Le C.a.d (Centre d’actions pour le développement) appelle à une remise en cause du statut de la République du Congo au sein de la Commission Climat du Bassin du Congo, si le pays ne retire pas les permis extractifs octroyés par le gouvernement congolais dans le Parc national de Conkouati-Douli. Actuellement, deux blocs pétroliers chevauchent plus de la moitié de la superficie terrestre de ce parc et près de 90% de ses zones humides, compromettant gravement la protection des forêts, du climat et des espèces uniques du Bassin du Congo. Plus de 7.000 membres de communautés locales et autochtones qui dépendent de ce parc voient aujourd’hui leur avenir compromis. Malgré les appels répétés des organisations de la société civile, le gouvernement a accordé ces approbations. D’où la lettre ouverte adressée par le C.a.d à l’attention des membres de la Commission Climat du Bassin du Congo et des partenaires internationaux et dont voici l’intégralité.
«Excellences, chère Madame, cher Monsieur,
La République du Congo assure actuellement la Présidence et le Secrétariat de la Commission Climat du Bassin du Congo, un rôle qui exige un engagement exemplaire dans la protection des droits des communautés, du climat et de la biodiversité. Or, force est de constater que le pays est en contradiction permanente avec ces engagements.
Un rapport que nous avons publié récemment révèle les menaces sans précédent qui pèsent sur le Parc national de Conkouati-Douli, la zone protégée la plus riche en biodiversité de la République du Congo. Créé en 1999, le Parc national de Conkouati-Douli couvre plus de 8.000 kilomètres-carrés de forêts tropicales, de zones humides, de mangroves, de rivières, d’estuaires et de zones marines. Ces menaces sont directement liées à l’octroi récent de permis d’exploration pétrolière, en conflit avec les lois nationales et les engagements internationaux.
Actuellement, deux blocs pétroliers chevauchent plus de la moitié de la superficie terrestre du parc et près de 90% de ses zones humides, compromettant gravement la protection des forêts, du climat et des espèces uniques du Bassin du Congo. Plus de 7.000 membres de communautés locales et autochtones qui dépendent de ce parc voient, aujourd’hui, leur avenir compromis. Ces approbations interviennent malgré les appels répétés des organisations de la société civile invitant le Gouvernement congolais à renoncer à ces projets.
Pourtant, le cadre juridique fondateur du Parc national de Conkouati-Douli interdit strictement toute activité extractive dans les zones centrales de conservation et établit une zone tampon de 5 km où les projets de développement ne peuvent être autorisés qu’après la réalisation d’une étude d’impact environnemental et social, étude qui, à ce jour, n’a pas été menée.
Le C.a.d attire respectueusement l’attention du Ministère de l’environnement sur ce dossier. Nous appelons à une position ferme, afin de garantir la protection effective du Conkouati-Douli. Toute tentative visant à «rendre conforme» une exploration ou exploitation manifestement incompatible avec les objectifs de conservation fragiliserait l’intégrité de ce parc, patrimoine naturel d’importance mondiale.
Si la République du Congo ne renonce pas immédiatement à ces permis, le C.a.d appelle solennellement la Commission Climat du Bassin du Congo à réévaluer sa participation à la Présidence et au Secrétariat, afin que ces responsabilités soient confiées à un État véritablement engagé dans la protection des forêts, du climat et de la biodiversité. La crédibilité de la Commission repose sur le respect de ses engagements par ses membres dirigeants.
Nous adressons également notre appel aux bailleurs et partenaires financiers qui soutiennent la Commission Climat du Bassin du Congo. Il est de votre responsabilité de garantir que vos financements servent réellement la protection des communautés, du climat et de la biodiversité. Nous vous exhortons donc à suspendre ou renoncer immédiatement à tout soutien financier tant que la République du Congo n’aura pas retiré les permis pétroliers octroyés dans le Parc national de Conkouati-Douli. Les ressources publiques et internationales ne doivent en aucun cas contribuer à des pratiques contraires aux objectifs de conservation et aux engagements internationaux. Le C.a.d espère que cette démarche contribuera à renforcer la cohérence et la crédibilité de la Commission, et à garantir que la protection du Bassin du Congo ne demeure pas un simple engagement de papier.
Cordialement!».








