Le gouverneur de la B.e.a.c (Banque des Etats de l’Afrique centrale), Yvon Sana Bangui, a lancé officiellement, mercredi 2 avril 2025, lors d’une cérémonie au siège de la Direction nationale de la B.e.a.c, à Bangui, en République Centrafricaine, une nouvelle gamme de pièces de monnaie, baptisée «Type 2024», pour juguler la rareté des pièces de monnaie de Franc Cfa à laquelle les populations sont confrontées dans les pays membres. La nouvelle gamme inaugurée de pièces de monnaie va de la pièce de 1 franc à celle de 500 francs Cfa. Comme innovation, il y a l’introduction d’une pièce de 200 francs Cfa.
La cérémonie de présentation et de dévoilement de la nouvelle gamme de pièces de monnaie pour sa mise en circulation dans les six pays membres de la B.e.a.c a connu la présence, à Bangui, de plusieurs autorités monétaires centrafricaines, des responsables de la Banque centrale et ceux de la régie financière, des banques et des établissements de microfinance du pays. Elle était diffusée en ligne dans les Directions nationales de la B.e.a.c dans les capitales des six pays membres.

Les nouvelles pièces de monnaie sont un symbole de modernité, d’innovation et de continuité visant à accompagner une communauté monétaire en mouvement. Le directeur national centrafricain de la B.e.a.c, Ali Chaïbou, a revisité l’histoire des pièces de monnaie dans l’espace communautaire. «Les pièces de monnaie ont été mises en circulation dans les pays qui constituent aujourd’hui la Cemac depuis 1958, pour les pièces de l’ancienne gamme. Celles de la gamme de 2006, à partir du 29 mars 2006. Les pièces de monnaie de l’ancienne gamme ont été mises en circulation par trois instituts d’émission au fur et à mesure du parcours historique des différents Etats membres de la Cemac. Jusque-là, depuis 1958, aucune des pièces n’a été démonétisée. Bien qu’elles soient devenues rares, il arrive que dans un rendu de monnaie lors d’un achat, comme la pièce de 100 francs portant les inscriptions de 1958, qui a toujours cours légal du pouvoir libératoire», a-t-il déclaré.
Lançant la circulation de la nouvelle gamme de pièces de monnaie, le gouverneur de la B.e.a.c, Yvon Sana Bangui, en a donné les raisons. «Plusieurs raisons expliquent cette pénurie, notamment il y a eu tout un réseau de trafiquants qui réexportaient illégalement les dernières pièces de la gamme 2006 vers d’autres continents et aussi il y a plusieurs sites qui commercialisent nos pièces de 100 francs. Nos pièces de 500 francs, du fait des alliages qui sont utilisées, ont une valeur marchande beaucoup plus élevée. Nos pièces sont utilisées à des fins autres que monétaires. Les bijoutiers aussi s’en servent pour la fabrication de leurs produits. Les métaux qui sont aussi utilisés dans la fabrication des pièces, avec le temps, s’usent. Certaines pièces sont perdues et d’autres sont thésaurisées. Il y a également l’augmentation démographique et au niveau des échanges commerciaux, cela nécessite d’injecter massivement de nouvelles pièces. C’est face à ces défis que la Banque centrale a opté, depuis 2023, de mettre en circulation une nouvelle gamme de pièces corrigées de toutes les insuffisances enregistrées et accompagner l’essor de nos économies», a-t-il dit.
Dans sa conférence de presse, qui a suivi la cérémonie de lancement de la nouvelle gamme de pièces de monnaie, Yvon Sana Bangui a rassuré que toutes les précautions et les mesures sont étudiées et seront prises pour mettre en place des stratégies pour éviter la pénurie des pièces de monnaie.
Martin BALOUATA-MALEKA








