La saison sportive est ouverte le 14 août 2025 et close le 14 août 2026 indique le chronogramme des compétitions publié par la Fecofoot. Dans ce cadre, le championnat national de football de Ligue 1 était prévu pour être lancé le samedi 13 septembre 2025. Et bien, à cette date, le championnat national n’a pas pu commencer, et pour cause, les stades sont fermés. Pour des raisons de travaux, indique-t-on du côté du Ministère en charge des sports. Mais tout le monde sait que c’est l’arbre qui cache la forêt. Il y a un malaise profond, qui menace de nouveau de paralyser le football congolais. Ça sent le soufre!
Lors d’une réunion en session ordinaire, le vendredi 22 août dernier, à Brazzaville, le Comité exécutif de la Fécofoot a constaté que le Ministère en charge des sports continue de lui opposer le refus d’ouvrir les stades. Le vendredi 12 septembre, lors d’une réunion technique entre les dirigeants de la Fécofoot et les cadres du Ministère en charge des sports, ceux-ci ont avancé que le Stade Alphonse Massamba-Débat ne pouvait pas être ouvert, pour des raisons de travaux. Avant cela, c’est le stade de Dolisie qui n’a pas été mis à la disposition de l’équipe locale. Conséquence, le démarrage du championnat national de Ligue 1 n’a pas pu avoir lieu.
Le lendemain samedi 13 septembre, est sorti un inattendu «Collectif des membres de la Fécofoot». Qui n’est pas sans rappeler l’histoire d’une certaine commission ad hoc. Au cours d’une conférence de presse, Léon Loubanda a, au nom de ce collectif, dénoncé l’organisation du championnat national qui, selon lui, «est émaillé d’irrégularités manifestes», en demandant à ce que les auteurs de ces irrégularités, notamment le président et le secrétaire général de la Fécofoot, soient sanctionnés.
Avant cela, plusieurs faits démontrent les relations exécrables entre le Ministère en charge des sports et le Comité exécutif de la Fécofoot. Tout le monde sait que le président de la Fécofoot, Jean Guy-Blaise Mayolas, et le secrétaire général, Badji Mombo Wantété, sont interdits de sortie du territoire national, depuis la levée de la sanction de la Fécofoot par la Fifa. Personne ne sait la décision judiciaire qui leur vaut une telle privation de liberté, dans un pays qui se dit démocratique. Il y a eu ensuite l’interpellation des deux dirigeants, par la C.i.d (Centrale d’intelligence et de documentation). Après des interrogatoires, ils avaient été remis en liberté, mais tenus de rester à la disposition des enquêteurs.
Badji Mombo Wantété sera ensuite arrêté à son domicile par la C.i.d et placé en garde-à-vue pendant près d’une semaine, avant d’être libéré sans suite judiciaire. On lui reprochait d’avoir divulgué dans les réseaux sociaux, les convocations qui leur étaient adressées.
Les deux dirigeants du football congolais font par ailleurs l’objet de deux plaintes successivement, au Tribunal de grande instance de Brazzaville, subissant ainsi une pression judiciaire de nature à ne pas leur laisser la quiétude nécessaire à la gestion des affaires sportives. La deuxième plainte, qui aurait été faite contre eux par le Ministère en charge des sports, les accuse de détournements de fonds. Mais, la Fécofoot ne gère que les fonds qu’octroie la Fifa et la Caf et non les fonds publics congolais. Les deux institutions sont bien organisées pour suivre la gestion de leurs fonds dans les fédérations, à travers le monde. Si le gouvernement congolais a des soupçons de détournements de fonds, comme on l’a fait publier dans un journal anglais, il devra travailler avec les deux institutions, pour les en convaincre, afin que les poursuites judiciaires soient engagées. Mais, il ne peut pas le faire seul.
Récemment, des rumeurs ont été divulguées dans les réseaux sociaux, faisant état du limogeage, par la Fifa, des deux dirigeants de la Fécofoot. Evidemment, tout ça n’est que «fake news», mais révèle bien là où l’on veut arriver. D’où vient ce climat? Pourquoi les stades sont-ils fermés au football? Est-ce la nouvelle politique de développement du sport au Congo? Au lieu de faire rouler le ballon, on préfère abattre des têtes. A cette allure, on finira bien par chanter un jour le requiem du football congolais.
Urbain NZABANI







