Commentaire

Un prélat pris en flagrant délit de manque
de respect à son propre peuple

C’est un scandale de diffamation et de tribalisme qui a éclaté au sein de l’Eglise catholique au Congo, au plus haut niveau. Un prélat a débité des propos à caractère diffamatoire et tribaliste à l’égard d’un confrère évêque et de sa communauté ethnique. L’affaire a éclaté dans les réseaux sociaux, à travers des audios issus de conversations téléphoniques enregistrées. Réagissant à cette ignominie révoltante qu’on ne saurait attribuer à un homme de Dieu, les évêques du Congo ont publié un message pour demander collectivement pardon au peuple de Dieu, en noyant la responsabilité individuelle du prélat présumé auteur des propos, dans une responsabilité collective destinée à tourner la page et s’en tirer à bon compte. Mais, pour des faits aussi graves, les chrétiens vont-ils accepter de tourner la page sans que le présumé auteur n’avoue sa responsabilité et ne fasse individuellement amende honorable devant le peuple de Dieu tourmenté dans son esprit et dérangé dans sa foi par ses propos orduriers?

Les prêtres, les évêques? Ce sont des esprits bien cultivés. Ils font de longues études universitaires. Ils sont bardés de diplômes académiques et sont très bien éduqués. A la fin, malgré tout, on en trouve encore qui, quand ils parlent des autres dans des conversations privées, sont aussi vulgaires que des badauds de quartier qui n’ont pas traversé le C.p (Cours élémentaire) et font preuve d’une éducation douteuse. Grâce à l’hypocrisie, ils savent montrer un visage jovial alors qu’à l’intérieur d’eux, ils sont comme de véritables loups, dévorant nuitamment les agneaux que Dieu leur donne à faire paître. Voilà qui fait que même l’Eglise reste encore minée, des décennies après l’indépendance du pays, par des antivaleurs comme le tribalisme.

Sortie de messe à la Cathédrale Christ-Roi d’Owando

C’est le piège dans lequel s’est empêtré un archevêque congolais qui, parlant avec un de ses chrétiens au téléphone, dénigre son confrère évêque et le traite d’idiotie tout comme sa communauté ethnique. Une réaction attribuée au clergé de l’archidiocèse concerné résume bien la colère suscitée par les propos de ce prélat: «…Le lien de communion est brisé par ses propos qui constituent une faute grave et lourde. Nous souhaitons qu’il puisse prendre une décision éclairée pour le bien de tout le monde, en démissionnant. S’il ne démissionne pas dans un bref délai, nous serons contraints, pour notre santé morale, psychologique et pour le bien de notre église, d’enclencher les procédures canoniques auprès des dicastères compétents, en transcrivant ses audios en toutes les langues appropriées».

Mgr Armand Brice Ibombo, évêque de Ouesso

Malheureusement, les évêques du Congo, à travers leur message du 12 août 2025, ne semblent pas prendre au sérieux la profondeur des blessures causées par les propos du prélat dans les cœurs des filles et fils de son archidiocèse et, au-delà, des chrétiens du Congo, épris de solidarité et d’amour fraternel. Pourtant, les leaders d’Eglise reconnaissent que la parole peut blesser ou guérir, diviser ou unir. Qui plus est, quand cette parole blessante est prononcée par celui qui a été consacré pour prêcher la bonne nouvelle de Dieu!

Mgr Gelase Armel Kema, archevêque d'Owando
Mgr Gelase Armel Kema, archevêque d’Owando
Les évêques disent qu’ils sont conscients de la peine causée. Donc, ils reconnaissent qu’il y a des victimes. Mais, ils se gardent de soumettre leur confrère, présumé auteur des propos ignominieux, dans une démarche de repentance individuelle, afin de guérir les cœurs froissés. On dirait même qu’ils protègent leur confrère, alors que dans les audios, les chrétiens entendent bien sa voix. Quant à cette histoire de déplorer la diffusion des audios, c’est regrettable. C’est comme si on accepte que les chrétiens soient en porte à faux avec le message biblique d’amour, pourvu que ça reste en privé. Quelle humanité va-t-on construire avec une telle hypocrisie? Ce qui est su est su, il n’y a plus à le déplorer.
Les évêques face à leurs responsabilités devant les dérapages de leur confrère
Les évêques demandent collectivement pardon, dans un acte bien identifié comme celui qu’un des leurs a posé. Ne voient-ils pas dans les Eglises sœurs d’Europe, d’Amérique, d’Asie, des prélats accusés de harcèlement sexuel ou de viol, retirer de leurs responsabilités ecclésiastiques et soumis à la Justice? Les Conférences épiscopales de ces Eglises se mêlent-t-elles des responsabilités individuelles pénales des évêques mis en cause?
A vrai dire, notre prélat n’est plus digne de diriger son troupeau. Comment va-t-il prêché l’amour entre chrétiens, après ce qu’il a débité? Les évêques de la Conférence épiscopales du Congo doivent prendre leurs responsabilités jusqu’au bout, en écoutant leur clergé, pour sauver l’Eglise menacée de l’intérieur par des loups-garous au visage d’agneau ! Oui, personne n’est saint, mais on ne construit pas la société humaine dans la lâcheté. Il faut savoir assumer et tirer les conséquences. Bref, le vin est tiré, il faut le boire!
Jean-Clotaire DIATOU

Message des Evêques

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