Dans le cadre de la stratégie sectorielle de l’éducation 2015-2025, révisée pour la période 2021-2030, et des agendas internationaux sur l’éducation, la Banque mondiale, par le truchement du Pr.a.a.s.e.d (Projet d’appui à l’amélioration du système éducatif), et le gouvernement ont convenu de la réécriture des programmes éducatifs de français, de mathématiques et sciences des classes du Cp1 (Cours préparatoire première année) au Cp2 (deuxième année), au primaire, et de la 6ème à la 5ème, au collège. Un consultant international, spécialisé en curricula, appuie le processus d’amélioration du système éducatif congolais. Pour mieux cerner les contours de ce changement, le ministre de l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’alphabétisation, Jean-Luc Mouthou, s’est exprimé dans nos colonnes.

* Monsieur le ministre, à quelques semaines de la rentrée des classes sur toute l’étendue du territoire national, pourquoi un changement de programmes scolaires?

** Il s’agit d’apporter le renouveau nécessaire qui pourrait permettre aux apprenants d’améliorer le contexte de leur apprentissage. C’est à ce titre que nous avons élaboré de nouveaux programmes scolaires qui vont être exécutés à partir de cette rentrée scolaire.
Ce changement de programme est inhérent à un certain nombre de difficultés internes que nous avons observées dans le cadre de la gestion de notre système éducatif, puisque, depuis de longues années, le système éducatif est confronté à de sérieux problèmes et, parmi ces différents problèmes, on peut citer entre autres, des déperditions et des redoublements massifs tant au primaire qu’au secondaire; une qualification parfois déficiente des enseignants; une qualité insuffisante des acquis scolaires comme le montrent les résultats des évaluations internationales, etc.
Il y a, également, un certain nombre de difficultés externes, telles que l’évaluation internationale du P.a.s.e.c (Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la Confemen) 2014, qui a situé le Congo au niveau des pays les moins performants parmi le groupe des dix pays évalués, avec la particularité où les difficultés enregistrées par les élèves en début de scolarité, s’accentuent très significativement en fin de scolarité.
De nombreuses actions au plan gouvernemental ont été entreprises, pour essayer de pallier toutes ces difficultés au niveau des enseignements, puisque partant de ces constats, le gouvernement a décidé de la gratuité dans l’enseignement et également un soutien puissant entre 2004 et 2009, et entre 2010 et 2013, au travers de la mise en place du Praebase (Projet d’appui à l’éducation de base). Malgré cela, des résultats scolaires pointent toujours d’énormes faiblesses, notamment en mathématiques et en français, auprès de nombreux apprenants.

* Monsieur le ministre, quelle est la différence avec les anciens programmes?
** Il y a des différences fondamentales, faut-il le dire. Autrement, nous n’en serions pas amenés à proposer ces programmes qui marquent cinq ruptures majeures par rapport aux anciens: il y a une logique de continuum qui s’inscrit dans l’acquisition des savoirs, en ce que les notions qui vont être désormais abordées au primaire; ils forment un fondement de ce qui est abordé au secondaire dans la vision d’une éducation de base bâtie autour d’un socle de dix ans.
Le deuxième élément, c’est une logique d’apprentissage qui place l’apprenant au centre des activités situationnelles en lien avec les contenus des notions essentielles abordées, qui s’éloignent d’une logique d’enseignement habituellement mettant l’enseignant en exergue.
Le troisième élément, une logique d’apprentissage en profondeur développée par le temps accordé aux apprentissages entrecoupés par des périodes de découverte des notions séquencées par des moments d’évaluations. Un autre aspect, une logique d’acquisition des compétences à partir d’une méthodologie basée sur le traitement des situations.

* Quelles sont les dispositions prises pour que les enseignants puissent s’approprier ces nouveaux programmes et bien les enseigner à leurs élèves?
** A partir du 2 septembre, il est des formations dans les chefs-lieux de départements. Ces formations vont se dérouler en deux vagues: la première vague court du 2 au 11 septembre et concerne les départements de Brazzaville, des Plateaux, de la Cuvette, de la Cuvette-Ouest, de la Sangha et de la Likouala.
La deuxième vague prend le relais à partir du 20 jusqu’au 29 septembre. Les départements concernés sont: Pointe-Noire, Kouilou, Niari, Bouenza, Lékoumou et Pool.

* Y a-t-il des supports pédagogiques pour ces nouveaux programmes?
** Dès la rentrée prochaine, il sera mis à disposition, à titre gracieux, pour les niveaux Cp1, Cp2 du primaire et 6ème, 5ème du collège, des cahiers d’activités faisant office de manuels scolaires pour les élèves. Et des programmes éducatifs et guides pédagogiques pour les enseignants dans l’ensemble de notre système éducatif. Je souligne que les cahiers d’activités seront remis aux élèves des écoles publiques et privées.

Propos recueillis par Urbain NZABANI

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1 COMMENTAIRE

  1. Le changement de programme n’est pas le vrai problème de l’enseignement au Congo-Brazzaville. Le problème ici est celui du traitement des enseignants qui sortent des écoles de formation et qui sont utilisés comme volontaires avec des bourses payés en queue de poisson. Trop d’enseignants au chômage ne favorisent pas une implication dans la transmission des connaissances. Nous avons aussi le problème des effectifs et des équipements, les salles de classe sont pléthoriques, le manque de bibliothèque, la faible surveillance dans les établissements scolaires, la difficulté à s’arimer à la nouvelle technologie.
    En effet, les enseignants sorties des écoles professionnelles de l’enseignement (ENS, ENI, CETEF, ENBA et ISEPS) devront être intégrés directement à la fonction publique comme il en est le cas de l’armée pour éviter aux enseignants d’errer comme des pigeons voyageurs . Félicitations au ministère pour l’ouverture des nouveaux établissements scolaires

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