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Chris Antoine Walembaud, coordonnateur général de la Copar : «Ne plus impliquer les autorités locales dans l’organisation des prochains scrutins»

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Chris Antoine Walembaud.

Coordonnateur général de la Copar (Convention des partis républicains), une plateforme de l’opposition dite modérée, Chris Antoine Walembaud est sorti de son silence, pour aborder quelques questions de politique nationale. Avec la franchise qui le caractérise, l’homme n’est pas allé sur le dos de la cuillère pour ce qui est de l’organisation des élections. Il demande à ce que les autorités locales ne soient plus impliqués dans l’organisation des votes. Interview.

* Monsieur le coordonnateur général, l’opinion s’interroge sur ce qu’est devenue votre plateforme, la Copar. Pouvez-vous expliquer ce long silence, après les élections sénatoriales?
** Nous vous remercions pour cette occasion que vous nous donnez de nous exprimer à travers les colonnes de votre journal. Nous avions déjà largement expliqué les changements survenus au sein de la Copar. Notre plateforme est, aujourd’hui, composée de trois des partis qui l’ont fondée et qui sont toujours ensemble. Il s’agit du M.i.s (Mouvement pour le salut et la solidarité), du Codema (Congrès des démocrates africains) et du C.d.r (Congrès pour la démocratie et la république).
Comme vous le savez, le P.c.2e (Parti congolais écologique) et le P.r.l (Parti républicain et libéral) ont quitté la Copar, du fait de leur refus de contresigner la nouvelle charte qui stipule clairement que le coordonnateur général de la Copar ne peut pas être membre du gouvernement. Nous pensons que les dirigeants de ces deux formations politiques avaient voulu entretenir et faire perdurer l’incongruité que tout le monde dénonçait, à commencer par les militants de nos partis respectifs et aussi par le chef de file de l’opposition, Monsieur Pascal Tsaty Mabiala.
Bref, la participation des formations politiques qui composent la Copar aux dernières élections législatives et sénatoriales a connu des fortunes diverses. Les choses ne se sont pas bien passées pour nos candidats. Le besoin de mieux nous organiser aux fins de relever les défis futurs s’impose. Nous travaillons donc à cela, c’est pourquoi nous avons mis en berne nos activités médiatiques.

* Oui mais la Copar ne se prononce plus sur l’actualité politique laquelle est pourtant abondante? N’avez-vous pas, en tant que leaders d’opinion, l’obligation de donner votre point de vue sur la marche de la Nation?
** Nous allons un peu vous choquer en vous disant qu’à la Copar, nous nous interrogeons sur la nécessité de continuer à nous prononcer sur la marche du pays. Est-il utile de donner régulièrement des avis qui ne sont pas pris en compte par ceux qui gouvernent? L’opposition extra-parlementaire n’est pas écoutée. Messieurs Miérassa, Bowao ou Dzon sont aussi des Congolais, êtes-vous sûr que tout ce qu’ils proposent est sans intérêt? Vous n’avez jamais constaté que ce qui est parfois dit à la Télévision nationale n’a rien à voir avec ce que vivent nos compatriotes? On vous décrit un pays qui, sur de nombreux aspects, n’a manifestement rien à voir avec celui dans lequel nous vivons.

* Pouvez-vous être plus précis?
** Oui bien sûr! Le Président de la République a été élu sur la base d’un projet de société, «Ensemble poursuivons la marche». Suivez-vous ses discours chaque année devant le parlement réuni en congrès? Pour notre part, nous avons noté que le Chef de l’Etat revient avec insistance sur les mêmes choses. Ils dénoncent les mêmes dérives, il fait le même constat… Il se veut pédagogue. Un certain dépit est même perceptible dans ses propos.
Comme vous souhaitiez que nous soyons plus précis. Pouvez-vous me dire si, malgré l’insistance du Chef de l’Etat et la pertinence de ses propos, les étudiants congolais envoyés à l’extérieur par notre gouvernement ont vu leurs problèmes réglés? Sont-ils de retour au pays munis de leurs diplômes respectifs? Nos écoles et nos lycées ont-ils maintenant des enseignants en nombre suffisant? Certains soins dans nos hôpitaux sont-ils réellement gratuits comme cela est souvent proclamé? Les personnels de santé sont-ils désormais en nombre suffisant? Les équipements et les médicaments sont-ils disponibles? Dans notre pays, on continue à mourir de paludisme. Au demeurant, où en est-on avec la lutte contre les érosions?
Des reportages donnant à penser que l’agriculture a véritablement progressé inondent les médias. Pourtant, tous ces produits agricoles qu’on vante ne sont pas visibles dans nos marchés. De la pure propagande! Où est l’aliment de bétail? Où est le maïs? Où est le soja?
Rendez-vous dans l’arrière-pays et appréciez l’état des pistes rurales encore appelées pistes agricoles. Vous réaliserez que ce qui est produit par les paysans ne peut pas être évacué faute de route. Aucune transformation n’est non plus possible, faute d’industrie.
Puisque nous y sommes, quelle est la politique publique de ceux qui s’occupent des domaines de l’eau et de l’électricité? Quand parviendront-ils à offrir régulièrement aux populations, l’eau et le courant électrique comme cela est constaté dans les autres pays africains à l’instar du Sénégal ou de la Côte-d’Ivoire? Sous d’autres cieux, ces gens auraient tous démissionner?
Le Président de la République a décrété 2024, année de la jeunesse et, depuis lors, vous voyez que les membres du gouvernement excellent dans la communication comme si cette annonce n’était qu’un simple slogan? Dommage!
Nous attendons que soient créés des emplois pour tous ces jeunes qui ont fini leurs études et qui continuent d’être à la charge de leurs parents. Que ces emplois soient quantifiés, localisés et documentés. Avez-vous une idée du nombre de jeunes diplômés qui sont au chômage dans un pays de moins de six millions d’habitants et qui regorgent d’autant de ressources naturelles? Le regrettable drame du Stade D’Ornano d’il y a quelque mois a révélé que très peu d’emplois sont mis à la disposition de notre jeunesse. C’est pourquoi on se bouscule aux portes des Forces de défense et de sécurité, dès qu’un avis de recrutement est lancé.

