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Electricité: un drame vers Mindouli fait deux morts et prouve l’incertitude de l’avenir

Deux agents d’Oceana, une société de sous-traitance travaillant avec la société d’entretien des lignes haute tension et très haute tension (T.h/T.h.t) de E2c (Energie électrique du Congo) sont morts électrocutés, samedi 19 avril 2025, dans la matinée, vers Mindouli, dans le Département du Pool. Ce drame à l’origine d’une coupure d’électricité pendant près de 8 heures, ce jour-là, dans les quartiers de la capitale, Brazzaville, témoigne des incertitudes qui planent sur le service de l’électricité, toujours en proie aux coupures. Le tableau des centrales hydro-électriques est alarmant. Toutes les infrastructures de E2c sont dans un état technique en dégradation. Depuis plus de 20 ans voire plus, elles n’ont pas connu d’entretien ni de révision. Pendant ce temps, les syndicats s’opposent aux conventions de gestion et d’affermage, sans rien proposer de concret à la place.

Le 5 mars 2025, le Premier ministre chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, mettait en place, par décret, une commission technique interministérielle, chargée de réexaminer la convention d’affermage du service public de distribution, en vue de la vente de l’électricité en République du Congo. Depuis, plus rien! On n’entend plus parler de cette commission qui aurait pu déjà adresser ses conclusions au gouvernement, quand on sait que le secteur de l’électricité au Congo a besoin d’investissements urgents, pour le réhabiliter, afin que le service public d’électricité réponde aux attentes pressantes des usagers. Au contraire, c’est le statut quo qui prévaut, avec à Brazzaville, des coupures quotidiennes d’électricité.
Réparation sur une ligne T.h.t
Les deux victimes décédées par électrocution
La mise en place de cette commission faisait suite au grand mouvement de contestation déclenché par le Collège intersyndical qui avait mobilisé les cadres et agents de E2c, le 21 février dernier, pour rejeter la signature, le 13 février, de la convention d’affermage entre le gouvernement et la Senelec (Société nationale d’électricité du Sénégal). Pour éteindre cet incendie social, le gouvernement avait dû s’assoir autour d’une table, avec les responsables du Collège syndical, pour un dialogue dont la conclusion était la mise en place d’une commission ayant mission de revoir la convention d’affermage.
Sauf que, ce qui paraissait urgent semble être tombé dans l’oubli. Pendant ce temps, on n’entrevoit pas le bout du tunnel. D’où les soupçons sur les leaders syndicalistes qui se délectent du statut quo qui leur permet de continuer à profiter des recettes de la société, quand bien même que celle-ci est déficitaire. Pour eux, le seul scénario valable est que l’Etat continue de financer la construction, la révision et l’entretien des infrastructures de production et de transport de l’électricité, comme cela se faisait toujours depuis l’indépendance du pays. A eux les recettes, surtout qu’ils n’ont de compte à rendre à personne. Le conseil d’administration mis en place étant en réalité constitué de cadres qui n’attendent que leurs émoluments.
Or, très endetté, l’Etat n’a plus d’argent à mettre dans les infrastructures d’électricité. D’où la politique de réformes conduisant à la privatisation de leur gestion, et qui a commencé en 2001, avec la libéralisation du secteur de l’électricité. Les quatre barrages hydro-électriques (Djoué, Moukoukoulou, Imboulou et Liouesso) ont été donnés, en convention de gestion, par appel d’offres, à des sociétés privées nationales et internationales. La commercialisation de l’électricité par E2c a été cédée en affermage, toujours par appel d’offres, à la société sénégalaise d’électricité.
Mais, les syndicalistes s’y opposent. Conséquence, le gouvernement n’arrivant pas à peser de tout son poids pour faire passer la pilule, le statu quo demeure. A Brazzaville, les coupures d’électricité font partie du quotidien, avec des conséquences néfastes au plan socio-économique. Le gouvernement est dans l’impossibilité de concrétiser la promesse du Président de la République d’assurer un service d’électricité convenable aux populations. Certains pensent que «nous allons droit vers un suicide collectif, en faisant la volonté des syndicats».
Jean-Clotaire DIATOU

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