Lutte contre la criminalité des bébés noirs et autres kulunas

Faute de solution efficace en politique sécuritaire, la justice populaire fait la loi

Le meurtre sauvage d’un présumé redoutable bébé noir, Aller-Retour, à Gamboma (Département des Plateaux), il y a deux semaines, par la justice populaire, a signé l’échec de la politique gouvernementale en matière de lutte contre la criminalité des bébés noirs et autres kulunas. Désormais, un peu partout, dans les quartiers de Brazzaville, Pointe-Noire et autres communes, les populations ont pris leur destin en main, en matière sécuritaire, en recourant à la justice populaire, contre les jeunes présumés bébés noirs ou kulunas qui, une fois tombés dans la vindicte populaire, sont tués sauvagement et les images des meurtres balancées dans les réseaux sociaux, sans autre forme de procès.

Fils d’un haut-cadre, Aller-Retour était un jeune connu dans les quartiers des arrondissements 6 Talangaï et 9, Djiri, comme un leader bébé noir, depuis ces dernières années. Plusieurs fois arrêtés et jetés à la Maison d’arrêt, il retrouvait la liberté, quelques mois plus tard et reprenait ses actions criminelles. D’où son surnom Aller-Retour. Son gang, basé au Quartier Kombo, opérait dans les quartiers de la zone Nord de la capitale. Après avoir commis ses derniers forfaits (braquages, vols d’argent, d’ordinateurs portatifs, de téléphones portables, etc) il s’était retiré, avec deux de ses complices, au mois de février, à Gamboma.
Aller-Retour, présumé bébé noir, après son arrestation
Victime bébé noir à Brazzaville
L’horreur banalisé par des bandits appelés bébés noirs, kulunas etc,
Il ne faut jamais tomber sur la route de ces bandits sans pitié
C’est là qu’un indicateur de la gendarmerie l’a repéré dans une boîte de nuit. Mis au courant, la gendarmerie a monté une opération pour arrêter, en pleine nuit, le groupe des cinq présumés bébés noirs dont deux jeunes ressortissants de la localité. L’opération a mal tourné et s’est soldée par deux morts (une jeune fille innocente qui passait dans la rue, devant la boîte de nuit et un jeune membre du gang poursuivi). Les deux victimes étaient tombées sous les balles du pistolet d’Aller-Retour qui avait réussi à s’enfuir, avec deux complices. Sur les cinq, seul un était arrêté par les gendarmes.
Le lendemain, les jeunes de Gamboma étaient en colère, d’abord contre la gendarmerie, puisqu’au matin, une rumeur avait couru la cité que la gendarmerie avait tué deux jeunes. Puis au long de la journée, l’information était rétablie que les deux victimes étaient tombées sous les balles d’Aller-Retour, désormais recherché par la Force publique. Deux ou trois jours plus tard, le fugitif était retrouvé, grâce à des signalements, dans un village proche de Mbon. Arrêtés, lui et sa copine, ils étaient reconduits à Gamboma et placés, pour des raisons de sécurité, au camp militaire où les soldats ne s’étaient pas retenus de lui livrer une sévère battue.
Le lendemain, les jeunes de la cité avaient pris d’assaut le camp militaire, pour exiger qu’on leur livre le présumé bébé noir. Face au refus des militaires, ils menaçaient de brûler le camp, si jamais le présumé criminel ne leur était livré. Ce qui fut fait. Aller-Retour a fini par être tué par la justice populaire. Son corps a été déposé à la morgue d’Oyo. Des images horribles dans les réseaux sociaux rapportent des scènes d’exécution publique et sauvage de présumés bébés noirs, à Mfilou, à Pointe-Noire, etc. Face à l’apathie du gouvernement, de la Force publique et de la justice à faire disparaître, depuis plus d’une décennie, le phénomène de banditisme armé des bébés noirs, des kulunas, etc, la justice populaire tente désormais de s’imposer. Le drame est que des innocents peuvent y passer et il est aussi difficile d’éviter les règlements de comptes. Aujourd’hui, rien qu’à Brazzaville, 300 présumés bébés noirs sont en détention. Mais, les procédures judiciaires et les fameux centres de rééducation des jeunes sont d’une lenteur telle que les populations ne croient plus à l’action de l’Etat pour faire disparaître cette criminalité. D’ailleurs, l’ironie du sort est que dans l’opinion, l’on pense que ces bébés noirs sont encouragés ou protégés par les autorités elles-mêmes.
Au regard des images insupportables balancées dans les réseaux sociaux où l’on voit des victimes, horriblement blessés à l’aide d’armes blanches (machettes, couteaux…) à la tête, au cou, sur les bras, les mains, les jambes, etc, l’indignation est telle que la justice populaire va imposer sa loi, d’autant plus que les pouvoirs publics semblent dépassés et s’emmurent derrière le silence, préférant donner l’impression qu’il ne se passe rien.
Jean-Clotaire DIATOU

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