Département de la Lékoumou

Les médias communautaires appelés
à lutter contre les illégalités forestières

Quel rôle devraient ou doivent jouer les médias communautaires dans la lutte contre les illégalités forestières? La question a récemment fait l’objet d’une communication à l’endroit des professionnels de l’information et de la communication du Département de la Lékoumou, sur le thème, «Rôle de la presse communautaire dans la lutte contre les illégalités forestières», le 30 mars 2025, à Sibiti, par John Ndinga Ngoma, journaliste à l’hebdomadaire «L’Horizon africain», bureau de Pointe-Noire, au cours du «Forum multi-acteurs sur les initiatives climatiques et la gestion durable des forêts dans la Lékoumou», organisé par la R.d.p.h (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme), relatif au à la mise en œuvre du Projet «consolider la bonne gouvernance, lutter contre les illégalités».

Le forum organisé par la R.d.p.h à Sibiti, chef-lieu du Département de la Lékoumou, avait rassemblé non seulement des journalistes des médias communautaires, mais aussi des autorités locales, des responsables d’O.n.gs, de compagnies forestières et des représentants des C.l.p.a (Communautés locales et populations autochtones). La cérémonie d’ouverture s’était déroulée sous le patronage de Mme Ida Flore Kouha, secrétaire générale du Conseil départemental de la Lékoumou, au nom du président de cette assemblée locale, en présence de Christian Mounzéo, coordonnateur de la R.p.d.h.
Christian Mounzéo à droite et Mme Ida Flore Kouha
Des participants du forum de Sibiti
Au Congo en général et dans le Département de la Lékoumou en particulier, il n’est pas rare de constater aussi bien de la part des compagnies forestières que des particuliers, les pratiques de sciage artisanal de bois non-conforme au Code forestier (Loi 33-2020 du 8 juillet 2020), d’abandon du bois en route ou dans un chantier pendant plus de six mois (article 220 code forestier), etc. C’est ce qu’on appelle les illégalités forestières. Des pratiques qui empêchent les C.l.p.a, c’est-à-dire les riverains d’exploitations forestières, de jouir des ressources issues de leurs forêts.
La presse communautaire, c’est-à-dire l’ensemble des organes de presse locaux, devraient s’associer à combattre ces pratiques, pour renforcer l’action des pouvoirs publics. «Il s’agit de montrer que la presse communautaire est tenue de s’impliquer davantage dans la lutte contre les illégalités. Tout en restant dans la légalité et la légitimité, les médias communautaires doivent identifier, expliquer et dénoncer les pratiques interdites par nos textes en matière d’exploitation forestière tout en tenant compte strictement compte de l’intérêt des C.l.p.a», a suggéré le panéliste à ses confrères.
Aussi, a-t-il expliqué, «les dénonciations que nous ferons auront à coup sûr un effet dissuasif, persuasif et anticipatif d’éventuels conflits qui peuvent naître des violations des textes». Et de poursuivre: «En livrant la bonne information et en donnant la parole à toutes les parties, sans complaisance, bref en travaillant sans fioriture et avec professionnalisme, nous médias communautaires deviendrons, de fait, des médiateurs rassurants et conciliants».
C’est pourquoi, l’orateur a recommandé aux institutions en charge des questions forestières (entreprises, administrations, O.n.gs, collectivités locales, etc.), d’ouvrir toujours les portes aux organes de presse. «Certes, il ne s’agit pas de développer des relations de copinage avec les médias communautaires. Il est plutôt question de leur faciliter l’accès à l’information comme disent les textes comme les articles 4 et 95 de la loi n°8 du 12 novembre 2001 portant pratique de la liberté de l’information et de la communication au Congo», a nuancé l’orateur.
Photo de famille après la cérémonie d’ouverture du forum de Sibiti.
Du bois abandonné à la périphérie de Komono
Pour sa part, l’assistance ne s’est pas empêchée d’exprimer sa satisfaction. «Lutter contre une illégalité veut dire qu’on doit soi-même connaître la loi et les techniques d’identification des illégalités. L’exposé d’aujourd’hui nous a vraiment aidés. Désormais, nous savons comment procéder au traitement des infos liées aux illégalités forestières», s’est félicité Pascal Mbou, journaliste à la Radio du Conseil départemental de la Lékoumou. «Nous venons d’être dotés d’outils nécessaires pour traiter l’information relative aux illégalités forestières. À nous de nous jeter à l’eau», s’est engagé Jean Leboussou Adama, correspondant de Radio-Congo à Sibiti.
Signalons que le Projet «consolider la bonne gouvernance, lutter contre les illégalités» que la R.p.d.h met en œuvre avec l’appui technique de Fern, une organisation chargée de coordonner les activités des O.n.gs au niveau européen sur les questions forestières, émane du Programme forêts, gouvernance, marchés et climat, financé par l’Agence britannique de développement placée sous la tutelle du Ministère britannique des affaires étrangères et du Commonwealth.
Narcisse MAVOUNGOU
(Sur les notes de John Ndinga-Ngoma)

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