Au nom du gouvernement congolais, le ministre des affaires étrangères, de la francophonie et des Congolais de l’étranger, Jean-Claude Gakosso, a remis, jeudi 13 mars 2025, un message de protestation du Congo, à l’ambassadeure de France au Congo, Mme Claire Bodonyi, à la suite de la perquisition, à Paris, de l’appartement de Mme Antoinette Sassou-Nguesso, l’épouse du Président de la République. Selon la presse, cette opération judiciaire serait liée à l’affaire des biens mal acquis (B.m.a), des biens mobiliers et immobiliers acquis par des dirigeants étrangers en France. Conséquence en guise de protestation, le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, aurait annulé la visite d’Etat prévue à Paris, début avril, à l’invitation de son homologue français, Emmanuel Macron.
La France et le Congo sont deux pays qui, ayant des relations historiques, entretiennent de bonnes relations diplomatiques, mais qui sont traversées, de temps à autres, par des sujets qui fâchent. C’est par exemple le cas, en juin 2020, quand la justice française a saisi, à l’Aéroport de Bordeaux, dans le cadre du contentieux entre l’homme d’affaires libanais, Mohsen Hojeij, et l’Etat congolais, le Falcon 7x du Président congolais, qu’elle a liquidé aux enchères le 3 octobre 2023, malgré les protestions du gouvernement congolais.
Cette fois, le gouvernement congolais a adressé un message de protestation au gouvernement français, via son ambassadeure à Brazzaville, à la suite du mandat de perquisition émis par la justice française contre la première dame congolaise. En effet, à Brazzaville, c’est l’incompréhension totale, car, suivant son statut diplomatique, l’épouse du Chef de l’Etat ne peut subir une pareille surprise de la part d’un Etat ami. Pour sa part, le gouvernement français se réfugie, comme d’habitude, derrière le principe de la séparation des pouvoirs et de l’autonomie de la justice, pour ne pas avoir à se prononcer sur les incidents diplomatiques provoqués par ses magistrats dans les procédures judiciaires qu’ils exécutent. Mais, on a oublié que c’est bien un ministre français des affaires étrangères, qui avait lâché devant les médias français en 2019, qu’il venait de parler «fermement» au Président congolais, du cas Mokoko, car Paris attend «un geste». Vu de Paris donc, la justice congolaise n’est-elle pas autonome du gouvernement congolais?
La première dame congolaise serait visée par le juge d’instruction Serge Tournaire, du pôle financier du Tribunal de Paris, qui chercherait à savoir les conditions d’acquisition en 2007, par l’épouse du Chef de l’Etat congolais, de l’appartement sis Avenue Niel, dans le 17ème arrondissement, dans le cadre de l’affaire des biens mal acquis que la justice française instruit depuis 2007 contre le Président congolais et sa famille.
Au moment de la perquisition, la première dame ne se trouvait pas dans cet appartement, mais dans un autre situé sur l’Avenue Rapp, dans le 7ème. En raison de son calendrier de travail, elle a quitté la capitale française le 4 mars, pour pouvoir présider la célébration de la journée internationale des droits de la femme, le 8 mars, dans son pays.
En tout cas, du côté congolais, ce nouveau développement de l’affaire des biens mal acquis est un véritable grain de sable dans les relations diplomatiques entre la France et le Congo. Et pour montrer la gravité de cette affaire, le Président Denis Sassou-Nguesso aurait décidé d’annuler la visite d’Etat prévue du 5 au 6 avril prochain, à Paris. Là, on est loin de parler de beau fixe, entre l’Elysée et le Plateau.
Urbain NZABANI








