U.d.h-Yuki (Union des démocrates humanistes)

Joseph Badiabio pas encore candidat à l’élection présidentielle, mais il affute un esprit critique

Président de l’U.d.h-Yuki (Union des démocrates humanistes), parti membre de l’O.p.c (Opposition politique congolaise), la plateforme dirigée par Pascal Tsaty-Mabiala, et député élu dans la deuxième circonscription de Makélékélé, à Brazzaville, Joseph Badiabio a tenu un meeting populaire de son parti, samedi 20 décembre 2025, à l’esplanade du Lycée Pierre Savorgnan De Brazza, à Bacongo, le deuxième arrondissement de la capitale. C’était pour célébrer la deuxième année de son élection à la tête du parti. A l’appel de ses militants lui demandant de se présenter à l’élection présidentielle de mars 2026, il a répondu qu’il ne sera candidat que «si les conditions permissives d’une élection libre, transparente et équitable sont réunies». Pendant ce temps, en tant qu’opposant, il a dressé un tableau critique de la gouvernance du pays et suggéré des solutions contenues dans le projet de société de son parti, à savoir le P.p.r.c (Plan parfait pour la renaissance du Congo).

Dans leurs messages, les fédérations et organisations spécialisées de l’U.d.h-Yuki (jeunes, femmes) ont tour-à-tour demandé au président du parti de faire acte de candidature à l’élection présidentielle de mars 2026. Joseph Badiabio, qui est arrivé au meeting debout dans un véhicule, sous un air triomphal, a déclaré: «C’est avec un grand plaisir que nous nous tenons devant vous, aujourd’hui, par devoir patriotique. Voici deux ans, jour pour jour, que nous présidons aux destinées de notre formation politique, l’U.d.h- Yuki. A l’entame de notre mandat, nous avons réalisé quelques sorties médiatiques et puis nous avons pris un temps d’observation nécessaire, pour écouter les battements de cœur et les lamentations de notre peuple. A près de l’échéance présidentielle de mars 2026, nous avons choisi de briser le silence, ici sur l’esplanade du Lycée Pierre Savorgnan de Brazza, lieu de haute importance symbolique, qui abritait, jadis, le premier parlement du Congo indépendant, et le temple du savoir qui a formé plusieurs cadres de notre pays».
La tribune du meeting
Concernant la vie du parti, il s’est réjoui du ralliement de ceux qui résistaient encore à son leadership. «La dernière poche de résistance a été rompue avec la présence, en ces lieux, de la quasi-totalité des frères qui, pour la plupart, constituaient cette dissidence résiduelle, infructueuse et stérile. Ils ont choisi de nous rejoindre du bon côté, celui de la vérité et de la raison, où nous défendons une cause juste en faveur de nos populations», a-t-il précisé.
En ce qui concerne la gouvernance du pays, Joseph Badiabio s’est montré très critique, à l’image du fondateur de l’U.d.h-Yuki, en dressant un tableau préoccupant de la gestion nationale: «Nous avons écouté les battements de cœur et les lamentations de notre peuple. Il en résulte que le quotidien des Congolais est marqué par un paradoxe insoutenable, à savoir: la précarité sociale d’un côté et l’abondance de l’autre. On peut rappeler entre autres, la pénurie d’eau et d’électricité. Les pénuries deviennent récurrentes et ont une incidence sur la productivité des entités économiques. L’effondrement des services sociaux: nos hôpitaux, malgré les investissements annoncés, sont devenus des mouroirs où les plateaux techniques sont devenus obsolètes. L’éducation à repenser: autrefois fleuron de notre Nation, elle ne produit plus que des diplômés dont les compétences peinent à épouser les exigences du marché de l’emploi. L’environnement urbain; la dignité bafouée des citoyens; les pensions et bourses impayées; les travailleurs émargeant dans le budget de transfert totalisent plusieurs mois d’arriérés de salaires allant de 12 à 82 mois. Le coût de la vie: la majorité des Congolais ne mangent plus trois fois par jour, ils vivent avec moins d’un dollar, pendant qu’une infime minorité jouit de l’opulence. L’emploi des jeunes: les entreprises étatiques et para-étatiques qui ont fait faillite; la déliquescence du sport; la dette intérieure qui n’est pas payée; la corruption qui gangrène notre Etat; les grèves récurrentes; le surendettement du pays».
Joseph Badiabio attend que les conditions permissives d’une élection transparente, libre et équitable soient réunies, pour être candidat
«Face à cette situation économique exsangue, des solutions adéquates s’imposent pour répondre aux multiples attentes de notre peuple. Il s’agit entre autres de: procéder au choix des hommes nouveaux, intègres, patriotes et compétents; revenir sur la gestion axée sur les résultats (Gar); faire de nos ressources naturelles, de véritables piliers et leviers du développement; recourir au transfert de technologies; restituer la dignité et le pouvoir d’achat aux Congolais; engager de grandes réformes du système éducatif; œuvrer pour le changement des mentalités; instaurer la discipline et la rigueur à tous les niveaux; diversifier impérativement l’économie; numériser le service public; appliquer la bonne gouvernance électorale; relancer l’économie par la consommation; investir dans les projets de création de richesses, notamment les P.m.e».
Joseph Badiabio (debout), pendant son meeting
«Nous apprécions, à juste titre toutes celles et tous ceux qui, à travers différents canaux, dénoncent courageusement les dérives d’un système gangrené par l’impunité qui ouvre la voie à la gabegie, aux détournements des deniers publics et autres pratiques néfastes, au détriment de tout un peuple paupérisé, impuissant et meurtri jusqu’à la moelle», a-t-il déclaré. Comme on peut le constater, par ce discours sans concession sur la gouvernance du pays, Joseph Badiabio semble emprunter une nouvelle ligne politique qui tranche avec son attitude d’opposant modéré qui le caractérisait jusque-là. Signalons que quelques leaders de l’opposition ont réhaussé de leur présence le meeting de leur collègue, dont Chris Antoine Walembaud,  Bonaventure Boudzika, Bonaventure Mizidy et Clotaire Mboussa-Ellah, et des délégués de plusieurs partis d’opposition.
Propos recueillis par Chrysostome FOUCK ZONZEKA

Reportage

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