Flash (Faculté des lettres, arts et sciences humaines)

Pour la première fois, des journées doctorales dédiées aux mastérants
et doctorants

La formation doctorale Ellic (Espaces littéraires, linguistiques et culturels) de la Flash (Faculté des lettres, arts et sciences humaines) de l’Université Marien Ngouabi a organisé, du 7 au 8 août 2025, à Brazzaville, pour la première fois depuis sa création, des journées doctorales dédiées aux mastérants et doctorants. Deux thématiques majeures ont structuré ces rencontres étalées sur deux jours: «Les problématiques de la recherche en littératures francophones» et «La professionnalisation des formations en études culturelles et artistiques».

Initiée par deux enseignants-chercheurs de rang A, les maîtres de conférences Cames, Bienvenu Boudimbou et Dieudonné Moukouamou Mouendo, l’événement scientifique a reçu un accueil enthousiaste. A l’ouverture, le doyen de la Flash, le prof Evariste Dupont Boboto, a salué un événement qui, selon lui, «fait revivre la faculté». De son côté, le prof Anatole Banga, responsable de la formation doctorale Ellic, a rappelé les précédentes initiatives où les doctorants présentaient leurs travaux, afin de bénéficier des remarques de leurs encadrants.
Bienvenu Boudimbou et Dieudonné Moukouamou-Mouendo
La rencontre s’est déroulée en présence d’enseignants-chercheurs et d’un parterre d’étudiants. Le premier séminaire, animé par le prof Dieudonné Moukouamou Mouendo, s’articulait autour de deux sous-thèmes: «La notion de littératures francophones: essence et sens» et «Approches de la recherche sur les littératures francophones».
Dans sa présentation, le conférencier a souligné que l’existence de la littérature francophone découle de celle de la francophonie, elle-même fondée sur la langue française. Selon lui, la littérature francophone désigne un ensemble d’œuvres produites par des auteurs ayant le français comme langue d’écriture, même lorsqu’ils sont originaires de pays où cette langue n’est pas officielle. Ces productions, qu’il qualifie de «littératures connexes ou marginales» dans la tradition encyclopédique, forment un corpus éclaté et pluriel. Il a insisté sur l’usage du pluriel, «littératures francophones», afin de refléter la diversité des contextes d’émergence. Nées au 19ème siècle, ces littératures abordent des thèmes universels tels que l’identité et l’humanisme, mais chacune conserve une singularité liée à son environnement culturel et historique.
Une vue du déroulement des journées doctorales à la Flash
Pour le second sous-thème, l’universitaire a abordé les approches méthodologiques propres à ce champ de recherche. Comment étudier un texte francophone? Faut-il adopter une seule méthode ou privilégier la pluralité? Il a notamment recommandé l’approche comparatiste, utile pour analyser convergences et divergences, ainsi que l’approche linguistique, qui permet d’examiner les rapports entre langues locales et français. Pour lui, la pluridisciplinarité est incontournable: croiser les perspectives sociologiques, anthropologiques, psychologiques ou historiques. Cela enrichit l’interprétation des textes.
Le second séminaire, animé par le prof Bienvenu Boudimbou, s’est ouvert sur un constat préoccupant: la majorité (trois quarts) des élèves s’orientent vers la série littéraire, après le B.e.p.c (Brevet d’études du premier cycle), mais peu d’élèves trouvent une orientation claire vers une ou des séries scientifiques et technologiques. Les licences en lettres, en arts ou en droit, souvent perçues comme générales, n’offrent pas toujours un débouché direct. Ce qui nourrit une perception négative de leur utilité.
L’enseignant-chercheur a identifié plusieurs freins à la professionnalisation de ces filières. D’une part, les programmes restent largement théoriques et laissent peu de place à la pratique, aux compétences numériques ou à l’expérience de terrain. D’autre part, les liens avec le monde professionnel sont faibles: rares sont les partenariats avec les entreprises, les médias, les institutions culturelles ou les O.n.gs. Cette faible articulation limite la valorisation des compétences acquises par les étudiants.
A ces contraintes structurelles s’ajoutent des représentations sociales dévalorisantes: les lettres sont souvent vues comme abstraites et peu rentables. Cette image pèse autant sur la motivation des étudiants que sur la volonté des enseignants d’adapter les formations aux exigences actuelles du marché du travail.
Pour illustrer les opportunités existantes, le prof Boudimbou a catégorisé les métiers de la culture en plusieurs domaines: création artistique (cinéma, infographie, écriture créative); éditorial (édition, rédaction en chef); commercial et marketing (promotion culturelle, gestion de produits); communication et relations publiques; gestion et administration (organisation d’événements, propriété intellectuelle); métiers techno-artistiques (ingénierie du son, postproduction, animation d’antenne); patrimoine (conservation et valorisation culturelle), etc.
Photo de famille, après l’ouvert(ure des journées doctorales à la Flash
A l’ère du numérique, ces professions évoluent et se diversifient. «Le clic vaut du fric», a résumé le conférencier, évoquant les possibilités offertes par le blogging littéraire, le podcast, l’animation d’événements culturels, la scénarisation pour le cinéma, le storytelling, ou encore la création de jeux éducatifs.
Ces activités exigent des compétences solides: maîtrise rédactionnelle; créativité; esprit de synthèse, etc. Le prof Boudimbou recommande de privilégier le développement de compétences pratiques et transférables plutôt que l’accumulation de savoirs purement théoriques. Enfin pour lui, pour ce qui est du financement, «l’argent, il faut aller le chercher là où il se trouve: dans les poches des gens».
Joseph MWISSI NKIENI

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