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Justice: un capitaine de police écroué dans l’affaire Sarah Ndengué

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Le capitaine Stéphano Omouanga
Justice

Un capitaine de police écroué dans l’affaire Sarah Ndengué

C’est une affaire qui a éclaté au Palais de justice de Brazzaville, le jeudi 8 février 2024. Son évolution est telle qu’un capitaine de police, Ariston Stéphano Omouanga, commandant du G.r.b (Groupe de répression du banditisme), arrêté dans le cadre d’une enquête administrative, a été déféré par la police, le vendredi 16 février, devant le parquet du Tribunal de grande instance, qui l’a écroué à la Maison d’arrêt, pour attendre son jugement. Cette affaire, c’est l’affaire Sarah Ndengué, du nom de la fille du commandant des Forces de police, le général Jean-François Ndengué. Que s’est-il passé?

Comme tout justiciable, Mme Sarah Pereira née Ndengué s’était rendue au Palais de justice, le jeudi 8 février, pour un service ordinaire: faire signer des papiers d’une société auprès du greffe (secrétariat) du Tribunal du commerce. Un greffier, répondant au prénom de Gédéon, lui aurait demandé de repasser le lendemain. Ce que la dame n’a pas voulu accepter, le pressant de faire signer ses papiers. Au bout d’un certain temps, la tension est montée entre les deux et une dispute a éclaté. Ce qui a attiré l’attention du procureur de la République adjoint, qui est venu intervenir. Ce dernier a fini par placer Mme Sarah Pereira en garde-à-vue, lui reprochant un comportement déplacé contre le greffier.
Le capitaine Stéphano Omouanga
Pendant sa garde-à-vue, la dame a passé des coups de fil. Avait-elle appelé son père ou directement le commandant du G.r.b qui se trouve être son cousin? Toujours est-il que le capitaine Omouanga, neveu du commandant des forces de police, est arrivé au Palais de justice, accompagné de quelques éléments de son groupe d’intervention. Il aurait sollicité la compréhension du procureur adjoint pour libérer sa cousine. Pour ce dernier, la loi étant la même pour tous, il n’était pas question de faire des faveurs à qui que ce soit. Finalement, les gendarmes qui gardent les lieux ont fini par comprendre leur collègue policier, en remettant sa sœur en liberté. Mais, le capitaine aurait tenu des propos menaçants à l’égard du procureur adjoint. Pour son malheur, tout ça était filmé et balancé dans les réseaux sociaux.
L’affaire a suscité une grande indignation et des condamnations sur la toile congolaise. Le dimanche 11 février, le journal Le Troubadour annonçait, en exclusivité, sur sa page Facebook, que le ministre en charge de l’intérieur, Raymond Zéphirin Mboulou, a instruit l’Inspection générale de police d’ouvrir une enquête administrative sur cette affaire. Et dans ce cadre, le capitaine Omouanga a été interpellé et placé en garde-à-vue, pour les besoins de l’enquête.
Pendant ce temps, les réseaux sociaux se sont enflammés. Une affaire ordinaire est devenue une affaire d’Etat, en raison des personnes impliquées: la fille et le neveu du général Ndengué. Leur comportement, au Palais de justice, est sévèrement critiqué. A l’issue de l’enquête administrative, le capitaine Omouanga a été déféré par la police au parquet du Tribunal de grande instance de Brazzaville, qui l’a écroué à la Maison d’arrêt, pour attendre son jugement. Il avait été nommé en août 2022, comme commandant du G.r.b, en remplacement du capitaine Romuald Manounou, alias Morgane, qui purge une peine de sept ans de travaux forcés, à la Maison d’arrêt, pour «association de malfaiteurs, arrestations arbitraires, extorsion, recel et abus d’autorité».
Voilà une affaire qui interpelle sur ce qu’il faut appeler l’abus de pouvoir qui a conduit au délit d’outrage à magistrat. En effet, l’outrage par paroles, gestes ou menaces, rendus publics ou non, contre un magistrat, un juré ou toute personne siégeant dans une formation juridictionnelle ou dans l’exercice de ses fonctions, et tendant à porter atteinte à sa dignité ou au respect dû à la fonction dont il est investi est puni par la loi. Les officiers de la Force publique ne devraient pas l’ignorer.
Urbain NZABANI

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