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Benjamin Bounkoulou, l’homme qui défia Pascal Lissouba et qui resta loyal à Denis Sassou-Nguesso

Vie politique nationale

Benjamin Bounkoulou, l’homme qui défia Pascal Lissouba et qui resta loyal à Denis Sassou-Nguesso

Le vice-président du Cese (Conseil économique, social et environnemental), Benjamin Bounkoulou, est décédé mercredi 23 août 2023, à Suresnes, en France, à l’âge de 81 ans, à la suite d’une longue maladie. Président de l’U.r (Union pour la république), parti qu’il a fondé après son départ de l’U.pa.d.s en 1995 et qu’il a dirigé jusqu’à sa mort, Benjamin Bounkoulou est diplomate de carrière. Leader politique, il était à la majorité présidentielle. Il est celui qui va provoquer le recul de l’U.pa.d.s dans son fief de la Bouenza, défiant ainsi le Président Pascal Lissouba. Après avoir observé une attitude de neutralité, il se rapprochera ensuite du Président Denis Sassou-Nguesso dont il a soutenu l’arrivée au pouvoir en octobre 1997, à l’issue de la guerre qui avait provoqué la chute du régime Lissouba.

Quand Pascal Lissouba est élu en août 1992, aux premières élections démocratiques post Conférence nationale souveraine, par 61,32% des voix, son parti, l’U.pa.d.s, qu’il avait créé un peu plus d’un an auparavant, s’était forgé comme fief politique et électoral, les trois départements du Niari, de la Lékoumou et de la Bouenza. Son logo, les trois palmiers, symbolisaient, pour beaucoup d’observateurs, l’alliance politique indéfectible réunissant les trois départements.
Benjamin Bounkoulou, vice président du Cese (Conseil économique, social et environnemental).
Ressortissant de la partie Sud de la Bouenza, Benjamin Bounkoulou est bombardé ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la Francophonie, dans le premier gouvernement de l’ère Lissouba. Moins de deux ans plus tard, en janvier 1995, il est débarqué du gouvernement. Eclate une crise qui le conduit à démissionner de l’U.pa.d.s, en emportant les élus ressortissants du Sud de la Bouenza. Il crée, en mars 1995,  l’U.r (Union de la République) qui se désolidarise du parti au pouvoir. Malgré les menaces et les intimidations, il tient tête au Président Pascal Lissouba. C’est la grande crise politique qu’affronte l’U.pa.d.s dans son propre fief de la Bouenza.
C’est dans ce contexte qu’éclate, deux ans plus tard, le 5 juin 1997, la guerre entre le P.c.t de Denis Sassou-Nguesso, alors situé à l’opposition, en alliance avec le M.c.d.d.i, et l’U.pa.d.s au pouvoir. Les médiations internes et internationales et autres démarches diplomatiques ayant échoué à réconcilier le Président Lissouba et son prédécesseur, Denis Sassou-Nguesso, afin de mettre fin à la guerre qui ravageait le pays, celle-ci s’achève par la victoire militaire d’un camp sur l’autre.
Benjamin Bounkoulou apporte son soutien politique au Président Denis Sassou-Nguesso qui s’installe au pouvoir, en instaurant une transition flexible de trois ans, qui finira par prendre quatre ans et demi. Il faut dire qu’à l’époque, c’est l’un des rares leaders politiques ressortissants du Sud du pays qui, très tôt, après être passé par l’éphémère gouvernement (un mois) de Bernard Kolélas, dernier Premier ministre du Président Pascal Lissouba, se rapproche du pouvoir issu de la guerre, alors que ce pouvoir est vivement critiqué comme étant un coup d’Etat. Il est vice-président du C.n.t (Conseil national de transition), le parlement transitoire dirigé par Justin Koumba et qui compte 75 membres. Son alliance avec le P.c.t lui permet de devenir vice-président du sénat, après les premières élections post-guerre pendant lesquelles il est élu sénateur. Il va occuper ce poste de 2002 à 2011.
Mais, en politique, le vent tourne toujours. Voilà qu’à partir d’octobre 2006, des cadres de son parti lui mènent la fronde. Il réagit en reprenant le contrôle du parti, par sa réélection comme président, et l’exclusion des frondeurs, lors d’une assemblée générale extraordinaire de l’U.r, tenue à Nkayi, le 18 décembre 2006. Après avoir manqué sa réélection au sénat, en 2011, il se fait élire député en 2012, à Boko-Songho, dans la Bouenza. C’était le dernier baroud d’honneur de son combat politique. A l’issue de ce mandat parlementaire, en 2017, sa réélection étant problématique, le voilà en traversée du désert pendant un an et demi. En juillet 2019, il est nommé vice-président du Cese, par le Président de la République. Mais, le vieux loup politique était déjà en retrait du champ de bataille. Affaibli par la maladie, Benjamin Bounkoulou se faisait rare dans les événements où il avait l’habitude de se distinguer. Tout de même, il a eu un parcours riche de diplomate et d’acteur politique qui a toujours privilégié la paix, le dialogue et l’entente. Paix à son âme!
Jean-Clotaire DIATOU

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