Le C.a.d (Centre d’actions pour le développement) est sérieusement préoccupé par la destruction des maisons d’habitation dans le Quartier 418, dans le 5ème arrondissement de Pointe-Noire, Mongo-Mpoukou. Une semaine après la pluie diluvienne du 22 mars 2025, plus d’une centaine d’individus restent bloqués dans des conditions déplorables. A l’origine de ce sinistre, les travaux de construction mal exécutés par l’entreprise Socofran. Le C.a.d dénonce la passivité des autorités municipales et gouvernementales face à ce désastre et demande leur intervention imminente, pour soulager les victimes et restaurer leur dignité humaine.
En effet, depuis octobre 2024, les autorités municipales de Pointe-Noire ont démarré les travaux d’aménagement et de pavage de l’Avenue Antoinette Sassou Nguesso, dans le Quartier 418, une initiative pourtant louable. Cependant, après la pluie de la nuit du 21 au 22 mars 2025, notre organisation a été interpellée par des habitants de ce quartier. Une équipe s’est rendue sur le terrain et a constaté que des eaux et des coulées de boue se sont déversées sur les habitations, car les eaux de pluie ont drainé de la terre du chantier, envahissant des blocs entiers. Les plaintes des habitants de la zone remontent à novembre 2024, mais les autorités de la ville n’ont rien fait pour prévenir les dégâts enregistrés.
Les victimes sont essentiellement des familles à faible revenu. Ce qui les exaspère davantage. Cette catastrophe, évitable, n’est pas naturelle. Elle résulte d’une mauvaise évaluation des risques liés au type de sol et à une non prise en compte des facteurs climatiques par l’entreprise Socofran qui conduit le projet d’aménagement et de pavage de cette avenue, ainsi que le traitement de l’érosion du Quartier 418. Notre recherche sur le terrain a touché 130 personnes dont 68 enfants affectés. L’entreprise Socofran, qui exécute les travaux, n’a visiblement pris aucune précaution viable pour limiter l’impact humain de ses travaux démarrés en pleine saison pluvieuse.
Des familles ont été forcées d’abandonner leurs maisons. Certains individus ont été contraints de se réfugier chez un parent. Les familles qui sont restées n’ont d’autre choix que de vivre dans l’indignité totale par manque d’alternative. Elles sont exposées à des affections opportunistes et vivent dans la peur permanente, redoutant une aggravation de leur condition en cas de nouvelles pluies. «La plus grande peur, c’est une autre pluie. Ma fille, ici, est sortie de la maison par la toiture. Ce sont les voisins qui l’ont fait sortir par la toiture», nous a indiqué une habitante du quartier. «Avant les travaux, on n’avait pas de problème. Mais, depuis qu’ils ont commencé, quand il pleut, on ne peut pas dormir. Plusieurs voisins ont déménagé. Si on avait un endroit où aller, vous ne nous trouverez pas ici», a indiqué dame Antoinette, elle est aussi victime.
Les conséquences de ce sinistre sont bien réelles. Nous avons documenté pour exemples: déplacements forcés; perte de biens; rupture brutale des liens sociaux; difficultés d’accès à l’éducation et aux soins; traumatismes psychologiques. Elles constituent une violation non seulement du droit au logement, mais aussi d’autres droits fondamentaux comme le droit à la santé, à l’éducation et à la vie privée.
Au-delà de l’aspect habitat, cette situation affecte aussi les enfants et les jeunes scolarisés qui ont changé de quartiers ou qui ont vu leurs cahiers de cours et autres documentations être détruits. Entre déplacements forcés et peut-être changement d’établissements scolaires, les élèves sont pour certains désorientés. Il leur sera difficile de se mettre à jour dans les temps, en considération des examens d’État et des évaluations qui approchent, ce qui risque d’être plus difficile pour eux. Pire, il faut craindre que d’autres décrochent à partir de cette situation malencontreuse.
Le C.a.d constate qu’à ce jour, aucune autorité n’est allée à la rencontre de ces populations, créant ainsi un sentiment d’abandon parmi les victimes. Pourtant, le droit à un logement décent est un droit humain essentiel qui concourt à la dignité de la personne humaine. Les autorités congolaises doivent agir positivement et sans tarder, notamment en raison des implications pour l’exercice des autres droits humains. Les autorités doivent accorder la priorité à cette situation aux conséquences multiples. Au regard de ce qui précède, le C.a.d exige:
– à l’immédiat: une solution pour les élèves qui ont tout perdu, sachant que la reprise des cours est prévue au 7 avril 2025. Ceux en classe d’examens doivent être sérieusement accompagnés pour ne pas être défavorisés pendant les examens qui pointent à l’horizon à partir du mois de juin;
– une évaluation et une prise en charge des besoins urgents des victimes, au mieux une solution de relogement temporaire au moins jusqu’à la fin des travaux.
À court terme: une indemnisation adéquate après une évaluation complète des pertes et dommages subis.
(Tiré du communiqué du CAD)








