Le 22 février 2025, j’ai franchi le Rubicon. Une décision capitale, qui ferait dire à Jules César: «Le sort en est jeté». J’ai rejoint le manguier, cet arbre emblématique qui pousse dans toute l’étendue de notre pays, brasse la diversité de l’écologie humaine, en route vers la Nation.
Il y a quelque bonheur à vaincre nos étroitesses ethniques, à affronter les préjugés et à porter plus haut le combat de notre justification politique sur la place de la république où se prennent les résolutions sur le présent et l’avenir. Les lignes qui suivent se voudraient froidement apporter des réponses aux observations et critiques qui m’ont été adressées.
A qui aime la patrie congolaise, la géographie et les présupposés invariables ne doivent pas commander nos choix politiques. Comme l’écrivait le dramaturge allemand, Bertolt Brecht: «Si à 18 ans, on n’est pas révolutionnaire, on n’a pas de cœur. Si à 60 ans, on le demeure, on n’a rien compris de la vie».
Il n’y a pas meilleur moment de se consacrer à la réflexion sur notre postérité que lorsque nos cheveux blanchissent, même si les artifices chimiques de l’industrie cosmétique permettent aujourd’hui de nous déguiser. Il n’est pas de potentiel d’action plus urgent que celui qui concerne le plus grand nombre possible de nos concitoyens, au rang desquels les catégories des plus jeunes et des vulnérables, qui méritent bien que l’initiative publique soit rehaussée, au-delà des appétits gloutons de nos petites personnes.
Dans ces conditions, me reprocher mes «velléités de soutien» à ceux qui seraient les tenants des «antivaleurs» (le pouvoir), me paraît relever d’une méconnaissance coupable du champ politique au sein de notre société. Sur le fait, je n’ai jamais cru, un seul instant, que l’opposition plurielle détienne le monopole de la vertu. La classe politique congolaise, dans son ensemble, est toute autant pétrie dans les moules dissemblables des qualités, des avatars et des pesanteurs de notre société. Pour avoir longtemps parcouru les arcanes des officines et des partis politiques de toutes obédiences, j’incline à proclamer que nous avons, tous, en partage, les manquements à l’Etat, les déviances comportementales, les élans d’intégrité, les instants d’efficacité.
Beaucoup d’entre nous demeurent prêts à reproduire les réflexes décriés, pour peu que nous accédions au pouvoir.
La condescendance dans le rapport à autrui n’est pas la posture la mieux indiquée pour construire l’espace public, collectif par définition, parce qu’il concentre les objectifs plus ou moins majeurs se rapportant à l’intérêt de notre pays. Pour cette raison, je plaide en faveur de la formulation d’un «code éthique pour la gent politique», qui permette de comprendre qu’en modèle social par excellence, la personnalité publique est contrainte au devoir d’exemplarité et de maturité patriotique.
Dans le même registre, affirmer que je suis allé à la «mangeoire», en adhérant au P.c.t, ne requiert qu’une réponse unique: je n’ai pas, de notre pays, une vision alimentaire qui ferait de moi un client à la solde de quelque parrain assermenté. L’idée que je m’efforce de suggérer du Congo est celle d’une perspective forte de la Nation, d’une Nation réconciliée et disciplinée, qui fasse de l’égalité des chances, son cheval de bataille, afin que le mérite soit rétribué pour la plus-value qu’il apporte à la communauté nationale.
Et si, d’aventure, un strapontin m’était offert pour contribuer plus activement à l’entreprise de construction nationale, je n’aurai pas à en rougir, car je suis de droit un citoyen à part entière, soucieux de faire la révérence au service du peuple. Il nous faut donc replacer le Congo dans la pertinence contextuelle de sa réalité. C’est faire offense à une intelligence humaine que de nier l’actualité des profondes difficultés qui nous gangrènent. Mais, c’est notre pays. De par l’ingéniosité agissante de bien des hommes, de leur conscience militante, de leur disponibilité, notre pays n’est pas condamné. Au-delà des faiblesses de gestion, incontestables aux yeux de l’analyste averti, notre appareil d’Etat doit continuer de faire les apprentissages et les corrections nécessaires en intégrant les outillages culturels susceptibles de faire évoluer les mentalités, et les éléments techniques externes à notre propre expérience historique, mais constitutifs d’un Etat moderne gouverné.
Mon attention a été retenue par le constat du F.m.i et de la Banque mondiale, qui pointaient en 2022, les progrès effectifs réalisés par le Congo en matière de gouvernance administrative et des finances publiques, tout en invitant instamment à l’autorégulation d’autres chapitres.
Par ailleurs, on reconnaîtra objectivement au Congo, au fil des années, ses importantes avancées en termes de «lois de progrès» dans les domaines de l’investissement, le social, les conventions internationales liées à la législation du travail, aux droits de l’homme, à la course aux armements, à la protection de la femme et de l’enfant, à la préservation de l’environnement, au cyberespace, à la protection de la propriété intellectuelle, etc. Bref, des instruments dont nous ne saisissons pas immédiatement la portée, mais qui dessinent ensemble un cadre idéal de référence pour bâtir une société forte, prélude à un développement humain durable, quels que soient les bords politiques dont on se réclame.
Le lieu d’intersection de toutes les ambitions nationales des partis politiques et de la société civile est le lieu commun que tous les patriotes s’attacheront à composer le plus largement possible. A nous qui n’avons qu’un seul pays d’appartenance et aux générations futures d’Alpha à Oméga, la voie royale, c’est la construction de la Nation congolaise dans tous ses démembrements. Le Congo est notre patrie.

Ludovic-Robert MIYOUNA
Ancien Sénateur

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