Le Président américain, Donald Trump, a proclamé, mercredi 4 juin 2025, à Washington, une mesure interdisant l’entrée du territoire des Etats-Unis aux ressortissants de 19 pays. «Cette décision s’inscrit dans une stratégie de sécurité nationale élargie incluant les risques de financement du terrorisme, de corruption et d’instabilité régionale», explique le gouvernement américain. 12 de ces pays, dont la République du Congo, sont visés par une interdiction complète d’entrer aux Etats-Unis de leurs ressortissants, depuis le lundi 9 juin. Cette décision sera évaluée tous les 90 jours (trois mois), puis tous les 180 jours, par la suite, afin de déterminer s’il convient de la prolonger, la résilier ou la modifier.

La République du Congo, pays d’à peine six millions d’habitants en Afrique centrale, se retrouve parmi les douze pays épinglés par le Président américain, Donald Trump, comme menaçant la sécurité des Etats-Unis. «Conformément au Décret 14161 du Président Trump, publié le 20 janvier 2025 et intitulé, «Protéger les États-Unis des terroristes étrangers et des autres menaces pour la sécurité nationale et la sécurité publique», les agences de sécurité nationale ont procédé à une évaluation approfondie du risque que les pays représentent pour les États-Unis, notamment en ce qui concerne le terrorisme et la sécurité nationale», rapporte le décret signé par le locataire de la Maison Blanche.
«La proclamation restreint et limite totalement l’entrée des ressortissants de 12 pays jugés déficients en matière de contrôle et de filtrage et considérés comme présentant un risque très élevé pour les États-Unis: Afghanistan, Birmanie, République du Congo, Guinée équatoriale, Érythrée, Haïti, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Tchad et Yémen», poursuit le décret.
Le gouvernement américain reproche au Congo une «présomption de financement du Hezbollah via des réseaux libanais à Brazzaville. Le Conseil national de sécurité américain (N.s.c) enquête sur des flux financiers soupçonnés de soutenir le Hezbollah. Rodrigue Nguesso (conseiller et neveu du Président Denis Sassou-Nguesso) a été reçu en mai 2025, à Washington, pour discussions sur ce sujet», signale l’administration américaine. Signalons que le Hezbollah (Parti d’Allah), est un parti politique libanais doté d’un groupe paramilitaire chiite. Il est considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et de nombreux autres Etats. Ce qui n’est pas le cas au Liban.
A Brazzaville, Jean-Claude Gakosso, ministre des affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger a convoqué l’ambassadeur américain, Eugene S. Young, pour explication. Le diplomate américain a préféré botter en touche, dans ses explications devant la presse congolaise, au sortir de son entrevue avec Jean-Claude Gakosso: «Il n’y a pas d’impact sur les relations fondamentales, parce que ce sont de vieilles relations, des relations profondes concernant nos deux pays. C’est le 65ème anniversaire de nos relations bilatérales cette année. Je vais continuer ces discussions avec nos collègues diplomates ici au Congo et dans les prochains jours, on peut en parler un peu plus. Mais, c’est une question de dialogue diplomatique tout d’abord. Pour les détails, on va continuer avec nos partenaires congolais, pour relever ce défi». On attend de savoir la suite de cette affaire, ce que le gouvernement entend faire pour amener Donald Trump à retirer la République du Congo de son «Travel ban».

Urbain NZABANI

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