Les Congolais s’interrogent sur la brusque sortie médiatique, en Conseil des ministres du mercredi 16 juillet 2025, du Chef de l’Etat sur la vieille question du délabrement des installations sportives construites dans le pays, sous son administration. La plupart des Congolais pensent que le délabrement de ces infrastructures est le résultat de sa propre politique, par son manque de réaction quand la question fut soulevée par le gouvernement en 2018. Dans certains stades à l’intérieur du pays, comme à Ewo et Djambala, l’herbe sauvage et même des termitières avaient poussé sur l’aire de jeu. C’est pour dire l’état d’abandon, alors que non seulement l’Etat avait dépensé des milliards de francs Cfa, pour construire ces infrastructures, mais encore le sport en avait bien besoin. Financer les installations sportives sans financer l’activité sportive n’est pas une politique constructive du sport. On en subit les conséquences aujourd’hui.
Tout le monde s’indigna, quand on découvrit, en 2022, les dégâts du pillage au Complexe sportif La Concorde de Kintélé, dont la sécurité est assurée pourtant par la Garde républicaine, un corps de la Gendarmerie nationale dont c’est la mission. La suite est telle qu’il n’y aura ni enquête encore moins de sanction. Mais avant cela, la question avait déjà surgi durant la campagne électorale relative à l’élection présidentielle de mars 2021. En effet, une journaliste de la presse nationale demanda au Président Sassou-Nguesso, candidat à sa propre succession, ce qu’il pensait de l’état d’abandon des installations sportives, compte-tenu de l’inaction du gouvernement. Le Chef de l’Etat lui répondit sous forme de boutade: «Le Président construit les stades et vous voulez qu’il les gère aussi?». Puis, il sollicita une autre question, comme pour dire que celle-là ne méritait pas d’être posée, en s’excusant auprès de la journaliste, pour le manque d’intérêt à sa question, alors que celle-ci était si pertinente et bien à propos. La presse dit toujours ce qui ne va pas. Mais, elle n’est pas écoutée.
Au Conseil des ministres du 16 juillet 2025, soit quatre ans après, le Chef de l’Etat a fustigé le délabrement des infrastructures sportives. Mais, il s’est arrêté là, en se contentant de mettre en place une task-force avec les mêmes membres du gouvernement qui, durant des années, ont brillé par l’inaction sur cette question. Espérons que, rebombés en mode «task-force», ils vont, enfin, travailler pour sauvegarder ces investissements publics dans lesquels l’Etat a englouti des milliards de francs Cfa. Denis Sassou-Nguesso a promis suivre lui-même ce travail. Mais, les Congolais ne se font plus d’illusion, ils savent que, généralement, quand le Chef de l’Etat promet de veiller lui-même, c’est pour ne plus s’attendre à une suite concrète. Attendons de voir, peut-être que cette fois-ci, ce sera l’exception.
Jean-Clotaire DIATOU








