La politique n’est rien d’autre que l’art de gouverner une société humaine pour la conduire à son bien-être, à son épanouissement, défendre ses intérêts, etc. Le gouvernement et le parlement sont les lieux par excellence de l’exercice de la politique. En plus d’autres institutions bien évidemment. On a dit l’art de gouverner; un art qui recourt bien sûr aux sciences qui permettent de trouver les solutions aux problèmes de la société. Mais, l’art requiert surtout le talent, les qualités et l’esprit de discernement des dirigeants.
On peut aussi dire que la politique est une science. Pas une science exacte, mais une science sociale, c’est-à-dire basée sur le comportement humain dans son environnement socio-culturel. Si l’on fait un raccourci, on peut se permettre de dire que la politique commande au comportement des gens dans la société. Et pour commander au comportement des gens, on leur parle. D’où la puissance de la parole.
Supposons que le Congo a connu, entre 2004 et 2014, une décennie de vaches grasses caractérisée par des budgets annuels de l’Etat grassement alimentés par les revenus du pétrole. Il n’y a qu’à regarder comment nous nous sommes comportés: grand train de vie; grand luxe; grandes dépenses; grands travaux. Même des secrétaires roulaient V8.
Et survint la crise économique due à la chute des prix du pétrole, à partir de juin 2015. Le budget de l’Etat n’est plus grassement alimenté par les revenus du pétrole. Et comme on n’a pas, jusque-là, réussi la diversification de l’économie, rien n’a remplacé le pétrole pour assurer grassement le budget de l’Etat en revenus. Conséquence, le budget de l’Etat a maigri au fil des années. La décennie 2015-2025 est celle des vaches maigres. La crise économique a été par ailleurs aggravée par la pandémie de covid-19 et la guerre russo-ukrainienne. Paradoxalement, nous avons gardé nos habitudes de grand train de vie. A ce rythme, nous nous préparons à faire de la décennie 2026-2036, une seconde décennie de vaches maigres.
Pourtant, des voix s’élèvent: il faut réduire notre train de vie et nous adapter, en instaurant la rigueur budgétaire. La politique commande au comportement. Or, l’on veut donner l’impression que tout va bien. Aujourd’hui, la crise affecte même les hautes sphères de l’Etat. Les institutions nationales comme le gouvernement et le parlement passent trois mois d’affilé sans être payées. Mais, que dire des conseils départementaux et municipaux? On voit que la crise est rampante et finit par atteindre les milieux qui croyaient en être à l’abri.
La crise économique n’est qu’une histoire de comportement. Ou on change de comportement et la crise passera. Dans le cas contraire, elle s’installera. Quand il y en a peu, on donne peu pour que chacun ait un peu. L’histoire d’affamer ici pour gâter là-bas crée une iniquité dont les conséquences peuvent être imprévisibles pour la société. Payer grassement les dirigeants nationaux alors que les conseillers départementaux n’ont rien au fil des mois ne revient pas à construire un Etat équitable. Comme on ne peut que récolter ce qu’on sème, on continue à traîner les mêmes conséquences: l’incapacité de l’Etat à assurer ses charges mensuelles. Il faut changer de comportement, pour se relancer. On peut diviser par deux les rémunérations mensuelles des personnels de toutes les institutions du pays, personne ne mourra de faim, si celles-ci sont payées chaque mois. Il n’y pas de miracle.

L’HORIZON AFRICAIN

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