Apparus à la fin des années 70 aux Etats-Unis grâce à deux Américains à l’origine du premier site Internet permettant l’échange d’informations, les médias sociaux ou plus prosaïquement les réseaux sociaux ont connu un développement rapide à partir des années 90, grâce au W.w.w (World wide web), la toile mondiale signifiant l’Internet. Aujourd’hui, psychologues, sociologues, médecins, etc, sont unanimes pour reconnaître que les réseaux sociaux, devenus très populaires, peuvent provoquer des problèmes de santé mentale ou physique, à commencer par l’addiction, c’est-à-dire une dépendance au point de ne plus pouvoir s’en passer, et l’obésité au plan physique.
Les réseaux sociaux donnent l’impression d’avoir révolutionné la société humaine en matière de communication. En réalité, rien de nouveau sous les cieux depuis l’apparition de la vie humaine sur terre. Ce ne sont que les moyens de communication qui se créent. Mais, l’humain, lui, est et demeure un être social. Voilà qui a conduit Aristote, le philosophe grec de l’Antiquité, à développer le concept de «zoon politikon», «l’homme est par nature voué à vivre dans une cité». Il explique que l’homme est à la fois un «animal social», vivant en communauté, et un «animal politique», c’est-à-dire partageant les mêmes valeurs avec les autres.
Avant l’apparition des moyens de communication sociale, les humains se rencontraient directement, pour échanger (communiquer) en face-à-face. Les moyens de communication sociale (affiches, journaux, radios, télévision…) ont introduit l’échange à distance. A leur tour, les médias sociaux ont permis le réseautage en ligne, pour échanger (communiquer), avec les avantages (sons, images, vidéos, rapidité, etc) qu’offrent les technologiques modernes.
Seulement, l’exposition excessive et régulière à des contenus problématiques, non certifiés ni vérifiés, inappropriés, partiels, manipulés, mal interprétés, erronés, mensongers, hors-contexte, etc, peut provoquer ou aggraver, chez un individu, des problèmes de santé mentale ou physique ou faire de lui la victime des phénomènes sociaux comme l’atteinte à la vie privée, l’usurpation d’identité, l’escroquerie, etc.
En matière de santé mentale, l’anxiété et la dépression sont parmi les premiers risques encourus. Mais, on parle aussi des troubles du sommeil, des troubles du comportement, de la diminution de l’estime de soi, etc. Ceux qui, chaque jour, restent longtemps assis pour naviguer, tout en consommant des boissons ou des aliments courent le risque de l’obésité.
Dans le domaine de la communication, les réseaux sociaux sont aussi des passoirs de la désinformation (manipulation à partir des informations fausses, biaisées, partielles, hors-contexte, diffusées volontairement à des fins de propagande ou autre) et de la mésinformation (fausses informations diffusées involontairement).
Bref, les réseaux sociaux sont des moyens de communication de masse qui ont aussi bien des avantages que des inconvénients. Vérifier, s’en référer à d’autres personnes de son entourage ou à des sachants est le moyen de se protéger contre les contenus déroutants des réseaux sociaux. Il n’y a pas que les individus qui en sont victimes. Les institutions, les administrations, les organisations, les entreprises, bref les personnes morales peuvent aussi être induites en erreur par les réseaux sociaux. D’où la nécessité de vérifier tout contenu qu’on y puise. Raison pour laquelle l’éducation aux médias devrait faire partie des programmes scolaires, dès le collège, pour donner aux adolescents et aux jeunes, les outils pédagogiques leur permettant un usage responsable de ces moyens de communication sociale faisant désormais partie de leur environnement de vie.
Jean-Clotaire
DIATOU








