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mercredi 12 juin 2024 | 22:04
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Chronique des quartiers | Saint-Valentin : les Congolaises partagées entre bouquets de fleurs et d’argent !

Avec l’évolution des mœurs et la conjoncture économique actuelle, les offreurs de cadeaux ont souvent le cœur partagé entre le traditionnel bouquet de fleurs, symbole de l’amour et le désormais bouquet d’argent au goût du jour, que beaucoup de femmes congolaises affectionnent depuis quelques temps. La plupart d’entre elles tournent le dos à ces roses aux variétés adoucissantes, exprimant leur attrait pour la nouveauté. Des bouquets d’argent devenus source de tension voire de division dans les couples, quand arrive la Saint-Valentin, la fête des amoureux, le 14 février de chaque année.

Quand on est amoureux, la Saint-Valentin tourne parfois au casse-tête. Ce n’est plus que pour les anniversaires de naissance et de mariage, la Saint-Valentin étant aussi devenue une exigence. Les femmes congolaises apprécient plus les bouquets d’argent, avec des billets de 500, 1.000, 2.000, 5.000 voire 10.000 francs Cfa, que les bouquets de fleurs qui symbolisent pourtant l’amour. La veille de la fête est devenue synonyme de tension dans les couples qui vont jusqu’à se disloquer avant même le jour-j ou après l’évènement.
Pourtant, l’amour n’a la couleur d’aucun billet de banque. «Incolore et inodore», ironisent des sociologues. Mais, de plus en plus de femmes congolaises désirent les bouquets d’argent pour, disent-elles, subvenir à certains de leurs besoins, à la place du traditionnel bouquet de fleurs artificielles ou naturelles, qui finiront dans un bac à poubelle Averda, au lendemain de la fête.
«La Saint-Valentin arrive. J’ai déjà dit à mon mari d’arrêter de m’offrir des fleurs qu’il achète très cher et que j’ai du mal à entretenir après. Ça se gaspille et on jette ça à la poubelle. Je préfère qu’il m’offre un bouquet d’argent avec des billets de 1.000 ou 2.000. Je ne demande pas beaucoup. Ce bouquet d’argent, je peux le garder dans la chambre. Et quand je vais galérer, je vais l’utiliser pour m’acheter quelque chose à manger, nous acheter de quoi manger à la maison», explique une Congolaise mariée.

«On ne «mange» pas les fleurs»

A Brazzaville, elles sont nombreuses à affirmer qu’on ne «mange» pas les fleurs, comme pour réaffirmer l’idée qu’un bouquet d’argent vaut plus qu’un bouquet de fleurs. Le problème devient visiblement culturel et sociologique. «Un amour sans argent n’est rien. Les fleurs, oui! Mais on est Congolais. Ce n’est pas dans notre culture d’offrir et de recevoir des fleurs. Je préfère un bouquet d’argent. Certaines femmes demandent des roses à leurs maris, copains ou fiancés, parce qu’elles ont peut-être cette culture. Mais moi, je préfère l’argent», confie une fonctionnaire, la trentaine révolue.

Des fleuristes qui ne se retrouvent plus

Le 14 février, ce n’est pas devant la morgue municipale du C.h.u de Brazzaville, de Talangaï ou de Makélékélé que les fleuristes espèrent faire leurs chiffres d’affaires. C’est en comptant le nombre d’amoureux venus solliciter la composition des bouquets de fleurs destinés à leurs dulcinées. Fort malheureusement, la tendance est à la baisse. De plus en plus, le bouquet d’argent vole la vedette au traditionnel bouquet de fleurs qu’offrent souvent les amoureux à une belle âme. «Cette situation ne nous arrange pas. On ne sait même pas où les Congolaises ont copié ça. A l’époque, lors de la Saint-Valentin, les gens venaient demander les roses. Aujourd’hui, on nous demande de faire des bouquets d’argent. Pour la main d’œuvre, on ne gagne vraiment pas, comparé à l’époque où nous faisions nos bouquets de fleurs. C’est vrai, c’est peut-être facile à faire pour nous qui sommes habitués, mais que ferons-nous de nos roses à cette allure?», s’interroge un fleuriste qui envisage même une possible reconversion.
En effet, les fleuristes ne font visiblement plus de bonnes affaires avant, le jour de la Saint-Valentin et après, car la culture des fleurs semble disparaître dans la société congolaise. Les femmes qui y attachent encore du prix deviennent une espèce en voie de disparition.
La séquence d’échange de cadeaux, le jour de la Saint-Valentin, le 14 février, considéré dans de nombreux pays comme la fête des amoureux, est donc une rude épreuve pour les hommes au Congo. Au-delà des sérénades chantées sous la fenêtre d’une dulcinée, des colliers en or ou en argent, des cartes de vœux, des roses rouges emblèmes de la passion, ils doivent choisir entre bouquets de fleurs ou d’argent.
Valentin, prêtre romain à qui l’on doit cette célébration, doit se retourner dans sa tombe, pour condamner ces dérives sentimentales. Lui qui, selon l’histoire, se serait opposé à une loi de l’empereur Claude II interdisant les mariages, avant d’être décapité pour avoir béni des couples en secret, tombant, par ailleurs, amoureux de la fille de son geôlier. Depuis, Saint-Valentin est le patron des amoureux et l’Eglise aurait favorisé sa fête ayant lieu la veille des Lupercales romaines, pour effacer le souvenir de ces rites païens célébrant la fécondité. Selon une croyance populaire, le 14 février marque aussi le début de la saison des amours chez les oiseaux. Des oiseaux paradoxalement pas amoureux des fleurs, mais plutôt des bouquets d’argent dans une société congolaise en perte de vitesse.

Hordel
BIAKORO MALONGA

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