Ainsi donc, le gouvernement, par le biais du Ministère de l’économie, du budget et du portefeuille public a émis des eurobonds sur le marché financier international vendus à hauteur de 670 millions de dollars (soit environ 381 milliards de francs Cfa) au taux d’intérêt de 9,875%, arrivant à maturité en novembre 2032. Le Congo est déjà un pays très endetté. À fin août 2025, le stock de la dette publique s’élevait à 8.418,91 milliards de francs Cfa. Le taux de la dette par rapport au P.i.b (Produit intérieur brut) a évidemment augmenté, se situant au-delà des 93,5%.
Le Congo est un pays très endetté et semble condamné à vivre de dettes. Il s’endette pour payer ses dettes, son fonctionnement et ses investissements. Ses recettes étant aussi englouties en grande partie par le remboursement des dettes. Dans le budget de l’Etat, il est par exemple prévu, entre mai et décembre 2025, de rembourser un total de 1.249,29 milliards de francs Cfa de dette publique.
Là où l’on rêvait d’émergence en 2025 et de fonds pour les générations futures, il n’y a plus que des dettes à rembourser. Pendant ce temps, les générations présentes sont soumises à une vie de sacrifices. Il faut s’habituer à vivre avec les privations d’électricité, les pénuries d’eau courante, les perturbations ou les interruptions des télécommunications, l’inconfort du transport en commun, le chômage des jeunes, etc. On apprécie souvent la capacité de résilience des Congolais. Mais, si de l’autre côté, au niveau des pouvoirs publics, il y avait des efforts cohérents d’améliorer la gouvernance publique, le calvaire des populations aurait été allégé. Depuis des années, on est confronté aux mêmes difficultés, aux mêmes problèmes. Des experts économistes tirent la sonnette d’alarme sur le niveau alarmant de l’endettement public induit par plusieurs facteurs comme le train de vie de l’Etat et le règne des antivaleurs dans la gestion publique, la surfacturation des marchés publics, la non-maîtrise ou la mauvaise qualité de la dépense publique, etc.
En dehors des réformes induites souvent par le contexte international, force est de constater le manque de volonté politique de réduire le train de vie de l’Etat. Autrement, on ne voit que des mesures provisoires comme la suspension des missions à l’étranger des membres du gouvernement. Quoiqu’il en soit, par la force des choses, le ralentissement du train de vie de l’Etat se manifeste déjà un peu partout, puisque les budgets ne sont plus mobilisés comme avant. On apprend que dans certains cabinets ministériels, les indemnités connaissent des mois de retard. Dans certaines institutions nationales, le personnel n’est plus régulier au travail. Bref, la bérézina!
Ce n’est qu’en réduisant le train de vie de l’Etat de manière formelle et harmonisée, en instaurant la bonne gouvernance, en luttant contre les anti-valeurs, etc, qu’on pourra transformer la dette en opportunité de développement. Autrement, c’est la corde au cou, que de vivre de dette en dette!
L’HORIZON AFRICAIN



