La situation des projets financés par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme n’est pas reluisante. Et pour cause, le gouvernement ne respectant pas son engagement de financer sa contrepartie, le Fonds mondial menace de réduire de 15%, les subventions accordées à la République du Congo. Ce qui va aggraver la situation déjà précaire des bénéficiaires de ces projets, notamment les personnes vivant avec le V.i.h-sida, les tuberculeux, les femmes et les enfants malades de paludisme. D’où l’appel de Mme Esmo Valérie Maba Moukassa, présidente en exercice du C.c.n (Comité de coordination national des projets financés par le Fonds mondial), en direction du gouvernement afin d’urger le versement de la contrepartie du Congo.
La question avait surgi début mars dernier, lors du séjour à Brazzaville d’une délégation du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, conduite par le gestionnaire du portefeuille Congo, Lionel Caruana. En effet, lors d’un atelier de restitution organisé le vendredi 4 mars, dans la salle de conférence de l’immeuble A.o.g.c, avec la participation des députés membres de la Commission santé, affaires sociales et genre de l’assemblée nationale, des coordonnateurs des projets de santé, des membres des associations de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et des élèves de l’Ecole paramédical Jean Joseph Loukabou, Mme Valérie Maba avait, dans son discours d’ouverture de l’atelier, demandé «la concrétisation des décaissements des fonds de la contrepartie congolaise, dont les dossiers sont en souffrance au niveau du Trésor public depuis décembre 2024».
Selon elle, «le paiement de la contrepartie a été ordonné sous la haute instruction du Président de la République, qui a à cœur les problèmes de santé des Congolais. Nous aimerions comprendre pourquoi cette instruction présidentielle n’a pas encore été concrétisée, mettant en péril les subventions actuelles du Fonds mondial, qui seront réduites de 15%. Cela signifie que plus de 20 mille personnes ne recevront plus leur traitement A.r.v dans les jours à venir, plus de 4 mille tuberculeux n’auront plus leur traitement et 20% de la population congolaise n’auront plus accès aux campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées».
«La rupture des antirétroviraux due au non-respect des engagements de l’Etat vis-à-vis du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme menace la vie de plusieurs milliers de Congolais dont je fais partie. Le non-respect des engagements de l’Etat entraînera, dans les jours à venir, une réduction de 15% des subventions accordées à la République du Congo par le Fonds mondial, aggravant ainsi une situation déjà précaire», avait-elle déclaré. Si le gouvernement ne fait rien, «toutes les personnes vivant avec le V.i.h organiseront des marches pacifiques à travers le pays, pour faire entendre leur voix et demander une solution légitime».
Dans cette détresse, la bonne nouvelle est que «grâce au plaidoyer de l’équipe pays du Fonds mondial, notre pays bénéficie, aujourd’hui, d’un don de plus de 90 millions d’euros, pour la période 2024-2026. Ces subventions permettent d’atteindre des niveaux satisfaisants pour les indicateurs de santé relatifs à ces trois pandémies».
Enfin, la présidente du C.c.n a attiré l’attention «sur le contexte financier mondial actuel, qui conduit à une réduction de l’aide publique au développement et à l’arrêt de plusieurs projets de santé et de développement dans de nombreux pays», à cause des coupes budgétaires par l’administration Trump, aux Etats-Unis, et qui mettent en péril notamment les secteurs de la santé, l’éducation et l’agriculture, en Afrique et dans les pays en voie de développement. C’est pourquoi la contrepartie de l’Etat congolais dans le financement de ces programmes de santé est très importantes.
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA








