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mardi 16 juillet 2024 | 16:29
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La crise financière sévit de nouveau au sein de l’économie congolaise

En matière financière, rien ne va plus. Depuis le mois d’avril de cette année, l’Etat fait difficilement face à ses dépenses intérieures. Ces difficultés se sont manifestées dans le paiement des salaires des fonctionnaires, depuis le mois de mai dernier. Le gouvernement a dû recourir à l’emprunt auprès des banques commerciales, pour payer les salaires du mois d’avril, concernant une partie des fonctionnaires, tout au moins ceux de Brazzaville et de Pointe-Noire, alors que ceux de l’intérieur du pays n’étaient pas payés. Quant aux personnels des institutions et structures relevant du budget de transfert, ils sont déjà à deux mois, voire plus d’arriérés de salaires cette année. Le déclenchement des grèves dans les structures de santé et d’enseignement supérieur est le thermomètre qui prouve l’existence de la crise financière qui plombe les finances publiques.

Dans notre économie où l’Etat joue un rôle prépondérant d’agent économique, lorsque les finances publiques sont en crise, c’est toute l’économie nationale qui en pâtit. Car, c’est l’Etat qui met en circulation, chaque mois, la plus grande masse d’argent dans le pays, à travers le paiement des salaires des fonctionnaires, de la Force publique, des personnels des institutions et structures à budget de transfert, des pensions, des bourses; le paiement de la dette intérieure, des frais de mission publique, des aides et autres dédommagements issus des contentieux judiciaires, etc. Quand l’Etat n’arrive plus à assurer ses dépenses de manière régulière, les autres secteurs de l’économie nationale en souffrent et s’installe alors la crise financière qui sévit actuellement.
L’Etat lui-même est un agent économique qui encaisse, dépense, épargne ou s’endette. C’est la raison d’être de son budget annuel appelé loi de finances qui prévoit ses recettes, ses dépenses, son déficit, ses excédents, le niveau de ses dettes, etc, au cours d’une année. En matière de recettes, l’Etat congolais dépend de revenus rentiers, fiscaux et des aides. Selon la loi des finances 2024, les recettes de l’Etat sont attendues cette année à 2.605 milliards 700 millions de francs Cfa réparties comme suit:
– recettes fiscales: 935 milliards de francs Cfa;
– dons, legs et fonds de concours: 55,5 milliards de francs Cfa;
– cotisations sociales: 84 milliards 651 millions de francs Cfa;
– recettes de rente (pétrole, gaz, bois, mines); droits et frais administratifs, amendes et condamnations pécuniaires: 1.530 milliards 549 millions de francs Cfa.
En termes de dépenses, la loi des finances 2024 ordonne les dépenses à hauteur de 2.069 milliards 651 millions de francs Cfa. En théorie, il y a un solde budgétaire global positif de 536 milliards 49 millions de francs Cfa. Mais, celui-ci est absorbé par le déficit budgétaire de base qui est de 728 milliards 549 millions de francs Cfa. Ce qui conduit le gouvernement à trouver d’autres financements pour combler le déficit d’environ 238 milliards de francs Cfa qui reste, une fois que le solde budgétaire global positif est défalqué.
Mais, tout ceci, c’est sur le papier. La réalité peut parfois se révéler bien loin des perspectives fixées dans la loi des finances. Il peut arriver que les objectifs budgétaires mentionnés dans la loi ne soient pas atteints. Dans le cas de notre pays aujourd’hui, au niveau du gouvernement, il y a un ministre qui confectionne le projet de loi des finances, Ludovic Ngatsé, et un autre qui l’exécute, Jean-Baptiste Ondaye. Or, pour être efficace à ce niveau-clé de l’économie nationale, il aurait fallu que ça soit la même personne qui confectionne le projet de loi des finances et qui l’exécute, une fois adopté par le parlement et promulgué par le Chef de l’Etat.

Qu’est-ce qui explique la crise financière qu’on vit aujourd’hui?

Le pétrole étant la principale ressource qui pourvoit 60% du budget de l’Etat, sa production est prévue dans le budget 2024, à 107,755 millions de barils, pour le prix d’un baril du brut Congo retenu à 75 dollars et un dollar qui se change à 590 francs Cfa. La part du Congo représente un taux de partage fixé à 29,9%. Il est vrai que depuis le début de l’année, le prix du baril est au-dessus de 75 dollars, mais est-ce que la production ne connaît pas une baisse? Par ailleurs, le Congo s’est compliqué la vie en choisissant de rembourser certains de ses créanciers directement par des cargaisons de pétrole. Ce qui lui prive d’importantes recettes par mois. Le poids des dettes se ressent dans la vie économique nationale.
Ensuite, à ce qu’on apprend, les recettes fiscalo-douanières sont en baisse depuis le début de l’année, alors que le ministre de l’économie et des finances a du mal à faire avancer les enquêtes dans ce domaine et à appliquer la T.v.a (Taxe sur la valeur ajoutée) dans le domaine des hydrocarbures. En réalité, les difficultés actuelles de trésorerie relèvent beaucoup plus de l’ordre politique (les décisions prises et les choix faits), car le potentiel économique est là, pour permettre à l’Etat d’avoir des revenus assurant convenablement ses charges. En raison des pesanteurs politiques qui empêchent de lutter concrètement contre la corruption, les détournements de fonds publics, la crise financière risque de durer encore longtemps. Les procédures judiciaires sur les enquêtes en douane et à la fiscalité devaient permettre de récupérer ce qu’il est encore possible de récupérer comme sommes d’argent et alimenter ainsi les caisses de l’Etat. Mais, la volonté politique n’y est pas et c’est dommage pour l’économie congolaise.

Jean-Clotaire DIATOU

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