Publié en 2024, à Brazzaville, par les Editions A.k (Alliance Koongo), le nouveau livre du journaliste essayiste, poète et romancier, François Ondaï Akiera, est un essai sur des pans de l’histoire du Congo. Intitulé «Le courrier des évocations» et préfacé par Ramsès Mbongolo, lui-même romancier, dramaturge, poète, essayiste nouvelliste et critique littéraire, cet essai regroupe, en 194 pages, 27 «évocations écrites sans tabou ni autocensure», qui «balaient une période qui court du 6 juin 1799 au 5 février 1979». Ce sont des séquences sans lien historique, mais avec une trame qui tend à démontrer, au bout de la lecture, la puissance de l’esprit africain face à la domination.

François Ondaï Akiéra ouvre son essai par un avertissement. Animateur d’une chronique au quotidien «Les Dépêches de Brazzaville», entre avril 2019 et décembre 2020, il avait rassemblé des éléments à partir des références littéraires et des entretiens avec des témoins des faits rapportés sur des événements qui ont rythmé l’histoire du pays. «Mon style n’est pas celui d’un historien, mais celui d’un dilettante d’histoire aidé par la plume journalistique», avertit-il.

La couverture du livre.

Il reconnaît que «nous savons peu de choses de notre pays, en dehors des clichés choisis par la communication coloniale française». Pour lui, «André Matsoua et Pascal Ockyemba-Morlendé sont les deux seuls Congolais qui ont réussi l’immense exploit de catalyser des soulèvements populaires visant le progrès, pendant et après la colonisation» française.
A travers son essai, François Ondaï Akiéra s’érige en redresseur de tort par rapport à l’histoire du Congo et, au-delà, de l’Afrique. «Nous avons lu dans les manuels scolaires, des récits sur la victoire des Ethiopiens face aux Italiens, à la bataille d’Adoua. Nous ne pipons mot et n’avons jamais entendu parler de la victoire de nos congénères bantous, les Zoulous d’Afrique du Sud, qui réussirent l’exploit de battre à coups de sagaie, des régiments de la redoutable armée britannique», soutient-il. Ce que reconnaît Ramès Mbongolo dans la préface: «En publiant ce recueil d’articles, le journaliste d’orpaillage de notre histoire, François Ondaï Akiéra, signe une page historique à travers des témoignages glanés au plus près des sources et auprès des témoins oculaires de l’histoire moderne du Congo».
Les événements abordés et les personnalités présentées sont de différentes catégories. Des résistants comme André Grenard Matsoua, des hommes politiques comme le Président Fulbert Youlou, Pierre Kinganga alias Siroco, des artistes comme Paul Kamba, Antoine Moundanda, Franklin Boukaka, Jean-Serge Essou, des syndicalistes comme Pascal Ockyemba-Morlendé, des sportifs comme le roi Pelé, lors de son passage à Pointe-Noire, Moukila Sayal, et des événements comme l’insurrection du 1er août 1968, le premier congrès extraordinaire du P.c.t, le 22 février 1972, l’interview de Henri Lopès, le 5 février 1979.
Redresser l’histoire sur la base des faits tels qu’ils se sont produits, voilà le la préoccupation de l’essayiste. Ainsi, par exemple, pour lui, ce n’est pas la journée du 31 juillet 1968 qui est décisive pour l’accession du commandant Marien Ngouabi au pouvoir. Plutôt, «la journée du 1er août 1968 qui n’est pas référencée dans les anales de l’histoire politique du Congo», parce qu’elle «vit une tentative de coup d’Etat militaire succéder à une tentative de coup d’Etat constitutionnel. Soit deux coups d’Etat en un journée. Le second coup finit par prendre le dessus sur le premier». Lire le livre pour s’en convaincre.

Jean-Clotaire DIATOU

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