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La première sanction est toujours politique

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Dans ce qui est l’affaire Figa qui fait couler tant d’encre et de salive depuis quelques semaines, force est de reconnaître qu’il s’agit d’une question relative à la gouvernance publique, c’est-à-dire «l’ensemble de règles, procédures, pratiques et interactions, formelles ou informelles, s’exerçant au sein de l’État et entre l’État, les institutions non-étatiques et les citoyens, qui encadre l’exercice de l’autorité publique et la prise de décision au service de l’intérêt général».
Nos dirigeants ont l’habitude de dire que le gouvernement ne peut pas s’immiscer dans les affaires relevant de la Justice. Celle-ci est libre de mener ses procédures, suivant le temps qu’elle estime nécessaire. Bien sûr, il ne vient à l’esprit d’aucun citoyen l’idée de demander aux gouvernants d’usurper l’autorité relevant de la Justice. Dans ce qui est désormais l’affaire Figa, les citoyens scandalisés par des pratiques de gestion inappropriées à la sauvegarde de l’intérêt général, attendent des gouvernants, particulièrement des hautes autorités nationales, de tirer les conséquences politiques de l’indélicatesse dans laquelle un membre du gouvernement se retrouve impliquée, par rapport à la gouvernance publique.
Si en République, les pouvoirs de l’Etat sont répartis en trois branches distinctes, à savoir l’exécutif, le législatif et le judiciaire, au-delà de ces pouvoirs demeure la responsabilité politique suprême qu’incarne le Président de la République. Cette responsabilité politique renvoie à l’exigence morale de défense des valeurs qui sous-tendent la vie de l’Etat et de la Nation, suivant la culture qui est celle de la société congolaise et la forme de l’Etat qui est républicaine et laïque. Être membre du gouvernement ne relève ni de la compétence ni du niveau intellectuel, mais bien de la responsabilité politique. En effet, on n’entre pas au gouvernement par concours ni par élection, mais bien par un compromis politique: on est nommé et on l’accepte. De telle sorte qu’il y a des cadres à qui il peut être proposé d’entrer au gouvernement et qui ne l’acceptent pas, et d’autres qui réunissent les atouts d’être au gouvernement, mais qui ne sont pas nommés.
Dans l’affaire Figa, étant entendu la mise en cause d’un membre du gouvernement, c’est d’abord la responsabilité politique de l’exécutif qui est interpellée. En tant que pouvoir, la Justice ne peut pas diligenter une procédure contre le membre d’une branche de pouvoir, si les dirigeants de cette branche de pouvoir ne donnent pas préalablement le signal politique de ce qu’ils approuvent le bien-fondé de son éventuelle initiative. Ce serait prendre le risque de créer une crise entre pouvoirs. Il avait fallu que les députés votent d’abord la levée de l’immunité parlementaire d’un de leurs collègues, pour que la Haute cour de justice puisse enfin le convoquer. Le député concerné avait préféré quitter clandestinement le territoire national que de se mettre à la disposition de la Justice de son pays, se sentant probablement victime d’un règlement de comptes.
L’attitude du gouvernement dans l’affaire Figa peut s’apparenter à un déni de justice. D’autant plus que la Commission économie et finances de l’Assemblée nationale, qui a voulu regarder de près cette affaire, en auditionnant les acteurs dont on parle, en est ressortie avec le sentiment qu’il y a anguille sous roche. Une preuve de plus que le gouvernement devrait prendre ses responsabilités politiques, en créant les conditions d’une action judiciaire dans cette affaire qui est, à parler crument, un scandale de gestion publique, portée sur la place publique, et que personne ne saurait accepter. «Nous devons détruire le ver qui est dans le fruit», a lancé clairement et sans ambages le Chef de l’Etat. Le ton est donné et nos dirigeants devraient prendre le courage de leurs responsabilités politiques. Il ne s’agit pas de jeter nos cadres à la géhenne ni de verser dans un sentimentalisme ambigu. Il s’agit d’exercer l’autorité de l’Etat et assumer ses responsabilités politiques, dans un but pédagogique en matière de gouvernance publique.

L’HORIZON AFRICAIN

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