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mercredi 19 juin 2024 | 02:28
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Le taux de mortalité qui frappe le pays ces derniers temps est devenu inquiétant

A Brazzaville ou à Pointe-Noire, il devient courant pour les Congolais d’avoir deux, trois ou quatre décès voir plus, dans leurs familles et leurs entourages, en espace d’une ou deux semaines. Comme les veillées mortuaires durent en moyenne dix jours, les nouvelles nécrologiques s’enchaînent, les unes après les autres. Tout donne à penser que quelque chose ne va plus, les gens meurent trop. Le taux de mortalité qui frappe le pays ces derniers temps est devenu inquiétant. Traduit-il l’échec des politiques publiques du gouvernement? En tout cas, c’est le sentiment qu’on a, par les temps qui courent.

Assurer le bien-être des populations, c’est l’une des missions fondamentales d’un Etat à travers ses différentes institutions dont, en premier lieu, le pouvoir exécutif incarné par le gouvernement. Si, de manière générale, on peut se féliciter de ce que la courbe du taux de mortalité soit décroissante depuis l’indépendance du pays, partant de 17,61 pour 1000 habitants en 1960 à 7,063 pour mille, en 2021, et que celle de la population soit en croissance, passant de 1,02 million d’habitants en 1960 à 5,97 millions en 2022, soit une augmentation de 486,3% en 62 ans, on peut tout de même s’inquiéter du rebond du taux de mortalité depuis 2022.
En chiffre absolu, il y a lieu de constater un nombre de décès plus élevé en 2022 qu’en 1960. En effet, 17,61 décès pour 1000 habitants dans une population de 1,02 million d’habitants donne un chiffre absolu de décès moins important que 7,063 décès pour mille habitants dans une population de près de 6 millions d’habitants. Il y a plus de décès aujourd’hui qu’il y a 62 ans, alors que les avancées technologiques en matière médicale sont significatives. Si le système national de santé était performant, on n’aurait sans doute pas un nombre de décès aussi élevé.
Selon la Banque mondiale, la population congolaise est jeune et pauvre à 47% de ses 5,97 millions d’habitants, alors qu’en 2016, on notait que 35% de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté. Le taux de mortalité avant l’âge de 5 ans est élevé. D’après l’Unicef, les causes majeures de mortalité avant l’âge de cinq ans sont le paludisme (54%), les infections respiratoires aiguës (18%) et la diarrhée (17%). Les principales causes de mortalité néonatale sont la naissance prématurée (40%), l’asphyxie ou la détresse respiratoire (29%) et les infections (27%).
De manière générale, les conditions de vie confinent à la précarité et au stress. La tranquillité des esprits est régulièrement troublée par l’incertitude du lendemain, l’iniquité, les passe-droits, les abus de pouvoir, la brutalité, etc, dans les services publics. Le cadre de vie des Congolais dans les villes est, ensuite, constitué d’insalubrité, de pénurie d’eau potable courante, de manque d’électricité, de transport en commun pénible et d’accès difficile aux services de base en matière de santé et d’éducation.
Dans les milieux médicaux, on reconnaît que la prévalence de l’hypertension artérielle et des maladies cardio-vasculaires connaît une tendance à la hausse. Les victimes d’A.v.c (Accident vasculaire cérébral), de crise cardiaque (infarctus du myocarde), d’arrêt cardiaque ou d’arrêt cardiorespiratoire, d’arythmies cardiaques, etc, sont de plus en plus nombreuses.
Les cardiopathies sont souvent caractéristiques des crises économiques qui se traduisent par la chute du pouvoir d’achat des salariés, l’augmentation du chômage liée aux pertes d’emplois et à la rareté des recrutements, les faillites et le marasme dans les affaires et le commerce, le manque d’argent, les dettes, etc. Le stress, donc l’état d’inquiétude ou de tension mentale, que les gens vivent pendant cette période critique qui les plonge dans la précarité, explique la hausse de la prévalence de l’hypertension artérielle et des cardiopathies.
Les grandes réponses à cette situation se trouvent dans le redressement économique, l’amélioration du climat des affaires, la priorisation des dépenses sociales à travers la lutte contre la pauvreté, l’amélioration des services sociales de base, le soutien au secteur privé à travers le remboursement de la dette intérieure, etc.
Le taux de mortalité actuel est donc d’un niveau qui devrait alerter les pouvoirs publics sur la nécessité d’œuvrer à sa baisse, par diverses mesures concourant à l’amélioration des conditions de vie des populations, à la mise en œuvre, par le Ministère de la santé et de la population, si ce n’est déjà fait, d’un programme national de prévention des maladies cardiovasculaires. Le gouvernement s’attelle, on le sait, à la mise en œuvre de certains programmes, comme le Programme national des filets sociaux, présenté le 15 novembre dernier à Brazzaville par le Ministère des affaires sociales, de la solidarité et de l’action humanitaire. Ce programme vise à assurer, dans sa première phase, la protection sociale de 65 mille ménages vulnérables vivant sous le seuil de pauvreté alimentaire.
On attend toujours que le Figa (Fonds d’impulsion, de garantie et d’accompagnement), un important instrument destiné à soutenir les petites et moyennes entreprises à accéder aux produits financiers, aillent jusqu’au bout de ses missions qui permettront d’avoir un impact significatif dans le développement et la promotion des entreprises, afin de lutter efficacement contre le chômage au sein de la jeunesse. En effet, sans un secteur privé national dynamiquement entreprenant, on ne pourra pas lutter contre le chômage massif qui affecte notre jeunesse pourtant bien formée. Or, entreprendre au Congo relève d’un véritable parcours du combattant, en raison des tracasseries administratives. Raison pour laquelle les Congolais préfèrent évoluer dans l’informel. Pourtant, une économie nationale qui se porte bien (bon climat des affaires, dynamisme du marché des emplois, rentabilité des entreprises, etc) est susceptible de créer les conditions du bien-être des populations. Comme quoi, tout est lié, de la santé à l’économie.

Jean-Clotaire DIATOU

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