* Parlons maintenant des élections. Vous aviez dit que les candidats de la Copar ont connu des fortunes diverses. Nombreux d’entre eux n’ont pas été élus. Continueriez-vous dans ces conditions à aller aux élections?
** De vous à moi, Monsieur le journaliste, est-ce que les élections qui se déroulent dans notre pays sont véritablement équitables, justes et transparentes? Lorsque vous regardez la qualité de certains candidats qui sont élus et celle de ceux qui sont battus et lorsque vous appréciez objectivement les conditions de leur victoire ou de leur échec, qu’est-ce que cela vous inspire-t-il? Je me demande si notre parlement serait aussi monocolore dans le cas où les élections auraient été justes, équitables et transparentes? Le pouvoir est, je suppose, préoccupé par le placement de ses cadres ou par la survie politique de quelques-uns, mais pas du tout par la qualité du scrutin qui aurait permis à ces derniers de gagner, encore moins par la qualité du débat parlementaire qui en découlerait, tel est mon humble avis.
N’aviez-vous pas entendu le porte-parole du P.c.t se réjouir d’avoir réussi à conserver le pouvoir? Nous aurions souhaité qu’il ait dit sa satisfaction dans la façon dont les scrutins ayant abouti à cette conservation du pouvoir avaient été organisés. Mais hélas! Un parlement où siège 95% des membres du parti au pouvoir n’est pas une bonne chose pour un pays. C’est une simple chambre d’enregistrement. On se croirait en Chine, en Russie ou en Corée du Nord. Il n’y a pas de contre-pouvoir, n’en déplaise à ceux qui pensent le contraire. Et c’est bien dommage pour mon pays.
Nous sommes au Congo, un pays où le Chef de l’Etat, Denis Sassou Nguesso, a dit que les Congolais ont la liberté de s’exprimer, n’est-ce pas? Alors, moi je vous demande, est-ce que le sénat, l’assemblée nationale ainsi que les différents conseils municipaux et départementaux auraient eu cette coloration si les élections avaient été véritablement démocratiques? Pouvez-vous m’expliquer pourquoi le président de la Commission nationale électorale indépendante, Henri Bouka, aux pouvoirs si exorbitants, a-t-il remis dans les processus électoraux, les autorités locales qui ont été écartés à l’occasion de toutes les concertations politiques que notre pays a eu à organiser? Qu’est-ce qui a fondé ce retour en arrière qui est un véritable recul démocratique? Mystère et boule de gomme.
Pourquoi les préfets, sous-préfets, les administrateurs-maires, les chefs de quartiers, les chefs de villages qui sont tous membres du P.c.t, ont-ils encore été impliquées dans l’organisation et le déroulement des scrutins? Tout le monde a d’ailleurs constaté que pour cela et par ce seul fait, les dernières élections législatives et locales ont été chaotiques. Pour preuve, le ministre en charge de ce département, Georges Mbacka, avait été relevé par le Chef de l’Etat, dès qu’il y a eu remaniement du gouvernement.
Que dire des listes électorales, de la distribution des cartes d’électeurs, de la distribution des fiches jaunes aux délégués des candidats dans les bureaux de vote, de la transmission des résultats aux différentes commissions? Lorsque j’entends des éminents cadres de notre pays dirent leur satisfaction quant à la manière dont les élections sont organisées, cela suscite étonnement et colère.
La Copar dit, pour sa part, que les scrutins qui sont organisés dans notre pays, et ce dans leur globalité, ne sont pas du tout équitables. Faudrait-il, dans ces conditions, continuer à prendre part aux élections dans ce pays? Nous poserons la question à nos militants, à l’occasion de la prochaine convention. Pour le moment, nous demandons à la Direction générale des affaires électorales de mieux faire et à la Commission nationale électorale indépendante (C.n.e.i) de ne plus impliquer les autorités locales dans l’organisation des prochains scrutins. Leur mise à l’écart fut une victoire remportée de haute lutte par les démocrates de notre pays. Je reste convaincu que tous les acteurs politiques tiennent à le pérenniser.

Propos recueillis par
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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