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lundi 20 mai 2024 | 16:12
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Commentaire : Où en sommes-nous avec l’état de nos routes et cimetières, à la veille des 63 ans d’indépendance?

Il y a quelques années, l’on nous apprenait que nos conseillers municipaux étaient préoccupés par les érosions et par la dégradation des rues de Brazza-la-verte, dont la plupart, ayant perdu leur bitume, avaient d’énormes nids de poule, des ornières, des mares aux eaux boueuses et puantes, des trous aussi béants que les cratères des volcans, comme par exemple sur l’avenue qui va du carrefour de Terynkyo à Kinsoundi vers le carrefour du château d’eau, à Moukounzi-Ngouaka, ou comme sur l’avenue qui mène à la morgue de Makélékélé. Même pour leur dernier voyage, les morts sortant de ladite morgue empruntent, en cette saison sèche, une route pleine de poussière, avec des trous et d’énormes nids de poule, dans l’indifférence totale de tous: maire, administrateur-maire; conseillers municipaux et citadins. «Ebonga, ebonga te, toujours meilleurs»!

Et dire que les propriétaires de véhicules paient la taxe de roulage pour l’entretien de la voirie urbaine! Et dire qu’à la morgue de Makélékélé, l’on percevrait d’énormes frais! Faut-il peut-être sortir de La Sorbonne ou de Harvard, pour entretenir nos cimetières et bitumer nos rues et avenues? «Omona wapi?», comme l’avait chanté, en 1968, l’artiste-musicien Franco Luambo Makiadi, avec son T.p O.k Jazz.
Même s’il faut laisser les morts enterrer les morts, afin de donner la priorité aux vivants, qu’il me soit permis d’une part, de dire que cela ne signifie point abandonner nos morts dans des cimetières on ne peut plus hideux et d’autre part de déroger à cette règle, pour lancer un cri du cœur au sujet de l’état lamentable de nos cimetières tant municipaux que privés, dans la ville de Brazzaville. Ces morts à qui nous avons pourtant réservé des somptuosités et autres fastes funèbres.
En revanche, dans nos villages, les cimetières sont bien entretenus. Il serait donc très souhaitable que nos sénateurs, nos députés, nos maires et nos conseillers municipaux de nos villes en général et celle de Brazzaville en particulier, qui ne sont pas de mauvais bougres, ni des politiciens véreux ou encore des politiciens partisans de la politique politicienne ou du pouvoir pour le pouvoir, mais des patriotes engagés, donnant la priorité à nos villes ipso facto au Congo, et nous-mêmes, nous nous préoccupions aussi de nos défunts dont les tombeaux sont profanés quotidiennement dans les anciens et nouveaux cimetières, tels que les anciens cimetières municipaux fermés de la Tsiémé, du Mont-Barnier et de Moukounzi-Ngouaka.
Par exemple, celui de la Tsiémé a été transformé depuis belle lurette, en terrains de football. Les autres tant privés que municipaux de Brazzaville et de ses banlieues, «Ma Campagne» et «Bouka», cimetières pourtant V.i.p, l’aile du cimetière du centre-ville où reposent les victimes de l’attentat contre le D.c 10 de l’U.t.a, censés pourtant être des lieux de repos éternel de nos défunts, dans l’espérance de la résurrection, sont dans un état de délabrement affligeant. D’un côté, l’érosion qui y menace les tombeaux et de l’autre les herbes abondantes que l’on prend peut-être pour des fleurs et qui les enfuissent. L’on pourrait y chasser des civettes ou des sibisis! Cela ne choque personne, ni les parents ni les autorités.
Tenez! Même le mausolée où repose le Président Marien Ngouabi, fondateur du P.c.t, parti au pouvoir, sur le fronton duquel est écrit, «Gloire immortelle au Président Marien Ngouabi», et dont la façade avec des carreaux défraichis affiche une laideur innommable, est mal entretenu. En tout cas, pas de commune mesure avec le Mausolée de Lénine à la Place Rouge de Moscou, ou la tombe du Président Kennedy au cimetière d’Arlington aux environs de la ville de Washington, D.c.
