Le gouverneur de la B.e.a.c (Banque des Etats de l’Afrique centrale), le Centrafricain Yvon Sana Bangui, a donné, lundi 24 mars 2025, une conférence de presse en présentiel et en ligne, aussitôt après avoir présidé, à Malabo, en Guinée Equatoriale, la première session ordinaire du C.p.m (Comité de politique monétaire) de cette année. Suivie dans les directions nationales de la B.e.a.c dans les six pays de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), cette conférence de presse a permis de saisir les principaux enjeux liés aux délibérations de la session du C.p.m et de faire connaître les décisions prises pour renforcer la croissance de l’espace économique et financier de la Cemac. Ainsi, la croissance communautaire est attendue à 3,3%, en 2025 contre 3,1% en 2024. Cette croissance serait en lien avec la bonne tenue des activités non pétrolières.
Selon les perspectives macroéconomiques mondiales et sous-régionales analysées, le taux de croissance de l’économie mondiale devrait connaître une légère amélioration en 2025, comparativement à 2024 et 2023. Le F.m.i a mis à jour ses données économiques en janvier 2025 et il a estimé que le taux de croissance de l’économie mondiale s’établirait à 3,9% en 2025, comme en 2026 également, contre 3,2% en2024 et 3,3% en 2023.
Au niveau sous-régional, les prévisions macroéconomiques et financières, actualisées en février 2025, par les services de la B.e.a.c, tablent sur:
– un renforcement de la croissance à 2,9% contre 2,6 % en 2024, en lien avec la bonne tenue des activités non-pétrolières (3,9 % en2025, contre 3,1% en2024);
– un repli du taux d’inflation sous la norme communautaire, autour de 2,9% en moyenne annuelle, contre 4,1% en 2024;
– une légère amélioration du solde budgétaire, base engagements, hors-dons, à -0,9% du P.i.b (Produit intérieur brut) en 2025, après -1,2% du P.i.b un an plus tôt;
– une augmentation de la masse monétaire de 10,6%, contre 10,0% en 2024;
– une augmentation des réserves de change de 4,% à 7.584,9 milliards, correspondant à un taux de couverture extérieure de la monnaie de 76,1%, après 74,9% à fin 2024 et un niveau des réserves en mois d’importations de biens et services à 4,8 mois, contre 4,6 mois en 2024.
A la fin de la session, le comité a décidé de ramener le taux d’intérêt des appels d’offres de 5,00% à 4,50%, le taux de la facilité de prêt marginal de 6,75% à 6%. Le comité a aussi décidé de maintenir le taux de la facilité de dépôt à 0,00% et les coefficients des réserves obligatoires à 7% sur les exigibilités à vue et à 4,50% sur les exigibilités à terme.
Concernant l’inflation importée, le gouverneur a indiqué que «tous les Etats ont adopté et élaboré une stratégie nationale. Aujourd’hui, la fragilité de notre zone qui nous expose à ce choc, est liée à la faible production et à la faible diversification de nos économies. Si nous voulons maîtriser l’inflation importée, il suffit de mettre en œuvre toutes les actions qui figurent dans nos stratégies. La diversification de l’économie reste un levier important pour contenir l’inflation importée».
Yvon Sana Bangui a rassuré que les Etats ont mis en place des politiques pour la production locale qui commence à porter du fruit. «Nous sommes confortables, aujourd’hui, par rapport à la résilience de l’économie de la zone, au regard de tous les efforts qui pourront se faire au cours de cette année, et qui vont porter des fruits pour pouvoir garantir, notamment la stabilité monétaire que nous recherchons. Nos Etats sont fortement dépendants des importations. Mais, je peux vous assurer qu’il y a des programmes de production locale qui se mettent en place. Nous nous inscrivons aussi dans un engagement pour poursuivre le rapatriement des entreprises d’extractive, pour renforcer davantage les réserves de change de notre sous-région», a affirmé le gouverneur.
Martin
BALOUATA-MALEKA








