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Journée internationale des femmes | Le pagne du 8 mars : symbole de la défense des droits de la femme au Congo?

On ne sait pas si on pourra encore sortir de ce glissement culturel, mais la journée du 8 mars est tout simplement vécue au Congo comme la fête de la femme. Et comme à toute fête, il faut des cadeaux, il faut boire. Les gouvernants ont laissé faire, pour ne pas avoir à présenter des comptes sur les politiques publiques touchant à l’amélioration de la condition de la femme dans le pays. A l’occasion de la journée internationale des femmes, le 8 mars prochain, quel est la situation de la jeune fille et de la femme au Congo? Le gouvernement va-t-il en sortir un rapport?

Les Nations unies disent: «Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées permettent au système des Nations unies, aux pouvoirs publics et à la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources». Evidemment, on est loin des pagnes que réclament les femmes au Congo. L’élite féminine nationale en est consciente mais elle s’en est accommodée. Problème politique, dit-on.
La journée internationale des femmes est essentiellement axée sur la lutte pour les droits des femmes, particulièrement la lutte contre les inégalités qui persistent dans la société, par rapport aux hommes. C’est une journée qui précède même la création des Nations unies, qui n’ont fait que l’incorporer en 1977, puisque cette journée est issue de l’histoire des mouvements féministes de mouvance socialiste, après la révolution industrielle du 18ème siècle en Europe et en Amérique. En effet, après l’année internationale des femmes, en 1975, l’assemblée générale de l’Onu adopte une résolution instituant le 8 mars comme «Journée des Nations unies pour les droits des femmes et la paix internationale». La première journée est célébrée le 8 mars 1977.
Depuis deux décennies, cette journée est devenue l’affaire de l’Onu femmes, une entité créée en juillet 2010, par l’assemblée générale des Nations unies, et qui est «consacrée à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes» et élevée au rang de porte-drapeau mondial des femmes et des filles», «pour accélérer les progrès dans la réponse apportée à leurs besoins, partout dans le monde».
La situation des droits de la femme au Congo est encore à un niveau très préoccupant. Dans un rapport sur les droits de la femme en République du Congo, Mme Onanga née Nguénoni Germaine du Conadf (Comité national des droits de la femme) présente la situation générale de la femme congolaise, en ces termes: «Dans la société traditionnelle comme dans la société moderne, la femme a des droits élémentaires qui produisent en elle le sentiment de bien-être, de femme lésée ou de femme aimée… Au lieu de jouir pleinement de ces droits, la femme est parfois en proie à une contrainte masculine qui la pousse à ne se contenter que des obligations. Ceci devient une forme de violences exercées contre sa personne, freinant ainsi ses élans d’épanouissement… Certaines femmes sont violées par leurs propres conjoints. Ces derniers se préoccupent de satisfaire leur besoin, sans tenir compte de l’état physique ou psychologique de la femme. Ils s’imposent, aux besoins, par les coups ou l’intimidation ou le renvoi du foyer conjugal. Non contents de ce qu’ils font subir à leurs épouses, les hommes s’en prennent à des mineures, des malades mentales, à des handicapées physiques, la nièce de la femme ou la sœur de son épouse. Pire, les obsédés sexuels vont jusqu’à l’inceste… Les veuves sont maltraitées après le décès de leur époux en Afrique en général et au Congo en particulier…».
Depuis, la loi n°19-2022 portant lutte contre les violences faites aux femmes, appelée Loi Mouébara, a été adoptée et promulguée.
Dans son rapport 2021 sur les droits de l’homme au Congo, Amnesty international rappelle que les femmes sont toujours sous-représentées dans les organes de décision, en violation de l’article 17 de la Constitution de 2015, qui «garantit la parité et assure la promotion ainsi que la représentativité de la femme à toutes les fonctions politiques, électives et administratives». Mais, le projet de loi sur la parité, en préparation depuis 2016, et qui doit garantir la parité ainsi que la promotion et la représentation des femmes dans toutes les fonctions politiques, électives et administratives, est toujours en souffrance dans les tiroirs du gouvernement. Donc, le pagne, il faut l’offrir, mais il ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. La situation de la femme doit être améliorée au sein de la société congolaise.

Jean-Clotaire DIATOU

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