son association: «Nous avons commencé à faire ce travail, en nous rapprochant de l’Hôpital de référence de Bacongo, des services de police et du Programme national de lutte contre les violences basées sur le genre, qui nous ont fourni une partie des données et des cas de violences déjà enregistrés. L’idée, c’est de présenter une partie de la situation et faire un appel à tous les acteurs qui travaillent sur cette question, surtout pour connaître l’impact, avoir des cas chiffrés. Cela aiderait à élaborer une politique nationale plus efficace. Pour 2023, nous avons travaillé à l’Hôpital de Bacongo sur 103 cas de viol enregistrés. En 2024, il y a eu 107 cas et 2025 a connu 123 cas. Ces violences sont souvent perpétrées chez les enfants et les jeunes, dont l’âge varie entre 8 et 24 ans et aussi chez les femmes majeures. Nous allons faire de notre mieux, pour continuer ce travail».
Martin BALOUATA-MALEKA