Il nous a été donné de constater aussi que lors de la commémoration des anniversaires de la République et de l’indépendance nationale, l’on se contente de les célébrer seulement, avec et pour les vivants. Nos morts à qui l’on aura réservé des obsèques somptueuses parfois nationales et ce dans une ostentation pompeuse, avec des oraisons funèbres aux envolées littéraires à la Bossuet, seraient-ils voués à un oubli délibéré au point de laisser les herbes enfouir leurs tombeaux? Cynisme, indifférence, ingratitude ou simple négligence?
Ne serait-il pas temps aussi pour nos sénateurs, nos députés, nos maires, nos élus et conseillers municipaux, nos chefs ou présidents de quartiers, nos chefs de zones et de blocs, de lancer des opérations d’entretien et de salubrité publique dans nos quartiers, nos rues, nos avenues et nos cimetières, en cette fin du mois de juillet, quelques jours avant le 15 août 2023, jour où nous allons commémorer les 63 ans de l’indépendance de notre pays?
A ce propos, pourquoi ne pas prévoir, au cas où il ne le serait pas, dans les budgets de fonctionnement de nos mairies, des rubriques pour l’entretien de nos rues, de nos avenues et de nos cimetières, comme au temps de la colonisation ou des années 60, où des agents municipaux chargés spécialement de la propreté et de l’entretien de nos rues, avenues et cimetières municipaux? Cela contribuerait à la résorption du chômage qui sévit dans les milieux des jeunes en quête permanente de travail. Cela éloignerait lesdits jeunes des ngandas, gargotes et autres buvettes où ils s’agglutinent très tôt le matin autour des bouteilles de bière et autre alcool. Ce qui les aiderait à sortir de l’oisiveté, la mère des vices. Cela éviterait, enfin, à nos cimetières, de devenir ni les nids de serpents et de guêpes, ni les repères de brigands et de vandales, ni encore les antres et fumoirs des accrocs au chanvre indien.
Nos cimetières devraient occuper une place particulière dans nos quartiers, nos villages et nos villes. Ils devraient être des parcs, des jardins où tout quidam irait se promener, se recueillir et méditer comme cela se passe sous d’autres cieux. Nul n’est besoin de rappeler que dans la culture bantoue, le cimetière inspire du respect. Sans cimetière, le village n’a guère de stabilité. Qui plus est, la protection des morts est pour les bantous, la meilleure garantie du clan et de la famille. Car les morts sont censés veiller en permanence sur eux et partout dans le village. Comme l’a dit Victor Hugo: «Les morts sont des invisibles mais non des absents».
Que les sénateurs, les députés, les maires, les conseillers et autres élus municipaux, les chefs ou présidents de quartiers, les chefs de zones et de blocs soient, comme l’avait souligné Pierre Ngolo, président du sénat, «des acteurs et non des observateurs». Qu’il vous plaise donc de nous aider à honorer et à respecter nos défunts; à rendre la propriété d’antan à nos cimetières, afin qu’ils redeviennent de véritables lieux de repos pour nos défunts et non des dépotoirs ou des débarras, ou encore des nids de serpents et de guêpes, des repères de bandits, des antres des vandales et des fumoirs des accrocs au chanvre indien; à faire, enfin, de nos cimetières, des lieux très propres où, comme l’affirme le rituel catholique, «nos défunts reposeront en paix dans leurs tombeaux jusqu’au jour où Dieu les réveillera pour qu’ils voient la clarté de sa face, la lumière sans déclin, pour les siècles des siècles». Enfin, nous les vivants, futurs morts, sachons que l’on a beau faire le zouave, l’épitaphe nous attend nous aussi au tournant.

Dieudonné
ANTOINE-GANGA.

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