Indépendance de la République du Congo

Fulbert Youlou et André Malraux, deux acteurs qui ont officiellement scellé
la souveraineté du Congo

Les manifestations officielles marquant la proclamation de l’indépendance de la République du Congo commencèrent le samedi 14 août 1960, jour de l’arrivée à Brazzaville d’André Malraux, ministre d’État, ministre des affaires culturelles dans le gouvernement du Premier ministre Michel Debré, venant de Bangui, en République Centrafricaine, à la tête d’une délégation du gouvernement français comprenant Jean Foyer, secrétaire d’État chargé des relations avec la Communauté, Jacques Foccart, secrétaire général aux affaires africaines et malgaches de l’Élysée, et Yvon Bourges, ancien haut-commissaire général à Brazzaville.

Le tout commence le jour même du samedi 14 août, par le dépôt de gerbes de fleurs au pied de la Statue de Félix Eboué, au stade portant le même nom à Poto-Poto, et au Monument De Brazza, situé en face de la Case De Gaulle (résidence de l’ambassadeur de France), sur la corniche de Bacongo.
Fulbert Youlou, au milieu, André Malraux, à gauche, arrivés au défilé de l’indépendance du Congo, le 15 août 1960.
La signature des accords entre le Président Youlou et le secrétaire d’Etat Jean Foyer
Peu avant minuit, André Malraux et sa délégation participent, ensuite, dans les jardins de l’Hôtel du commissaire général du gouverneur de Brazzaville, actuel Palais du peuple, à la cérémonie officielle de transfert des pouvoirs, avec le Président Fulbert Youlou. Les deux hommes y prononcent leurs premiers discours sur l’indépendance de la République du Congo. Tout est arrangé pour que le discours d’indépendance du Président Youlou soit prononcé après minuit, donc le 15 août. «Notre accession à l’indépendance se réalise dans la paix et l’unité, en complet accord avec la France à laquelle nous adressons notre gratitude et notre affection», dit le Président Youlou qui rend hommage, par la suite, au Président français Charles De Gaulle. Quand les hymnes sont exécutés, 101 coups de canon sont tirés.

Au lever du jour, le Président Fulbert Youlou, accompagné du ministre André Malraux, participe à la messe célébrée à partir de 8h, par l’archevêque, Mgr Michel Bernard, en la Basilique Sainte-Anne, à Poto-Poto. Puis, ils se rendent à la deuxième et dernière séance de la session extraordinaire de l’assemblée nationale, à Bacongo, puisque celle-ci avait son siège dans le bâtiment de l’actuelle Faculté de droit, en face du Lycée Savrognan De Brazza, sous la direction de son président, Alphonse Massamba-Débat. Il faut préciser que cette session extraordinaire s’est tenue sur deux jours (le samedi 14 et le dimanche 15 août), pendant quelques heures. A la deuxième séance, des accords de coopération entre la France et le Congo, signés par le Président Youlou et le secrétaire d’Etat Jean Foyer, après ceux signés en juillet 1959, sont immédiatement entérinés par l’assemblée nationale. André Malraux y donne lecture du message du Président De Gaulle, reconnaissant l’indépendance de la République du Congo, alors que le Président Youlou y prononce son deuxième discours sur l’indépendance.
Il y a eu, ensuite, le défilé civil et militaire au centre-ville, précisément sur la voie qui quitte le rond-point situé en face de la Mairie centrale, qui traverse l’Etat-major général de l’armée et qui, à ce niveau, n’est plus ouvert au public. Deux discours officiels y sont de nouveau prononcés. Au nom du gouvernement de son pays, la France, André Malraux, dans une envolée lyrique et ostentatoire, proclame que «cette nuit a retenti la salve solennelle qui salue l’indépendance des peuples et qui retentira dans la mémoire de vos enfants, comme celles qui saluaient jadis la naissance des rois…». Puis, saluant l’indépendance du Congo, il prévient que «la France vous lègue des organisations économiques, administratives et financières… Celles-ci furent au service de l’État français, parfois assez noblement. Les voici au service de la République du Congo: ce n’est pas un transfert d’attributions, c’est un transfert de destin…».

L’Hôtel du commissaire général du gouvernement français à Brazzaville, qui deviendra Palais du peuple
Le Président Fulbert Youlou emprunte la même solennité, en affirmant que «cette indépendance de la République du Congo, mes chers concitoyens, je la proclame solennellement et universellement, en présence du représentant personnel du général De Gaulle, Président de la communauté. Nous sommes ici tous associés, en cette heure historique, à la réalisation du vœu unanime du désir le plus cher de tout notre peuple. Vous allez manifester à juste titre votre allégresse, car il est bien vrai que nous vivons un jour faste. Et ce 15 août 1960 doit être consacré à la joie. Mais, cette journée doit être aussi un moment de réflexion, car elle marque une étape essentielle de la vie de notre Etat», lance-t-il.
Il rend de nouveau un hommage appuyé à l’homme de Brazzaville. «Surtout, nous garderons précieusement le message que nous a apporté l’homme qui, pour nous, symbolise de manière prestigieuse la France et la communauté. Le général De Gaulle a su apporter à l’Afrique la liberté, l’indépendance dans l’amitié, la fraternité et l’union. Qu’il en soit à jamais remercié», déclare-t-il.
Le soir, un cocktail dinatoire est offert en l’honneur de notre indépendance, à l’Hôtel du commissaire général qui devient la résidence du Président de la République du Congo, rebaptisé Palais du peuple. Le lendemain lundi 16 août, le Président Fulbert Youlou procède à l’inauguration du Square De Gaulle, en face du Lycée Pierre Savorgnan De Brazza, à Bacongo, en présence de son homologue de la RD Congo, Joseph Kasa-Vubu, et d’André Malraux qui, après, quitte Brazzaville pour Libreville.
Jean-Claude DIATOU

Cérémonie de l’indépendance de la République du Congo

Discours de Fulbert Youlou et Massamba-Débat à la session solennelle de l’Assemblée Nationale

Discours de Jean Foyer

Discours d’André Malraux lors de la célébration publique de l’indépendance

Réponse du Président Fulbert Youlou

Le message du Général de Gaulle lu par André Malraux

Oh bonjour
Ravi de vous retrouver.

Inscrivez-vous pour recevoir du contenu génial dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici