Dans plusieurs quartiers, pourtant bien structurés, de Brazzaville comme de Pointe-Noire, des montagnes de déchets s’imposent comme des décors permanents, même au bord des voies bitumées. Ce phénomène, loin d’être un cas isolé, traduit une responsabilité partagée entre l’incivisme des citadins et l’inaction prolongée des autorités publiques, notamment du gouvernement, des mairies des deux grandes villes du pays et des mairies d’arrondissement. Quelques opérations de salubrité publique sont réalisées, comme le premier samedi du mois, mais elles sont insuffisantes pour éradiquer ce phénomène de décharges sauvages traînant sur la voie publique, particulièrement aux alentours des marchés.
Après le contrat signé le 23 avril 2025 avec le gouvernement pour la délégation de service public de collecte des déchets solides et l’exploitation des services de propreté à Brazzaville et Pointe-Noire, la société Albayrak a officiellement lancé ses activités de propreté et de ramassage des ordures dans la ville capitale, le 19 juin dernier. A-t-elle reçu l’avance d’un mois qu’elle avait exigé? Au regard des moyens logistiques déployés sur le terrain (des agents équipés de balais, de brouettes, etc), il y a de quoi en douter.
Pour sa part, la mairie de Brazzaville a lancé ce qu’elle appelle les Atom (Aires de transit des ordures ménagères), pour réduire les dépôts sauvages d’ordures. Mais, le rythme de collecte, à l’aide des huit camions benne qui lui ont été offerts par la Délégation générale aux grands travaux, grâce à un appui financier de l’A.f.d (Agence française de développement), ne semble pas pour l’instant répondre aux attentes. Il faut vite monter ce projet en puissance, comme disent les soldats, pour un impact significatif. En tout cas, alors que Brazzaville se prépare aux festivités du 65ème anniversaire de l’indépendance, la salubrité publique n’est pas grandement au rendez-vous. C’est timide.
À première vue, les quartiers ont fière allure. Des maisons bien construites, des clôtures nettes. Sur quelques avenues bitumées, on croise des agents se livrant aux travaux de salubrité. Mais, il suffit de marcher un peu plus loin, pour découvrir le même spectacle d’amas de détritus, faits de plastiques, de restes alimentaires, de bouteilles, de cartons, de divers déchets domestiques, s’étendant sur plusieurs mètres carrés, à ciel ouvert et dégageant des odeurs pestilentielles.
Ces décharges sauvages, qu’on peut trouver au bord des avenues bitumées, sont sources de pollution. Certaines sont devenues des montagnes d’ordures ménagères. Elles illustrent la crise de gouvernance urbaine autant que le manque criant de civisme collectif chez les citadins. Chaque jour, les gens déversent leurs ordures dans ces décharges improvisées. Bien qu’ils aient conscience qu’il ne s’agit pas de sites d’évacuation officiels, l’indifférence générale semble l’emporter. Dans plusieurs quartiers à travers la capitale, les gestes individuels se sont banalisés: jeter, brûler, abandonner. Le manque de conscience écologique est flagrant et les effets sont immédiats: pollution de l’air; obstruction des caniveaux; moustiques et insectes; risques sanitaires multiples, odeurs nauséabondes, etc
Mais, si les citadins portent une partie de la responsabilité, les autorités locales ne sont pas exemptes de critiques: absence de poubelles publiques, de signalisation, de contrôle ou de collecte régulière des déchets. Les outils de base d’une gestion municipale efficace semblent faire défaut. Le paradoxe est frappant: alors que les politiques urbaines affichent des ambitions de modernisation, la réalité au sol, elle, reste figée dans l’oubli. À cela s’ajoute une gouvernance fragmentée. Entre la mairie, la préfecture, le Ministère de l’environnement, le Ministre de l’assainissement urbain, du développement local et de l’entretien routier, le Ministère de la santé et de la population, chaque administration tente de prouver qu’elle fait mieux que les autres. Au finish, des discours lénifiant et imbibés de promesses mirobolantes. Mais, la réalité est là, bien triste: pas de système régulier de collecte des ordures ménagères et des décharges sauvages en plein quartiers. On peut au moins se féliciter de ce que la montagne de décharge publique qui s’était formée à quelques encablures du siège de la mairie de Djiri, le 9ème arrondissement de la capitale, précisément à l’Arrêt de bus Bongho-Nouarra, n’existe plus et les habitants n’y jettent plus des ordures. Donc, on peut faire des efforts partout.

Céleste Exaucé SINDOUSSOULOU

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