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samedi 18 mai 2024 | 07:50
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Lettre de Yakamambu : Mon très cher ami Mbulunkwé, mboté!

Décidément, notre ami commun, Yakamambu, a l’œil de lynx. Il est curieux. Loin de lui la curiosité malsaine, comme aurait dit le père Alix Francoeur. Mais, la curiosité intellectuelle. En tout cas, il observe tout, il voit tout, il sait tout et il emmagasine tout dans son cerveau. Ah sacré Yakamambu!
Il me charge de t’informer qu’en fréquentant les uns et les autres, depuis son retour au pays, il a constaté que les gens, même dans les familles, étaient actuellement dominés par l’amour de l’argent, liés par le souci des biens et des richesses, avides de louanges et désireux de gloire humaine. En un mot, ils seraient esclaves de toutes ces préoccupations et de tous ces hommes riches. À l’en croire, à l’allure où vont les choses, il faudrait de grands efforts pour se libérer, pour tâcher de se dégager du joug de ce nouvel esclavage honteux et de parvenir à cette liberté dont parle l’apôtre Saint-Paul: «Vous avez été appelés à la liberté; ne vous rendez pas esclaves des hommes».
Même, toujours selon lui, certains individus qui sont membres de nos partis politiques, faute de convictions politiques, suivent comme des moutons de Panurge, leurs leaders dont certains sont trop attachés au plaisir, mangeant à tous les râteliers; ces leaders dont à ce que l’on raconte dans les ngandas de Brazzaville et de toutes les autres villes du Congo, le but est celui de devenir riches, en un quart de tour, d’être influents sur le plan social.
Ainsi, nos jeunes pour la plupart désœuvrés, adeptes de la vie facile et de la politique d’assistance, partisans du moindre effort, se contentent d’être porteurs de mallettes des riches ou d’hommes politiques, ou d’être les chiens de chasse de ces derniers, ou encore d’être des «ngonguis» ces agents secrets qui sont en réalité de colporteurs de rumeurs et de médisances. Une nouvelle catégorie de profession bien rémunérée, surtout en ce moment où il faut la croix et la bannière pour percevoir les salaires et les pensions de retraites. Une véritable dévalorisation qui entraine la dépendance.
Yakamambu a promis d’aller avoir quelques connaissances assumant des fonctions politiques, pour leur dire, avec Daniel Balavoine, que «le désespoir est mobilisateur et lorsqu’il devient mobilisateur, il est dangereux». Il veut les inviter à méditer sur ce qu’a dit d’un côté le Premier ministre André Milongo, «la conception du pouvoir ne doit pas être celle du pouvoir pour le pouvoir, pour s’ouvrir les vannes de l’enrichissement, par la rapine de l’État mais pas celle de servir ce peuple qui leur aura accordé son suffrage» ou le cardinal Laurent Monsengwo, «un pouvoir qui ne vise pas les intérêts du peuple est sans objet».
Enfin, Yakamambu t’informe, au cas où tu ne le saurais pas, que «la démocratie peut enfanter des régimes, des partis et des leaders politiques dont la seule ambition est de lancer des soi-disant appels à l’unité nationale et à l’unanimité de l’engagement, en dénonçant des adversaires avec qui la cohabitation est jugée impossible, car ils sont considérés comme des traîtres, plutôt comme des porteurs d’intérêts ou d’idées différentes», dixit Alain Touraine. Comprenne qui pourra! Au revoir et à bientôt.

Diag-Lemba.

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