Lutter contre les pratiques illicites dans la chaîne d’exportation du bois. C’est le sens qu’on peut donner à l’atelier de formation sur l’intégrité, l’éthique et la transparence à l’attention des acteurs de la chaîne d’approvisionnement du bois au Congo, organisé, du 25 au 26 août 2025, à l’Hôtel Mickhael’s, à Brazzaville, par la R.p.d.h (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme) et Transparency international-Cameroun, pour sensibiliser les cadres de l’Etat, les responsables du secteur privé et les acteurs de la société civile sur les pratiques illicites qui affectent la gouvernance du secteur forestier au Congo. Parmi les recommandations adoptées, lors de cet atelier, il y a celle sur l’élaboration d’un code d’éthique adapté aux réalités locales, dans le secteur du bois.

Organisé dans le cadre du Projet de renforcement de la légalité de l’approvisionnement en bois en Chine, pour réduire la déforestation, mis en œuvre par le bureau programme de l’organisation Traffic pour l’Afrique centrale, basée à Yaoundé, au Cameroun, avec l’appui financier de l’Agence norvégienne de coopération pour le développement (Norad), l’atelier de formation sur l’intégrité, l’éthique et la transparence dans le secteur du bois était ouvert et clôturé par Maixan Guillaume Tabaka, inspecteur général des services de l’économie forestière. Il a regroupé les cadres de plusieurs départements ministériels (Ministère de l’économie forestière, Ministère en charge de l’environnement, Ministère de la santé et de la population, Ministère en charge du travail, Ministère en charge de l’agriculture), des administrations publiques (douanes, gendarmerie, police), du secteur privé et de la société civile.

Les participants à la fin des travaux

Les travaux se sont déroulés sous l’égide de Christian Mounzéo, coordonnateur national de la R.p.d.h, et de Patrice Kamkuimo, chargé de programme sénior de gouvernance forestière et de commerce à Traffic international. Les échanges ont porté sur une série de sous-thèmes dont, entre autres: «Etat des lieux de la gouvernance forestière au Congo»; «Regard du secteur privé sur la gouvernance forestière au Congo»; «Pratiques illicites identifiées dans la chaîne d’approvisionnement du bois» et «Intégrité, éthique et transparence».
A l’ouverture des travaux, Christian Mounzéo a souligné que «dans le cas du Congo, la forêt est la seconde ressource naturelle qui alimente le budget de l’Etat. Elle contribue dans une grande mesure au soutien de l’économie nationale. Par ailleurs, le bois du Congo est principalement vendu en Asie et en Europe, directement ou indirectement. A cet égard, la chaîne d’approvisionnement du bois devrait être intègre, éthique et transparente, afin que l’exploitation soit profitable non seulement à l’Etat en termes de taxes, mais aussi aux communautés locales et populations autochtones».
Patrice Kamkuimo a dégagé l’intérêt de cet atelier, en précisant que «Traffic a apporté cet appui dans le cadre d’un projet financé par l’Agence de coopération norvégienne, pour appuyer principalement les pays producteurs de bois, notamment le Cameroun et le Congo, pour pouvoir améliorer la chaîne d’approvisionnement en bois pour les principaux marchés. Ce projet travaille du côté de l’offre et du côté de la demande, en visant deux pays asiatiques, la Chine et le Viêt-Nam».
Pour sa part, Maixan Guillaume Tabaka a insisté sur le fait que «depuis 2000, le Congo s’est engagé, en se dotant des instruments et mécanismes nécessaires, pour une gestion durable des forêts, impliquant l’ensemble des parties prenantes. Dans le cadre de la transparence de la gestion des ressources forestières, le Congo a été parmi les pionniers de la sous-région à avoir permis à la société civile d’exercer un contrôle indépendant de l’application de la loi forestière. De même, plusieurs efforts sont fournis pour renforcer la légalité et la traçabilité de bois produit au Congo. Toutefois, nous sommes conscients que plusieurs défis restent à surmonter. Mais, ces défis ne sont pas une fatalité. Ils peuvent parfaitement trouver solution».
A la lumière des débats, les participants ont pu renforcer leurs capacités et adopter des stratégies efficaces, en vue de renforcer les pratiques éthiques dans le circuit d’approvisionnement du bois. A la fin des travaux, des recommandations ont été formulées, parmi lesquelles il y a celles sur l’élaboration d’un code d’éthique adapté aux réalités locales; la mise en place d’une politique d’appropriation de ce code; le suivi strict de son application et le renforcement des capacités des acteurs du secteur forestier. Selon Christian Mounzéo, «le code d’éthique que nous allons consolider doit se vêtir des couleurs de notre contexte».
A noter que la gestion durable des forêts exige non seulement le respect scrupuleux des textes et règlements par tous les acteurs, mais aussi et surtout la transparence dans la chaîne d’approvisionnement du bois. Ainsi, tout bois exporté du Congo doit répondre aux normes et standards de conformité et de légalité en vigueur, tel que le stipule, entre autres, l’Accord de partenariat volontaire (A.p.v) ratifié par le Congo. C’est pourquoi la société civile s’implique activement dans les activités de suivi visant à conforter cet objectif.

Martin
BALOUATA-MALEKA

Oh bonjour
Ravi de vous retrouver.

Inscrivez-vous pour recevoir du contenu génial dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici