L’ambassadeur par intérim de la République Fédérale d’Allemagne au Congo, Manuel Müller, et sa délégation ont visité, vendredi 14 février 2025, les activités agricoles que réalise la Coofi (Coopérative agricole des femmes d’Ignié Notre-Dame du Perpétuel Secours, au village Mandiélé, situé à 65 km au Nord de Brazzaville, dans le District d’Ignié (Département du Djoué-Léfini). Cette visite a permis au diplomate allemand de se rendre compte de l’utilisation du financement d’un montant de 6 millions 500 mille francs Cfa accordé par le gouvernement allemand à cette coopération, dans le cadre de son projet de «modernisation de la chaîne de transformation du manioc, avec une approche zéro déchet pour une coopérative respectueuse de la biodiversité».
Manuel Müller est satisfait des résultats atteints par les membres de la Coopérative Notre-Dame du Perpétuel Secours, avec l’aide financière allemande. L’agriculture est un secteur générateur de revenus rentables et d’opportunités économiques des membres de la coopérative d’Igné, a-t-il affirmé. Avec la subvention allemande, la coopérative avait pu acquérir quelques équipements dont entre autres, un éplucheur, une presse hydrique, quelques tables métalliques de séchage, un moulin à foufou, une couseuse de sacs et emballage ou sacs vides, pour accroître l’efficacité opérationnelle et améliorer la qualité des produits dérivés du manioc.

La coopérative des femmes d’Ignié, qui compte quinze membres, a été créée à la suite d’un diagnostic réalisé sur l’activité commerciale de transformation des tubercules en chikwangue. Ce diagnostic avait révélé une très faible profitabilité due à plusieurs facteurs, dont principalement la pénurie des matières premières (tubercules de manioc), la détérioration rapide du manioc et le traitement complexe du manioc qui nécessite des équipements et des outils spécifiques, dont les coûts n’étaient pas à la portée des petits agriculteurs.
Pour pallier à certaines difficultés, les membres de la coopérative s’étaient investies dans la production de leur matière première, en plantant trois hectares de manioc, tout en recherchant un appui pour l’acquisition d’outils mécanisés utiles à la transformation du manioc, non seulement en chikwangue, mais aussi en farine et autres dérivés. C’est ainsi que la Coofi s’était lancée dans la production de sa matière première depuis le mois de mars 2023, en louant trois hectares de terres arables sur lesquelles elle a planté du manioc. La récolte était prévue aux mois de mars et juin 2024. C’est en vue de cette récolte qu’elle avait recherché un appui financier.
Pour Mme Véronique Gnékoumou, promotrice de cette coopérative, «l’intégration d’une agriculture mécanisée pourra jouer un rôle-clé dans l’amélioration de la productivité, de la qualité des produits et de la durabilité de l’activité des membres de la Coofi. Ces femmes veulent adopter des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Ainsi, ce projet vise à moderniser une chaîne de valeurs du manioc qui soutient la biodiversité, en mettant en œuvre des pratiques écoresponsables, par la réduction au maximum des déchets générés, tout en augmentant la rentabilité de leur activité économique». Raison pour laquelle la présidente de la coopérative, Mme Eugénie Ntélo, a lancé un appel pour un autre appui devant permettre de faire face à d’autres difficultés.
Pour sa part, le diplomate allemand Manuel Müller, après son constat sur le terrain, a donné son appréciation en ces termes: «J’ai vu des femmes très actives, qui ont eu une très bonne idée, non seulement de produire du manioc de la terre très fertile du Congo, mais aussi de transformer ce manioc en farine. Ces femmes sont vraiment engagées et elles peuvent avoir plus de revenus pour leurs familles. Je peux dire, ici, sur le terrain, que cette initiative des femmes est bonne. Le soutien de l’ambassade d’Allemagne est bien utilisé par les femmes. Le moulin qui est ici profite aussi aux voisins du village, ce qui donne un revenu supplémentaire à la coopérative».
Martin
BALOUATA-MALEKA








