France

La rumba congolaise à l’honneur au cœur des Champs Elysées de Paris

Depuis son inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en décembre 2021, la rumba congolaise ne cesse d’inspirer. Dernière en date, la soirée organisée par l’Association rumba héritage Congo, dirigée par l’écrivain Christian Kader Keïta, dans le prestigieux cadre de l’Hôtel Intercontinental de Paris, en France, situé à proximité de la plus belle avenue du monde, les Champs Elysées.

A partir de 19h30 de cette journée pluvieuse du samedi 15 novembre 2025, la salle du sous- sol de l’Hôtel intercontinental commence à être prise d’assaut par les distingués invités, tous bien tirés à quatre épingles, dans le respect du code vestimentaire établi par les organisateurs. Rappelons que de ses origines à ce jour, la rumba et la Sape (Société des ambianceurs et des personnes élégantes) ont toujours fait bon ménage. Fait notable, l’ambassade du Congo en France est dignement représentée par une forte délégation, conduite par le ministre-conseiller Armand Balloud-Tabawé. La robustesse de la voilure semble être le signe d’un soutien à cet évènement de portée culturelle. Tout à l’honneur de la diplomatie congolaise, en espérant que cet intérêt ne soit pas un feu de paille. Qu’il survive aux émotions du spectacle d’un jour.
Les deux musiciens congolais de gauche à droite Nianzi Gaulard, Loko Massengo et un invité
La balance tardive des instruments musicaux étant terminée, les deux maîtres de cérémonie, Maya et Francis, annoncent l’ouverture de la soirée. Est revenu au président de l’Association héritage Congo, organisatrice de la soirée, l’honneur de prononcer le mot de circonstance. Christian Kader Keïta y rappelant la place de choix que mérite d’occuper la rumba dans notre patrimoine culturel, en tant que véhicule d’une partie de notre histoire. Qu’il s’agisse de l’histoire douloureuse de la traite négrière, de nos peuples ou de nos villes, dont cette danse et ce genre musical sont le témoin. Le mot d’ouverture est immédiatement suivi par la prestation de l’Orchestre Rumberos de la place de Paris, dans la droite ligne du thème du jour: «Danser la rumba».
Le Ballet Tala à la soirée culturelle sur la rumba, à Paris
L’orchestre, dirigé par son leader Desuza Santu, chanteur de charme, a tenu toutes ses promesses, en interprétant brillamment les classiques de la rumba. Composé de musiciens chevronnés, à l’image du soliste Caien Madoka et du trompettiste Kabert Kabasele, l’orchestre a embarqué le public dans une agréable croisière musicale, faite de belles escales. Tour à tour, les classiques, de Joseph Kabasele à Luambo Makiadi, en passant par Tabu Ley, Pepe Kalle, Emeneya, Zaïko Langa-Langa, etc, sont passés en revue. L’ambiance est montée d’un cran, lorsque les musiciens Loko Massengo Djeskain (ancien de Sosoliso) et Nianzi Gaulard, alias chérie Gau (ancien des Kamikaze Loningissa), gagnent la scène, pour interpréter deux titres familiers à la communauté congolaise: «Beauté noire» et «El Manisero». L’ambiance est à son comble, avec la montée sur scène de l’icône Dino Vangu, l’un des derniers monuments «rumberos» de la vieille génération, accompagnant à la guitare, «faute ya commerçant», de feu Lutumba Simaro.
Desuza Santu, le chanteur de charme sur la scène de la soirée
Par ailleurs, quelques éminentes personnalités civiles ont honoré de leur présence la cérémonie: Jean Aimé Dibakana, écrivain, lauréat du grand prix d’Afrique 2023; Gildas Event, mécène et promoteur culturel, Éric Monjour, président fondateur du salon du livre africain, Cinthia Lo Thomassen, présidente de la chambre de commerce scandinavie- Afrique. Pourtant programmé, l’international musicien Théo Blaise Kounkou était absent pour des raisons que nous ignorons, au moment où nous mettons sous presse. Un autre temps fort de la soirée a été la remarquable prestation du Ballet Tala, jouant de la musique traditionnelle africaine, symbole d’une bonne articulation entre le folk et la rumba, entre la racine et les branches.
L’ambiance, pendant la soirée
Les lampions de cette historique soirée se sont éteints aux alentours de minuit, laissant presque en plan, le public qui, visiblement aurait voulu continuer sa «bamboula» jusqu’au petit matin. Aux organisateurs de la deuxième édition, déjà annoncée par le président de l’Association rumba héritage Congo, d’en prendre de la graine !
Guy Francis TSIEHELA
Chroniqueur musical Paris France.

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