Commentaire

Electricité: mais que veulent donc
les syndicalistes de E2c?

La Commission technique interministérielle mise en place par décret du Premier ministre, le 5 mars 2025, a pour mission de recueillir les propositions des syndicats de E2c (Energie électrique du Congo), pour les intégrer dans la convention d’affermage signée avec la Senelec ((Société nationale d’électricité du Sénégal). Après la première réunion de cette commission, le 25 avril dernier, il s’avère que les syndicalistes ont changé de position. Ils demandent désormais le rejet pur et simple de cette convention. Du coup, c’est l’incertitude face à l’avenir du service de l’électricité, dont les conditions de production et de transport ont pourtant besoin d’investissements urgents.

Depuis la signature des conventions, les syndicalistes de E2c ont toujours trouvé que le modèle choisi par le gouvernement est peu recommandable et surtout, ils s’opposent au choix du seul concessionnaire national qui a pris la gestion du barrage hydroélectrique de Liouesso, pourtant en partenariat avec une société chinoise. Ils s’opposent aussi à l’éclatement de leur entreprise qui, pour eux, doit garder ses fonctions de production, de transport et de commercialisation de l’électricité. Ce qui n’est plus possible, dans l’environnement actuel où l’Etat ne peut plus investir seul dans ce domaine. Donc, dès le départ, on peut comprendre qu’ils sont en réalité opposés aux réformes du secteur de l’électricité.
Les travailleurs de E2c avaient infligé un carton rouge à la convention d’affermage, avant d’accepter le dialogue avec le gouvernement. Mais, maintenant, ils veulent changer d’attitude
Du coup, ils regardent avec beaucoup de méfiance les conventions passées par le gouvernement, pour la gestion des quatre barrages hydroélectriques. Pourtant, ceux-ci ont besoin d’investissements urgents. Le barrage du Djoué (15 mégawatts), qui garde encore un personnel de six agents, est en arrêt de production depuis avril 2007 et a été mis en concession. Le barrage de Moukoukoulou (74 mégawatts) fonctionne partiellement, avec un personnel de 66 agents, et n’a connu, jusque-là que quelques menus travaux d’entretien. Mis en activité en 2010, le barrage d’Imboulou (120 mégawatts), avec un personnel de 51 agents, a besoin d’investissements pour assurer sa maintenance. Enfin, le barrage de Liouesso (19,2 mégawatts), lancé en 2016 et disposant d’un personnel de 39 agents, fonctionne en réseau isolé, mais en régime dégradé, à cause de la faible demande en électricité de la ville de Ouesso et d’un besoin urgent de révision.
Quant à l’affermage de la commercialisation de l’électricité par E2c, les points d’inquiétude soulevés par les syndicalistes ont pourtant trouvé des réponses auprès du gouvernement. Malgré cela, les syndicalistes ont changé d’attitude, en exigeant désormais la suppression de la convention d’affermage. Face à ce blocage, la Commission technique interministérielle ne sait plus comment avancer.
Non seulement cette attitude des syndicalistes plonge la société E2c, très endettée auprès de la C.e.c (Centrale électrique du Congo) à Pointe-Noire, dans l’incertitude, mais encore, elle la condamne à un statu quo qui fragilise la situation sociale des salariés.
D’où les tensions au sein de cette société où les agents réclament, désormais, le départ du directeur général, Jean-Bruno Danga Adou, pour «mépris et maltraitance des consommateurs, malversations financières, non-paiement des factures de la C.e.c, absence de documents comptables, bilan inexistent et fournisseurs fictifs».
Le D.g Danga Adou et les agents de sa société lors de sa décoration comme ambassadeur de la paix: les syndicalistes ne veulent plus de lui à la tête de la société.
Directeur général adjoint de E2c à sa création, Jean-Bruno Danga Adou a succédé, en février 2019, à feu Louis Kanoha Elenga au poste de directeur général. Depuis, il fait la pluie et le beau temps dans cette société anonyme, dotée d’un Conseil d’administration dépourvu d’autorité réelle sur la gestion. Fort du soutien du Chef de l’Etat, qui apprécie beaucoup ses numéros de danse traditionnelle qui l’ont rendu célèbre dans les réseaux sociaux, il mène un front de résistance à la politique de réformes du secteur de l’électricité mise en œuvre par le gouvernement, s’opposant à la concession des barrages hydroélectriques. De là à mettre sur sa tête l’intense mouvement syndical qui a rejeté vigoureusement la convention d’affermage de la commercialisation de l’électricité, il n’y a qu’un pas qui a été du reste franchi. L’on pense qu’il a lui-même instigué ce mouvement, pour continuer à garder la haute main sur E2c, devenue comme une société unipersonnelle. Il n’y a qu’à voir les griefs que lui portent ses propres travailleurs, pour s’en convaincre. Ayant compris la manigance, les travailleurs se sont désormais retournés contre lui, en exigeant son départ. Que dit le Conseil d’administration dirigé par Mme Lydie Delphine Oboa? En tout cas, l’avenir du service de l’électricité au Congo demeure incertain, si le gouvernement n’entreprend pas des mesures appropriées, pour avancer.
Jean-Clotaire DIATOU

Oh bonjour
Ravi de vous retrouver.

Inscrivez-vous pour recevoir du contenu génial dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici