Vie politique nationale

Des leaders de l’intérieur comme de la diaspora appellent à un dialogue
national inclusif

Dans une lettre ouverte publiée le 24 juillet 2025, à Brazzaville, des leaders politiques de l’opposition, autour de Jean-Félix Demba-Ntélo, président en exercice de la Foc (Fédération de l’opposition congolaise) et ceux de la diaspora, à savoir Modeste Boukadia, président du C.d.r.c  (Cercle des démocrates et républicains du Congo), Paulin Makaya, président du parti «Unis pour le Congo», Antoine Pessé, secrétaire national chargé des relations extérieures et africaines de l’U.p (Union pour le progrès), Marion Michel Mandzimba-Ehouango, président de l’Association Marien Ngouabi et éthique, Anicet Kithouca, président de l’Association franco-congolaise des binationaux et Jean-Martin Mbemba, avocat, ancien ministre et ancien parlementaire, appellent les forces vives de la Nation à s’unir pour «organiser ensemble un  vrai dialogue national inclusif devant aboutir notamment à une Transition politique apaisée». Ils partent du constat alarmant que «notre pays traverse une crise multidimensionnelle. Le Congo est un grand malade qu’il nous faut soigner et ce, dans l’esprit de la devise de notre pays: Unité, Travail, Progrès».

Avant cela, les sept signataires de la «Lettre ouverte pour un dialogue national inclusif» posent trois préalables, en appelant à: «la réhabilitation judiciaire et politique totale de tous ceux qui ont été injustement condamnés à l’occasion des différents procès politiques; la création des conditions juridiques, politiques et administratives en faveur de toutes celles et de tous ceux qui ont été contraints à l’exil» et «à la fin des enlèvements et des intimidations des acteurs politiques, des syndicalistes, des activistes de la société civile, des journalistes et des simples citoyens».
Dans leur lettre ouverte, ils partent du constat que «depuis la création de la République du Congo en novembre 1958, État autonome de la Communauté franco-africaine, notre peuple a traversé et traverse encore des situations de détresse majeure, conséquences de différentes tragédies humaines qui ont profondément impacté le pays tout entier, bien qu’à différentes occasions marquantes de son histoire politique, le peuple a toujours montré sa détermination à refonder la République».
«S’agissant des tragédies humaines, on peut commencer par citer les tragiques événements meurtriers de février 1959 à Brazzaville ainsi que les déportations internes des matsouanistes en février 1961. Puis, le 13 août 1963, pendant la répression de l’insurrection populaire des 13, 14 et 15 août 1963, le pays enregistre ses premiers «martyrs de la Révolution», lors de l’assaut populaire devant la Maison d’arrêt de Brazzaville: Massamba Raphaël, Lenda Gaston et Nsiété Pierre, tombés sous les balles d’une unité de la gendarmerie».
Modeste Boukadia, Jean-Félix Demba-Ntélo, Paulin Makaya
Modeste Boukadia, Jean-Félix Demba-Ntélo, Paulin Makaya
Puis, ils évoquent les premiers assassinats politiques sous le régime du Président Alphonse Massamba-Débat, jusqu’à la mort de Guy-Brice Parfait Kolélas en mars 2021. Ils dénoncent les dérives de l’appareil judiciaires qui, selon eux, ne dit plus le droit, en donnant l’exemple des «arrestations et les condamnations, à de lourdes peines d’emprisonnement (20 ans de travaux forcés), de candidats à l’élection présidentielle de 2016: Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi-Salissa ainsi que plusieurs de leurs compagnons».
Ils n’oublient pas les dérives des services de sécurité et de renseignement, en affirmant que «le respect de la vie des personnes en garde-à-vue ou condamnées, a bien souvent été le dernier des soucis des directeurs, commissaires et agents affectés à cette tâche dans ces lieux. Des décès ont été enregistrés dans ces lieux, en février 2013, en décembre 2016, en février 2017 et en juillet 2018».
Concernant la «situation politique, sociale et économique», les sept signataires de la lettre ouverte déplorent le musèlement des libertés. «Il est à noter que les syndicats des travailleurs et les organisations indépendantes des étudiants, ainsi que les partis politiques de l’opposition, ne peuvent ni avoir des espaces publics pour s’exprimer, ni manifester librement», affirment-ils.
«La situation économique du pays est par ailleurs désastreuse. En se référant à l’indice des États fragiles, on constate que la République du Congo réunit plus de 90% des critères de faillite d’un État. Le pays est en situation de surendettement. Environ 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le chômage des jeunes est particulièrement élevé et atteint environ 42%, avec un sous-emploi important dans le secteur informel. Le pays n’a pas réalisé des progrès en matière d’accès à la santé, à l’eau potable, à l’électricité, à une infrastructure routière convenable et à l’éducation. L’université publique est en crise, en plus du fait que, plus de soixante ans après l’Indépendance, il n’y a pas d’université à Pointe-Noire et dans les zones Nord du pays», remarquent-ils.
Pour ce qui est de l’organisation des élections, ils déplorent la non-reconnaissance du droit de vote des Congolais résidant à l’étranger. Ils s’appuient sur le rapport de l’O.i.f (Organisation internationale de la Francophonie) de 2013, pour rappeler les défaillances du système électoral: «Ce qui frappe dans le système électoral congolais (…), c’est une répartition déséquilibrée et gravement disproportionnée des attributions entre le Ministère chargé des élections et la Commission, qui réduit cette Commission à une peau de chagrin et à un rôle de figuration dans le processus électoral. En réalité, souligne le rapport, «la Commission nationale d’organisation des élections n’est Commission d’organisation que par le substitutif «organisation» qui figure dans son appellation. «La Commission apparaît comme une commission figurative». Lors de l’élection présidentielle de mars 2021, l’Union européenne avait fortement critiqué les dysfonctionnements du scrutin: «Manque de transparence, incidences sur les listes électorales, accès médiatique inégal, faible implication de l’opposition». Elle a recommandé des réformes pour améliorer la crédibilité du processus avant les élections suivantes».
Ils considèrent qu’on ne peut pas aller à l’élection présidentielle de mars 2026, «sans que les conditions préalables d’organisation d’une élection libre, transparente, honnête et apaisée ne soient remplies». Ils rappellent que même «les évêques du Congo le soulignaient déjà dans la lettre de la Conférence épiscopale du Congo du 2 février 2021: «Notre peuple est fatigué de ces élections qui fragilisent la cohésion sociale et entachent l’image de notre pays à l’étranger (…). Un dialogue politique le plus large possible est la voie la plus indiquée pour refonder notre Nation sur des bases institutionnelles et morales consensuelles». D’où l’appel au dialogue national sans exclusive. Reste maintenant à savoir comment les Congolais accueillent-ils cette énième initiative des leaders de l’opposition, dont la plupart sont en, dehors du pays.
Jean-Clotaire DIATOU

Lettre ouverte pour un dialogue national inclusif 2025

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