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Exploitation forestière dans le Département de la Lékoumou : Des comités de suivi pour une participation effective des communautés locales

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Photo de famille autour du prêtre après les échanges au village Ngonaka

Proposés par la C.j.p (Commission justice et paix) de l’Archidiocèse de Pointe-Noire, les comités de suivi s’annoncent déjà comme le début d’une participation effective et active des communautés locales du Département de la Lékoumou à la gouvernance de leurs ressources forestières. Initiative en lien étroit avec la législation congolaise et favorablement accueillie.

Un beau matin du 30 novembre 2023, au village Mbaka, dans le District de Sibiti, chef-lieu du Département de la Lékoumou, en plein branle-bas des préparatifs pour les travaux champêtres, la cloche de la chapelle Saint-Dominique sonne et tout s’arrête.

L’exploitation forestière doit aussi bénéficier aux communautés locales.

C’est l’appel du Seigneur à travers une délégation de la Commission justice et paix. L’équipe est conduite par l’abbé Dieudonné Louzaya, curé de la paroisse Notre-Dame de Lourdes de Sibiti, du doyenné de la Lékoumou, dans le diocèse de Nkayi. La délégation comprend trois autres responsables, Romaric Ndzakou-Ndzakou, chargé de programmes à la C.j.p du diocèse de Nkayi, Victor Serra Bakala, chargé de programmes à la C.j.p du diocèse de Dolisie, et Delicia Tchissambou, respectivement, assistante à la communication au sein de la C.j.p Pointe-Noire. «Ces membres de la Commission justice et paix qui est un service de notre église spécialisé dans la défense et la promotion des droits de l’homme sont venus échanger avec vous sur les questions d’exploitation forestière», a dit le serviteur de Dieu à la trentaine de personnes ayant répondu à l’appel.
Cette mission s’inscrit dans le cadre de la pastorale de la gouvernance forestière dans les Départements de la Lékoumou, du Niari et du Kouilou. Le programme est exécuté grâce à l’appui des partenaires techniques et financiers, à savoir: le C.c.f.d (Comité catholique contre la faim et pour le développement), le Secours catholique Caritas France ainsi que l’O.n.g Misereor de l’Église d’Allemagne.
Comme le village voisin de Mapati où la délégation s’était rendue le lendemain, ainsi que bien d’autres localités du District de Sibiti, Mbaka est situé dans l’Ufe (Unité d’exploitation forestière) Mapati qu’exploite la société Sipam, en joint-venture avec l’entreprise Amphtill Industries. La même mission sera menée au village Ngonaka dans le District de Komono. Cette fois-ci, sous la conduite de l’abbé Joseph Mbéri, curé de la paroisse Christ-Roi de l’Univers de Komono. Ici, c’est l’Ufe de Mpoukou-Ogooué exploitée par l’entreprise Sicofor (Sino-Congo forêt). Durant cette mission, il a été question «d’identifier les retombées de l’exploitation forestière sur le quotidien des populations de votre village», a dit Romaric Nzakou-Nzakou. «Afin d’évaluer ces retombées, nous allons vous poser une série de questions», a précisé Victor Serra Bakala.

Les autochtones dans le dur

L’équipe déroule ainsi un questionnaire de plusieurs questions dont l’épineux problème de l’exécution du cahier de charges. «Comment voulez-vous que nous soyons impliqués dans le suivi de l’exécution du cahier de charges, si nous ne sommes pas associés à son élaboration? Il n’y a pas dialogue entre les entreprises et nous. Vous êtes les seuls à initier des échanges avec nous sur cette question de l’exploitation de nos ressources forestières», révèle Sylvie Chantale Edimouebati du village Mbaka.
Les populations épinglent aussi les méthodes de recrutement et les conditions de travail dans les compagnies forestières. «J’ai travaillé pendant huit ans. Tous les six mois, la société résiliait le contrat, prétextant la baisse d’activités. Et on me payait 50 mille francs Cfa, en guise d’indemnité de fin de contrat», déplore Martial Tsiba Madzou, ancien conducteur de bulldozer à la société Sipam, aujourd’hui au chômage.
Les autochtones aussi ont leurs problèmes. «Nous, autochtones, sommes sous-représentés dans les compagnies. On nous a délogés de notre habitat et on nous interdit de faire des prélèvements pour des besoins de subsistance», dénonce François Ngari, un autochtone de Mapati.
Le malaise est davantage profond dans l’Ufe Mpoukou-Ogooué, dont le plan d’aménagement est déjà validé: répartition en séries (développement, exploitation, etc.), cadres de concertation déjà fonctionnels, fonds de développement local… Cette Ufe a, désormais, tous les atouts pour contribuer au développement durable des C.l.p.a (Communautés locales et des peuples autochtones) de la zone.
Mais les résultats tardent encore à tomber. «Jusqu’ici, on ne débat pas encore des cahiers de charges, encore que je n’en connais pas le contenu. On nous dit que pour l’instant, on doit d’abord discuter du Fonds de développement local», se plaint Gilbert Madzou, représentant de Ngonaka au sein du cadre de concertation de l’Ufe.
Constitué à partir d’un prélèvement de 200 francs Cfa par mètre-cube de bois coupé, le Fonds de développement local est censé financer les activités génératrices de revenus, afin de contribuer à la lutte contre la pauvreté au sein des communautés. Depuis 2018, Mpoukou-Ogooué a déjà généré 39 millions de francs Cfa, à répartir dans les quatre villages de l’Ufe.

Début de solution

Ces pratiques mettent en lumière une gouvernance forestière unilatérale qui ne tient pas compte des besoins réels des riverains d’exploitations forestières. Pourtant, la loi n°33-2020 du 8 juillet 2020 portant code forestier exige une gouvernance forestière inclusive et participative. La C.j.p propose ainsi la mise en place des comités de suivi de la gouvernance forestière dans les différentes localités couvertes par le projet. «Le code forestier dit clairement que les populations doivent participer à l’élaboration des cahiers de charges. C’est de votre droit d’avoir un œil sur l’exécution du cahier de charges (article 136, N.d.l.r). D’où la mise en place des comités de suivi que nous initions aujourd’hui», explique Romaric Ndzakou-Ndzakou.
En attendant leur opérationnalisation lors de futures descentes, ces comités rencontrent déjà l’assentiment des C.l.p.a. «L’idée est très bonne. Nous allons y participer de manière citoyenne», promet par exemple Jean-Bita Saya qui s’est montré volontaire, pour faire partie du comité de suivi pour le compte du village Ngonaka.

John NDINGA-NGOMA

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