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mercredi 12 juin 2024 | 15:37
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Commentaire : Le gouvernement à l’épreuve de la mise en œuvre des actes des états généraux de l’éducation

Mis en place par décret du Premier ministre, le 24 août 2021, le haut-commissariat à l’organisation des états généraux de l’éducation nationale, de la formation et de la recherche, dirigé par Hellot Matson Mampouya, a rendu sa copie, après la tenue, du 25 au 29 janvier 2024, au Palais des congrès de Brazzaville, de ces assises nationales. Désormais, la balle est dans le camp du gouvernement, qui doit mettre en œuvre les réformes proposées par les états généraux. On peut supposer que le débat, mené laborieusement pendant trois ans environ, est clos. Place maintenant à l’action et à l’évaluation de son impact. C’est ici le lieu de se poser la question de savoir si le gouvernement sera à même de relever ce défi.

La moisson est abondante. C’est le moins qu’on puisse dire des actes des états généraux de l’éducation nationale, de la formation et de la recherche. Le diagnostic a été fait. La thérapeutique trouvée, pour redresser un secteur éducatif national que tous reconnaissent comme étant malade. Et même sérieusement malade. Désormais, il s’agit d’apprêter la thérapeutique, l’appliquer et attendre que le malade recouvre une bonne santé.
L’application de la thérapeutique, c’est la tâche du gouvernement. C’est à bon droit qu’il faut se poser la question de savoir si celui-ci sera à même de relever ce défi. Ce n’est pas que notre exécutif manque de capacité de travail. Mais, à en juger par son organisation du travail, les inquiétudes peuvent être fondées. A quel rythme le gouvernement entend-t-il mettre en œuvre les réformes dans le secteur de l’éducation? Quel calendrier se donne-t-il? Avec quelle méthode de travail? Quelles sont les synergies à créer, pour avancer de manière harmonieuse?
En termes de calendrier, on peut supposer que le gouvernement a suffisamment de temps pour faire de telle sorte que les premières réformes soient expérimentées à partir de l’année scolaire prochaine, c’est-à-dire à partir du mois d’octobre prochain. En plus de la Primature, sept départements ministériels sont, en principe, directement concernés:
– le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation technologique;
– le Ministère de l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’alphabétisation;
– le Ministère de l’enseignement technique et professionnel;
– le Ministère de la jeunesse et des sports, de l’éducation civique, de la formation qualifiante et de l’emploi;
– le Ministère du budget, des comptes publics et du portefeuille public;
– le Ministère de l’économie et des finances;
– le Ministère délégué auprès du Premier ministre, chargé de la réforme de l’Etat.
Il est clair que les états généraux de l’éducation nationale, de la formation et de la recherche ont abouti à réformer un des secteurs de l’Etat qu’est l’éducation nationale. Or, au sein du gouvernement, la réforme de l’Etat constitue un portefeuille ministériel. Celui-ci devrait d’ailleurs assurer le secrétariat général de la mise en œuvre de ces réformes, en synergie avec le haut-commissariat à l’organisation des états généraux de l’éducation nationale, de la formation et de la recherche. Et comme on le sait, les réformes ont toujours un impact sur le budget de l’Etat, dans un sens (augmentation) comme dans un autre (baisse). Etant donné l’importance des réformes issues des états généraux, le Ministère en charge de l’élaboration du budget de l’Etat et celui en charge des finances publiques doivent être directement associés à l’élaboration des réformes, pour mesurer ce qui est faisable et ce qui ne l’est pas, en termes de budget et de finances publics. Car, il ne sert à rien de retenir des réformes que l’Etat ne pourra pas financer. Exemple: introduire les langues nationales dès l’école primaire suppose qu’il faut recruter et former des enseignants et cela à un coût dans le budget de l’Etat; rendre le cycle maternel obligatoire oblige l’Etat à construire des infrastructures à travers le pays et recruter du personnel et cela a un coût. Est-il prêt à le faire?
Enfin, sous la direction de la Primature, les sept départements ministériels concernés devraient former un club interministériel chargé de l’élaboration et de la mise en œuvre des réformes issues des états généraux de l’éducation, de la formation et de la recherche, en se donnant un agenda de travail. Ce n’est qu’à travers une telle organisation que cette initiative d’états généraux aboutira à la concrétisation de ses résultats.

Jean-Clotaire DIATOU

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