Dans un article ultérieur, nous avons déjà parlé de l’écrivain, en le distinguant de l’auteur d’un livre. Mais, qu’on soit auteur ou écrivain, publier un livre est un acte de communication entre l’auteur et le public. La tradition dans ce domaine veut qu’après la publication d’un livre, l’auteur soit toujours amené à le présenter, pour expliquer les raisons qui l’ont poussé à publier son livre, les circonstances qui ont entouré son travail, le message qu’il véhicule à travers ce livre et ce qu’il attend du public, savoir comment le public l’a-t-il accueilli, ce qu’il en pense, les reproches ou critiques qu’il peut en faire, etc. D’où d’ailleurs la présence d’un critique littéraire.
L’exercice est important, car il s’agit d’un partage de connaissances, d’échange, de discussions, d’élargissement de l’horizon culturel, etc. Or, il y a des auteurs qui cherchent parfois à éviter le contact avec le public. Ils redoutent la critique et préfèrent les plateaux des médias ou les articles dans la presse, pour ne pas affronter les exigences et le regard du public. Un auteur qui n’a pas le courage de porter son ouvrage devant le public pour l’affronter ne peut assurément garantir une bonne visibilité et crédibilité de son œuvre. Il crée même le doute sur l’authenticité de ses écrits.
Dans le monde du livre, il y a un vieux métier qu’on appelle «prête-plûme», une personne qui est payée pour écrire un texte publié sous le nom du commanditaire ou de quelqu’un d’autre qu’il choisit. On l’appelle aussi «nègre», défini comme une «personne anonyme, qui rédige pour une personnalité, qui compose les ouvrages d’un auteur connu».
Dans le monde politique, pour faire mode, on l’appelle «plume». C’est la personne chargée de rédiger les discours d’un dirigeant et même des livres. Il arrive qu’elle sorte de l’ombre. En France, on connaît le cas d’Erik Orsenna, la plume du Président François Mitterrand, ou de Christine Albanel, la plume du Président Jacques Chirac.
Pour revenir dans le monde de la littérature, les auteurs qui recourent au «prête-plume» se retrouvent parfois en difficulté de faire la promotion de leurs livres par leur propre communication. Ils se confient généralement aux médias ou à des journalistes aguerris.
Or, la vie d’un écrivain authentique revêt toujours la dimension de rencontre avec le public et évidemment avec la presse. Un écrivain, c’est celui qui n’est pas que célèbre, mais qui rencontre et discute aussi avec son public, dans l’intérêt toujours d’élargir les connaissances. Bref, pour lui, publier ne suffit pas. Encore faut-il qu’il aille à la rencontre de ses publics, avec lesquels il est lié par son œuvre.
Jacques CULTURUS








