Commentaire

La Raffinerie de Fouta, à Pointe-Noire, pour enfin sortir des pénuries de carburant

Encore quelques mois de patience, pour sortir du phénomène de crises de carburant récurrentes dans les stations-service au Congo, grâce à l’entrée en production, prévue avant la fin de cette année 2025, de la Raffinerie de Fouta, à trente kilomètres de Pointe-Noire, dans le District de Tchiamba-Nzassi. Avec cette deuxième raffinerie, le pays va même devenir exportateur de produits pétroliers finis dans la sous-région.

Le phénomène de pénuries intermittentes de produits pétroliers raffinés, chaque année dans le pays, ne datent pas d’hier. Il est connu depuis l’époque de la société Hydro-Congo, compagnie d’Etat ayant exercé le monopole dans ce domaine de 1973 à 1998. Il avait fallu au gouvernement prendre, enfin, la décision de faire sauter le monopole de la distribution des produits pétroliers raffinés au Congo qu’assurait cette société, pour qu’enfin les Congolais soient soulagés. C’est ainsi que des sociétés privées de distribution de produits pétroliers raffinés ont vu le jour dans le pays et, cerise sur le gâteau, elles construisent de belles stations-service qui contribuent à l’embellissement des villes congolaises, avec une qualité du service impeccable. A l’époque d’Hydro-Congo, les stations-service finissaient par se dégrader et devenir dégueulasses, sans entretien. Comme quoi, c’est le partenariat public-privé qui doit être réellement la base de la politique de développement du pays.
La Raffinerie de Fouta devrait entrer en production avant la fin de cette année 2025
Cependant, le gouvernement n’était pas allé jusqu’au bout de la logique, dans cette décision de faire sauter ce monopole. Avec la création, en 1998, de la S.n.p.c (Société nationale des pétroles du Congo), entièrement détenue par l’Etat, il lui a confié le monopole de l’importation des produits pétroliers finis au Congo. De telle sorte que les marketeurs privés (sociétés privées de distribution de produits pétroliers raffinés) sont fournis par la S.n.p.c qui a, parmi ses filiales, compte la Coraf (Congolaise de raffinerie) dont la capacité de production ne répond pas entièrement à la demande du marché intérieur.
Officiellement, en effet, il est connu que la Coraf a une capacité de production de 1,2 million de tonnes par an, couvrant 70% du marché national. La S.n.p.c doit donc importer les 30% qui restent. Mais, ses propres capacités prévisionnelles permettent-elles d’éviter les ruptures de stocks sur le marché intérieur? En plus, les aléas ne manquent pas comme la fluctuation des prix. La réalité montre que les consommateurs font face à des pénuries récurrentes, chaque année.
Pour permettre au pays de mettre fin à ce phénomène, le gouvernement avait décidé de construire une nouvelle raffinerie à Pointe-Noire, en recourant au privé. C’est ainsi que le 24 novembre 2020, quatre membres du gouvernement signaient, à Brazzaville, une convention d’investissement avec la société chinoise «Beijing fortune Dingheng investment Co. Ltd», pour la construction d’une raffinerie d’une capacité de 2,5 millions de tonnes d’hydrocarbures par an, dans la Zes (Zone économique spéciale) de Pointe-Noire.
C’est donc en grandes pompes, comme d’habitude pour ce genre de projets, que le 21 février 2021, le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, procédait à la pose de la première pierre, au village Fouta, dans le District de Tchamba-Nzassi, à une trentaine de kilomètres de la capitale pétrolière, pour la construction de la Raffinerie Atlantique pétrochimie, d’un coût total de 600 millions de dollars, sur un site de 240 hectares.
Une vue du plan masse de la deuxième raffinerie de Pointe-Noire
Au départ, il était prévu que la raffinerie soit construite en deux phases. La première phase devait démarrer avec les principales unités de raffinage, d’une capacité minimale de 65 mille barils par jour, pour satisfaire la demande intérieure. La deuxième phase allait commencer au quatrième trimestre 2022, pour une capacité de 110 mille barils par jour, permettant au Congo d’exporter les excédents de pétrole raffinés vers les pays de la sous-région.
Finalement, lors de la première édition du Forum sur l’énergie et l’investissement au Congo, organisée en mars 2025, à Kintélé, commune voisine de Brazzaville, par le Ministère des hydrocarbures, en partenariat avec «Energy capital & power», une plateforme d’investissement dans le secteur de l’énergie, basée en Afrique du Sud, il a été annoncé que la construction de la raffinerie de Fouta devrait être achevée en 2025. Les Congolais doivent donc prendre leur mal en patience, avant d’être soulagés de ce phénomène de crise de carburant dans les stations-service, si tant est que la Raffinerie de Fouta tient ses promesses.
Jean-Clotaire DIATOU

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